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Sûreté et sécurité

Parrot veut lever 300 millions d'euros

Le champion français du drone s'apprête à procéder à la levée de fonds la plus importante de l'année pour une entreprise française. Objectif : développer les drones à usages professionnels. Notamment dans l'agriculture et le bâtiment.

Outre les systèmes de communication mains-libres et d’info-divertissement pour la voiture et les objets connectés pour le son et le jardin, la société française Parrot, fondée en 1994 par Henri Seydoux, est un des leaders mondiaux du drone tant grand public que professionnel. Coté depuis 2006 sur le compartiment B de sur Euronext Paris (FR0004038263 – PARRO), la société parisienne, qui réalise un chiffre d’affaires de 243 millions d’euros en 2014 et emploie 900 collaborateurs dans le monde, a lancé ce jeudi 19 novembre, une augmentation de capital de 300 millions d’euros au prix de 17 euros l’action. C’est la plus importante levée française de fonds en France de l’année. A cette occasion, Parrot introduit à son capital un nouvel investisseur : BPIfrance qui a annoncé son intention d’acquérir 5% du capital de l’entreprise pour 33 millions d’euros.
Il faut dire que, dans la Silicon Valley californienne, les grandes manœuvres financières ont démarré. En effet, une dizaine de start-up, dont Airware, a levé 325 millions d’euros. Un effort nécessaire pour acquérir la taille critique suffisante face au leader mondial, le chinois DJI qui a réalisé un chiffre d’affaires 3 milliards de yuans en 2014 (430 millions d’euros). « Depuis dix-huit mois, les drones attirent massivement les capitaux de la Silicon Valley. Il faut donc que nous nous mettions au niveau des acteurs internationaux », déclare Henri Seydoux, PDG et fondateur de Parrot à notre confrère  Le Monde.
Pour Parrot, cette augmentation de capital est massive puisqu’elle est équivalente aux trois quarts de sa capitalisation boursière. Et afin de ne pas trop diluer sa part du capital social de l’entreprise, Henri Seydoux investit lui-même, via sa holding personnelle, 90 millions d’euros par endettement. Ce qui baisse malgré tout de 3 points sa participation à 34%. De son côté, le fonds chinois IDG va également injecter 10 millions d’euros pour 1,4 % du capital. Reste à trouver plus de la moitié de la somme… HG Vora, un hedge fund américain qui détient 10% du capital, devrait également remettre au pot.
Objectif de la levée de fonds : renforcer le positionnement de l’entreprise dans les drones professionnels dont les marges sont plus élevées. L’année dernière, Parrot avait investi 1 million d’euros pour prendre 49% du capital de la start-up Eos Innovation et de l’e-vigilante, son robot terrestre rondier spécialisé dans la surveillance des entrepôts logistiques. Cette année, le groupe parisien a misé 1,6 million dans la start-up francilienne Airinov, dont les drones servent à doser au plus juste l’engrais à pulvériser dans les champs. « Le bâtiment et l’agriculture sont deux gros axes de développement », reconnaît Henri Seydoux. A cet égard, rappelons que, durant le salon Batimat, le français Drone Volt vient de lancer le premier drone peintre qui participe à une meilleure sécurité au travail en faveur des professionnels du bâtiment car cet engin permet de pulvériser peintures et produits jusqu’à 35 m de hauteur.
Une chose est sûre : dans le sillage de Criteo qui a levé 100 millions d’euros en 2013 et de Sigfox pour la même somme en février dernier, le groupe Parrot montre que les entreprises françaises n’ont plus de complexes sur les marchés financiers.

Erick Haehnsen

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