Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risque incendie

Les détecteurs de fumées ne font pas encore l'unanimité

Il y a un an, les détecteurs autonomes avertisseurs de fumées (DAAF) devenaient obligatoires. Malgré une efficacité vérifiée, 15% des habitations ne sont pourtant toujours pas équipées. Normal : il n'existe actuellement aucune sanction.

D’après la Fédération française des métiers de l’incendie (FFMI), la France déplore chaque année 250.000 incendies qui provoquent 10.000 blessés et 800 décès. Des catastrophes humaines qui ont lieu principalement en habitation (90% à 95%). Depuis la loi du 9 mars 2010 ­ complétée par un décret de janvier 2011 et un arrêté de février 2013 ­ visant à rendre obligatoire l’installation d’au moins un Détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) dans tous les lieux d’habitation, les industriels et installateurs se sont préparé à équiper les 32 millions de foyers français. L’objectif était alors d’être fin prêts pour le 8 mars 2015, date d’entrée en vigueur du décret. Bien sûr, on n’en est pas là.

En effet, 15% des habitations ne sont toujours pas équipées, selon un sondage BVA réalisé en février dernier pour Kidde, un fabricant américain de DAAF. Pourtant l’efficacité des DAAF est avérée. En effet, selon le ministère du Logement, 80% des décès causés par des incendies proviennent d’asphyxies plutôt que de brûlures. Il faut dire que, en majorité, les incendies surviennent la nuit et la fumée ne réveille pas les habitants qui en seront victimes. Toujours selon le sondage BVA, 20% des Français qui n’ont pas installé de DAAF chez eux pensent que, en cas d’incendie, ils seront réveillés. Bien sûr, c’est faux. C’est même tout l’intérêt des détecteurs de fumée car ceux­-ci sont équipés de puissants avertisseurs sonores qui, d’après la norme EN 14604, émettent une alarme de 85 dB à 3 mètres ! Soit le bruit produit par un klaxon de voiture, une tronçonneuse électrique ou encore une tondeuse à gazon.

Cependant, la loi ne prévoit aucune sanction à l’heure actuelle pour les résidents procrastinateurs ou récalcitrants. De plus, d’après le site de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), « si le détecteur n’est pas installé mais que le logement est bien assuré contre l’incendie, l’assureur couvrira les dommages liés à l’incendie ». Il en va de même si le résident n’a pas envoyé son attestation à l’assureur. En d’autres termes, il n’y a pas de pénalité légale ou financière, en cas de non­ respect de la loi.

Mais qu’arrive­-t-­il si les résidents n’installent pas de DAAF chez eux ? « Rien ! Sauf de perdre la vie de leurs proches dans un incendie, expliquait déjà il y a un an à Info.ExpoProtection.com Chantal Renaud, présidente de la Fédération française des installateurs de matériel de prévention incendie domestiques (FFIMPID). Pis, si une personne étrangère au foyer décède ou se blesse dans incendie chez vous, sa famille peut porter plainte ! Dès lors qu’il y a une loi, il y a une possibilité de porter plainte. »

Benjamin Alcaïde

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