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Sûreté et sécurité

Safe Cities, biométrie, vidéosurveillance... des associations tirent la sonnette d’alarme

Ce lundi 16 septembre, quatre associations ont inauguré une campagne nationale afin de dénoncer les projets visant à légitimer une surveillance excessive des villes par les technologies biométriques.

Trois caméras de vidéosurveillance sont perchées côte à côte.

Les quatre associations dénoncent l’utilisation excessive des caméras de vidéosurveillance dans les Smart Cities. © Pixabay

Alors que le projet de la région PACA de portails biométriques dans deux lycées à Nice et Marseille est en train de se heurter aux principes de la Commission nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil), nombreuses sont les voix en France qui se soulèvent contre les dérives sécuritaire de la Smart City. En témoigne la campagne nationale Technopolice qui vient d’être initiée par quatre associations ce lundi à Nice. Si la Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’Homme, la Fédération des Conseils des Parents d’Élèves (FCPE) et la CGT ont choisi la capitale azuréenne comme épicentre de leur campagne, c’est parce qu’elle est la scène, depuis plusieurs années, d’expérimentations technologiques considérées comme « excessives » pour surveiller ses rues et ses habitants…  

« Big Brother is watching you »

Concrètement, les associations s’inquiètent du « développement en France des Smart Cities sécuritaires » qui légitiment une « utilisation grandissante » des nouvelles technologies pour surveiller les villes. « Ces outils de surveillance se développent sans débat public et sans contrôle », déplore Martin Drago, juriste de l’ONG La Quadrature du net. À travers cette campagne, l’association de défense des internautes espère « faire mieux sentir les risques de la surveillance qui ne concernent plus seulement les cibles traditionnelles de l’antiterrorisme mais tout un chacun » et prouver qu’ « une autre voie est possible que l’accommodement ».

Un site pour encourager les lanceurs d’alerte

En conséquence, les signataires craignent un « renforcement des formes de discrimination et de ségrégation », un « musellement des mouvements sociaux et dépolitisation de l’espace public », une « automatisation de la police et du déni de justice », ou encore la « déshumanisation toujours plus poussée des rapports sociaux ». Pour donner plus de poids à leur démarche, un site ressource, technopolice.fr a été créé, appelant à « résister à la surveillance totale de nos villes et de nos vies ». Cette plateforme sécurisée aura notamment vocation à fournir une base de donnée documentaire ou encore à soutenir les lanceurs d’alerte. 

Estrosi dans le collimateur

Il faut dire que la réputation de la ville de Nice, fer-de-lance de la politique sécuritaire de son maire, le député LRM Christian Estrosi, n’est plus à prouver. La ville considérée comme l’une des plus surveillée au monde par le classement mondial du site britannique Comparitech a conclu une convention « Safe City » d’une durée de trois ans avec l’industriel Thales. Laquelle consiste à rassembler toutes les données que peuvent recevoir les objets connectés de la ville. Autre sujet de polémique, les expérimentations de reconnaissance faciale durant les grands événements comme le carnaval de 2019 : durant trois jours, un logiciel de reconnaissance faciale, Anyvision, a été installé pour scanner 5.000 visages. 

La biométrie dans les lycées

Souvenons nous également de l’application de sécurité israélienne Reporty, permettant aux niçois de dénoncer des comportements suspects aux forces de l’ordre, en signalant l’événement aux caméras de sécurité environnantes. Le projet avait rapidement rencontré le droit de veto de la Cnil en janvier 2018. Enfin plus récemment, un projet de la Région PACA envisage d’installer des portiques biométriques au lycée Les Eucalyptus à Nice. Si les portiques sont installés depuis le printemps dernier, la Cnil ne semble pas disposée à donner son feu vert pour l’installation des caméras…

Ségolène Kahn

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