Gérer les risques aujourd'hui et demain

Deux fois moins d’accidents du travail chez les moins de 25 ans initiés à la sécurité au travail

09-02-2018

D’après une étude épidémiologique réalisée par l’INRS, les jeunes travailleurs qui auraient bénéficié d’une formation à la santé et la sécurité au travail durant leur scolarité subiraient deux fois moins d’accidents du travail que les autres. Réalisée sur 5 ans, cette étude souligne l’importance de former les jeunes qui, par manque d’expérience, représentent la catégorie de travailleurs la plus vulnérable.

Dans les cas d’accidents avec perturbation du mouvement, tout élément de l’environnement est a priori susceptible de contribuer à la survenue d’une lésion.
© P. Delapierre / INRS
Jeunes manquant d’expérience, peu initiés aux problématiques de sécurité, les travailleurs de moins de 25 ans représentent la part de la population active la plus vulnérable face aux accidents du travail. Avec une fréquence d’accidents de 10% contre 4% pour le reste de la population tous secteurs confondus, soit une part 2,5 fois plus élevée. Face à ce constat, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a réalisé une étude épidémiologique chargée de mettre en lumière l’importance et l’efficacité d’une bonne formation aux règles de sécurité et santé au travail (SST) chez les jeunes. Réalisée dans sept régions de France, l’étude prouve que les jeunes qui ont été formés durant leur scolarité subissent deux fois moins d’accidents du travail que leurs camarades.

Un questionnaire de suivi durant deux ans
 

Pour arriver à ce résultat, l’institut a observé durant cinq ans la survenue des accidents du travail auprès d’un groupe d’élèves et apprentis de moins de 25 ans fraîchement arrivés dans la vie active. Peu avant leur sortie du système éducatif, les participants se sont vus remettre un questionnaire d’inclusion chargé de connaître le niveau d’enseignement qu’ils avaient reçu durant leur scolarité en matière de santé et de sécurité au travail ainsi que sur la formation « sauveteur secouriste du travail ».

Déterminer les conditions de travail et de sécurité 


Ensuite, durant deux ans, des questionnaires de suivi ont été envoyés tous les six mois afin de mieux déterminer les conditions de travail mais aussi les conditions d’accueil à l’arrivée dans l’entreprise. Le but étant de savoir si l’entreprise avait bien informé le nouveau venu sur les risques professionnels ou si ce dernier avait bénéficié d’une formation sur la sécurité et d’une formation au poste de travail par un collègue plus expérimenté. En ce qui concerne les accidents du travail, ces faits ont été recensés sur la base de la déclaration des participants dans les questionnaires de suivi mais aussi par l’interrogation des bases de données de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnam-TS) répertoriant les déclarations des accidents du travail et des maladies professionnelles.

L’importance d’une formation en amont 


Parmi les constats qui sont ressortis de ces observations, le fait que le risque d’accidents du travail soit diminué par deux lorsque les jeunes travailleurs ont reçu un enseignement en SST au cours de leur scolarité. De même, les jeunes ayant déclaré avoir suivi la formation « sauveteur secouriste du travail » ont eu 30% de moins d’accidents du travail que les autres. L’INRS remarque également que les accidents rapportés surviennent en moyenne six mois après l’entrée dans l’emploi. Sachant que les métiers les plus concernés par la survenue d’accident sont les ouvriers du BTP, les agents de maintenance, les cuisiniers, les bouchers, les charcutiers et boulangers.

Ségolène Kahn

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