Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

Les vêtements haute visibilité gagnent à être vus

De plus en plus confortables les vêtements haute visibilité tendent à se banaliser et adoptent même une protection croisée pour répondre aux demandes des préventeurs, qui cherchent ainsi à limiter les risques encourus par les salariés.

En 2011, près de 500 piétons ont été fauchés sur la route. Un risque qu’encourent tous les professionnels œuvrant sur la voie publique ou sur des chantiers. Pour limiter ce danger, le code de la route oblige les entreprises à les habiller de vêtements haute visibilité régis par la norme NF EN 471. Laquelle définit trois classes de risques allant de 1 à 3 pour la plus élevée. A titre d’exemple, les agents des collectivités sont plutôt habillés en classe 2 tandis que le personnel travaillant sur les autoroutes sont en classe 3. A chacune de ses catégories correspondent des surfaces minimales de bandes fluorescentes et rétroréfléchissantes (voir tableau). Les premières, de couleur jaune, orange et rouge, réagissent aux ultraviolets de la lumière du jour. Et ce, indépendamment des conditions atmosphériques. Tandis que les bandes rétroréfléchissantes réalisées soit en microbilles soit en microprismes, renvoient de nuit la lumière à la source en réfléchissant la lumière des phares des véhicules.

> Surface minimum visible de chaque matière en m2

   Classe 1  Classe 2  Classe 3
Matière fluo  0,14  0,5  0,8
Matière rétroréfléchissante  0,1  0,13  0,2

Vêtement image

Le port des vêtements haute-visibilité (HV) n’est pas circonscrit à l’espace public. « Certaines entreprises ont décidé d’adopter des vêtements HV pour protéger leurs salariés de la présence de véhicules sur leurs sites privatifs », observe d’ailleurs Françoise Launay, responsable des ventes de Sonorco qui conçoit et produit des vêtements depuis 1939. « La haute visibilité se banalise notamment dans les appels d’offres lancés par les collectivités qui, pour des raisons de confort, demandent majoritairement des produits en coton majoritaire. » Autre tendance relevée par Sonorco, de plus en plus d’entreprises veulent des vêtements HV personnalisés à leur image. « Dans ce cas, nous jouons sur les empiècements pour affiner la silhouette et le jeu des couleurs pour donner du style au vêtement », indique Françoise Launay, qui enregistre par ailleurs une forte demande en faveur de produits haute visibilité et multirisques.

Jeu d’accessoires

Un constat partagé par Yamina Bougaci, responsable commerciale du distributeur Figomex (filiale du groupe Cofaq-Master Pro), qui compte deux agences dans l’Ouest de la France. « Les artisans, collectivités, entreprises de TP et industriels sont demandeurs de vêtements HV résistants, confortables et bien coupés sous l’influence du “work fashion”. A l’instar de ces combinaisons, vestes, pantalons et autres articles bicolores dont le design et les tissus s’inspirent du monde du sport et des loisirs tout en se parant de multiples accessoires. La tendance est à la généralisation de poches cuisses et de genouillères renforcées en Cordura afin de limiter les risques d’hygroma pour les opérateurs travaillant à genou », rapporte Yamina Bougaci. Les vêtements HV s’enrichissent aussi de nouvelles options telles que la poche téléphone portée à la poitrine et doublée d’une membrane E-care pour limiter le danger des ondes électromagnétiques. Egalement en vogue, ces nouvelles coupes de parkas 4 en 1 associant plusieurs produits sur diverses saisons ou de nouvelles matières, comme la « Soft-shell », tout à la fois respirantes, coupe-vent, chaudes et légères.

Plus confortables, les vêtements HV s’installent durablement dans les vestiaires professionnels grâce à l’arrivée de pigments plus performants, qui s’appliquent aussi bien sur des mélanges polyester et coton que sur des fibres beaucoup plus techniques. Comme en témoigne DuPont, qui a élaboré une solution HV de gamme de couleur jaune pour des situations extrêmes. Appelée Nomex ProVis, sa composition renferme 34 % de polyester, 23 % de viscose et 43 % de Nomex, une fibre de nylon résistante au feu. De quoi protéger les utilisateurs contre la chaleur et les flammes, les projections de métal fondu ainsi que la chaleur d’arc électrique.

Nanoparticules d’argent

Une stratégie multirisque sur laquelle le groupe Sioen s’est lui-même déjà engagé. « En réponse à la demande de nos clients, nous avons élaboré une gamme de produits combinant plusieurs protections contre les risques thermiques et électriques, retard de flamme, arc électrique, etc. », fait valoir Philippe Dalichoux, directeur commercial de Sioen France, qui habille notamment des salariés d’entreprises de transport comme Norbert Dentressangle ou Eb Transport, ainsi que des opérateurs de réseau d’électricité tels ERDF et RTE. Lequel a décidé d’habiller quelque 4 000 à 5 000 salariés de vêtements haute visibilité. « Nous venons aussi d’équiper des agents de la Ville de Toulouse en charge de l’éclairage public avec des parkas HV, qui les protègent de l’arc électrique », indique le directeur commercial de Sioen. Lequel propose dans un tout autre domaine un tee-shirt HV baptisé « Sio Cool » en coton et polyester à porter l’été. A défaut d’être multirisques, ses fibres intègrent des nanoparticules d’argent, qui confèrent à ce vêtement un traitement antibactérien et antitranspirant. Au grand plaisir de ses utilisateurs !

Le confort des salariés n’est évidemment pas antinomique avec la protection multirisque. En témoigne Samurai, une gamme de vêtements imperméables et ignifuges primée aux prix de l’innovation Avag 2012. Lancée par le tandem Vandeputte Safety & Van Heurck pour le personnel en charge de la production de gaz et de pétrole, cette ligne de vêtements de sécurité bénéficient de la technologie Pyrad. Une technologie qui permet d’associer des tissus légers tels que le polyester ou le polyamide à la membrane Gore-Tex. Grâce à quoi, lorsque la chaleur ou les flammes entrent soudainement en contact avec le laminé, une barrière résistante d’auto-extinction se forme immédiatement. Autre avantage de ce tissu bicouche, son extrême souplesse et son faible encombrement. Ce qui facilite son stockage.

Tissu photoluminescent

Sur le marché des produits HV multirisques, TDV Industries, une PME française de 188 salariés n’est pas en reste avec le « Securipack 2/320 ». Il s’agit d’un satin de 320 gr/m2 contenant 54 % de Modacrylique, 45 % coton, et 1 % d’antistatique. Point fort, il prévient les risques thermiques, antistatiques, arc électrique mais aussi chimiques. Régulièrement à la pointe de l’innovation, comme en témoigne son procédé Eco-Clean qui facilite le nettoyage des vêtements HV, TDV Industries innove avec une gamme de textiles photoluminescents baptisée Luminight. Tels des vers luisants, ces textiles teints à l’aide de pigments spécifiques se chargent en énergie dans la journée et la relarguent la nuit. Grâce à quoi, il est désormais possible de repérer dans le noir la présence d’un individu sans qu’il soit nécessaire de l’éclairer, contrairement aux bandes rétroréfléchissantes. « Nous avons deja signé des contrats avec trois confectionneurs qui présenteront sur le salon Expoprotection des modèles de vêtements où des bandes de Luminight se juxtaposeront aux marquages rétroréfléchissants afin d’améliorer encore le silhouettage, comme le prévoit la norme EN 471 », annonce Fabrice Nicolas, directeur commercial de l’entreprise qui a trouvé auprès des acteurs du BTP un accueil très favorable. Destinée seulement aux textiles tissés et non aux mailles, la gamme Luminight est disponible en trois coloris (jaune fluo, gris et blanc) sur des supports coton et polyester. « Au niveau de l’entretien, le Luminight peut subir une vingtaine de lavages mais nous nous employons à aller au-delà. »

© Eliane Kan/TCA-Innov24

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