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Santé et qualité de vie au travail

Antoine Noël (Japet) : « Notre exosquelette de plus en plus adopté pour prévenir le mal de dos au travail »

Interview d’Antoine Noël, cofondateur et président de Japet, fabricant français d’exosquelettes actifs. Créée en 2016, l’entreprise compte 35 personnes dont un ergonome et sept ingénieurs robotiques. Dans ses locaux basés à Lille, la PME produit ses exosquelettes motorisés qu’elle commercialise depuis fin 2019 en France et à l’étranger.

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Antoine Noël, cofondateur et président de Japet. © Japet

Avec le vieillissement de la population au travail et les difficultés de recrutement, le coût des arrêts maladies liés aux lombalgies va encore augmenter. Dans ce contexte, comment votre orthèse aide-t-elle les organisations à répondre à cette problématique ?

Notre exosquelette actif se présente comme une ceinture motorisée équipée de micromoteurs et d’actionneurs. Ces dispositifs soutiennent la zone lombaire et contribuent ainsi à soulager la pression exercée sur la colonne vertébrale quand l’opérateur porte des charges lourdes.

En outre, l’exosquelette lui évite d’adopter de mauvaises postures tout en préservant sa liberté de mouvement. Initialement, notre orthèse était surtout utilisée pour favoriser le maintien dans l’emploi des personnes souffrant de lombalgies. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’organisations l’adoptent pour prévenir les risques de mal de dos au travail.

Dans quels secteurs d’activités votre exosquelette Japet W est-il déployé ?

Depuis son lancement commercial fin 2019, nous avons déployé près de 800 appareils dans plus d’une centaine d’entreprise travaillant notamment dans l’industrie, le transport et la logistique. Ces activités connaissent des risques de lombalgie 4 à 5 fois plus élevés que dans les autres secteurs. Parmi nos principaux clients, nous comptons la SNCF, Engie, Naval Group ou FM logistic qui l’utilisent.

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Cet exosquelette intéresse le travail en entrepôt, atelier industriel ou établissement de soins. © Japet

Comment aidez-vous les entreprises à déployer votre orthèse ?

Avant sa mise en place, nous convenons avec nos clients d’un protocole qui permet de vérifier que l’exosquelette s’intégrera bien dans l’environnement de travail et qu’il sera utilisé et, surtout, accepté par les opérateurs concernés. Au bout d’un mois, nous mesurons l’impact de ce dispositif sur le quotidien des utilisateurs.

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L’exosquelette Japet W intègre des micromoteurs et des actionneurs de chaque côté du corps. © Japet

Votre entreprise mène régulièrement des études pour analyser l’impact de votre dispositif sur la douleur et la santé des utilisateurs. Où en êtes-vous ?

Nous avons mené différentes études cliniques qui démontrent les bénéfices de notre exosquelette pour le maintien dans l’emploi des personnes souffrant de lombalgie. Nous mettons en place une étude clinique qui va durer plusieurs mois avec plusieurs centaines de personnes afin de mesurer de manière statistique les douleurs et le nombre d’arrêts de travail.

Comment financez-vous vos développements et quels sont vos projets pour l’avenir  ?

Depuis notre création en 2016 nous avons levé 3,5 millions d’euros dont 2,4 millions d’euros en 2021. Ces financements nous permettent notamment de poursuivre nos travaux pour améliorer notre exosquelette et développer une version pour les particuliers. Par ailleurs, nous sommes en cours de recrutement pour la filiale que nous ouvrons en Allemagne.

Propos recueillis par Eliane Kan 

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