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Conditions de travail : bilan mitigé pour le secteur de l’économie sociale et solidaire

Le premier baromètre national qui évalue la qualité de vie au travail au sein des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) est nuancé. Si, dans l’ensemble, les salariés et les dirigeants du secteur sont satisfaits, ils n’échappent pas à la pression et au stress.

Avec 14% de l’emploi privé, l’Economie sociale et solidaire (ESS) est un secteur d’activité majeur en France. Le projet de loi porté par Benoît Hamon, ministre délégué en charge de l’ESS, est actuellement débattu en 2ème lecture à l’Assemblée nationale. Le sondage proposé par la mutuelle Chorum, en collaboration avec le CSA, intitulé Qualité de vie au travail dans l’économie sociale et solidaire, n’affiche un indice de satisfaction des salariés que de 6,3 sur 10 dans l’ESS. Soit un chiffre très légèrement au-dessus de la moyenne nationale hors ESS (6,1).

Pourtant, la relation au travail apparaît majoritairement positive, puisque 78% des salariés et 89 % des dirigeants se disent « satisfaits de leurs conditions de travail ». En effet, 71% des salariés estiment disposer des moyens matériels pour faire un travail de qualité et 80% considèrent comme « bonne » l’ambiance de travail au sein des équipes. Mais selon la taille des établissements concernés, la note de satisfaction n’est pas la même : 6,6 sur 10 dans une structure de moins de 20 salariés, contre 5,5 dans celles de plus de 500 salariés.

Dégradation de la qualité de vie au travail. 46% des salariés (et 3 % des dirigeants) ressentent une dégradation de leur qualité de vie au travail ces dernières années. « Les salariés, notamment ceux qui occupent des fonctions d’accompagnement, peuvent être confrontés à des comportements et discours agressifs, note l’étude. Du côté des dirigeants, c’est la pression, la charge de travail et l’empiètement de la vie professionnelle sur la vie privée qui dessinent d’importants points de vigilance. » Les salariés ne sont d’ailleurs que 58% à être confiants dans leur avenir professionnel. En cause, la baisse des financements publics, le manque de moyens, l’évolution de la demande sociale. Les contraintes externes sont nombreuses et pèsent sur un secteur largement dépendant des pouvoirs publics. « Les fusions et regroupements, qui touchent 1/3 des personnes interrogées, impactent fortement la qualité de vie au travail puisque la note est dégradée à 5,8/10 », ajoute l’étude.

Mais lorsqu’il s’agit du contenu du travail, les chiffres frisent l’unanimité : 94% des dirigeants et 80% des salariés s’en disent satisfaits. « Ce sentiment s’explique en grande partie par la conviction qu’ont les personnels de l’ESS de comprendre leur rôle au sein de la structure et de lui être utiles » peut-on lire dans le rapport rendu par la mutuelle.

Caroline Albenois

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