Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

L'ergonomie ou le travail en questions

A l’écoute des conditions de travail, à l’affût des dysfonctionnements, l’ergonomie veille sur la santé des individus comme de l’entreprise. Portrait d’une discipline encore peu connue.

ergonomie

Comment identifier les causes de troubles dans l’entreprise et dans son organisation ? Quelles démarches adopter pour améliorer les conditions de travail ? A l’appui d’une analyse de l’activité réelle, l’ergonomie tente de résoudre ces interrogations. Dans un contexte où la santé et la productivité sont perturbées par des facteurs souvent difficiles à identifier, les ergonomes pose un regard à la fois intime et distancié sur la réalité du travail.

« Objectiver une situation »

« L’ergonomie se définit comme l’étude du travail en vue de son amélioration. Le rôle de l’ergonome est d’appréhender l’ensemble d’une situation de travail et des individus dans cette situation. » Thierry Morlet, secrétaire général de la Société d’ergonomie de langue française (SELF), évoque par ces mots une discipline aux applications extrêmement variées : conception d’outils, d’appareils, de produits, aménagement des locaux, organisation du travail, formation ou encore management. Car, poursuit Thierry Morlet, « l’ergonomie s’applique à tous les types de situations : du moment qu’il y a travail, il y a ergonomie. Il y a apport d’un autre point de vue sur le travail, par la restitution d’une réalité aux différents acteurs. Un ergonome se donne pour mission d’objectiver une situation. »

Ergonomie de conception, ergonomie de correction

L’amélioration des conditions de l’homme au travail implique la considération de nombreux aspects du travail : physiques, cognitifs, sociaux, organisationnels, environnementaux. Une intervention ergonomique est motivée par une prise de conscience et la volonté d’action d’une entreprise face à une problématique liée à une situation de travail. Mais, encore faut-il que cette démarche soit formulée à temps… En France, l’ergonomie de correction représenterait 95% des interventions, au détriment de l’ergonomie de conception : « De la façon la plus courante, les entreprises sollicitent une intervention ergonomique lorsqu’un problème est déjà déclaré. » (Nathalie Lachambre, ergonome auprès de l’ASMIS, Association de santé et médecine interentreprises du département de la Somme).

Approche francophone, approche anglophone

L’ergonomie a ses « écoles » et s’est développée suivant deux courants majeurs. On distingue en effet l’approche francophone de l’approche anglophone, pratiques qui diffèrent dans l’appréhension et l’analyse d’une situation. « L’approche anglophone est normative, quantitative et concentrée sur le poste de travail, précise Nathalie Lachambre. L’approche francophone, quant à elle, englobe l’organisation du travail et tous ses facteurs. C’est pourquoi nous questionnons toutes les composantes du travail, et non celles d’un seul poste de travail. Cela dit, les deux approches sont complémentaires. Il est souvent nécessaire d’adopter une vision normative et globale à la fois. »

Observer, analyser, préconiser

L’intervention ergonomique fait l’objet d’une méthodologie précise, orientée tout d’abord par la perception d’une demande. « Cette demande fait l’objet d’un requestionnement, à l’occasion duquel l’ergonome vérifie que l’entreprise ne se trompe pas d’objectif ou le cible correctement. L’étape suivante vise à définir les conditions de l’intervention, les documents disponibles, l’organisation humaine et matérielle à mettre en place. » (Thierry Morlet)
La création d’un groupe de travail, constitué de tous les acteurs de la problématique, est une démarche-clé, « car le premier individu concerné reste l’opérateur lui-même. Il doit donc demeurer au cœur de la réflexion et fournir les informations les plus précises » (Nathalie Lachambre). Puis, sur le terrain, l’ergonome observe et s’entretient, en vue d’analyser les facteurs mis en cause dans le dysfonctionnement constaté. Enfin, la réflexion et l’analyse des données aboutissent à des prescriptions et à un plan d’action.

PAROLES D’EXPERTS : « Il faut replacer l’humain au centre du travail »

Discipline en essor, l’ergonomie assoit peu à peu sa reconnaissance. Mais, pour des raisons de culture et de coût, les démarches d’amélioration des conditions de travail peinent à se généraliser.
Dans le contexte actuel des conditions de travail, révélé par des troubles inquiétants comme les TMS, l’ergonomie trouve une justification croissante de son action sur la santé des individus comme sur la productivité de l’entreprise. Il y a, pour l’ergonome, une vocation à « replacer l’humain au centre du travail, à recréer un lien entre performance de production, performance sociale et performance environnementale. Son rôle consiste non seulement à repérer les dysfonctionnements, mais aussi à rééquilibrer les différents facteurs physiques, sociaux, de production, pour qu’un individu se sente à nouveau à l’aise à son poste…
« Pour l’entreprise, la performance sociale est primordiale »
L’apport de l’ergonome, c’est un œil attentif, hors du tumulte d’une entreprise fonctionnant en flux tendu et démunie, lorsqu’il s’agit de résoudre une situation problématique. Son objectif est d’analyser, en premier lieu, les facteurs inhérents à l’opérateur et les facteurs d’activité externes. Quelle est l’issue d’une telle situation ? Il y en a deux : soit l’opérateur subit une situation qui, à terme, l’amène à développer une pathologie, soit il dispose d’un champ de manœuvre, d’une organisation différente de son activité. Malheureusement, la plupart du temps, la seule marge de manœuvre pour l’opérateur est l’opérateur lui-même, obligé de s’investir en récoltant les fruits d’une logique de production inadaptée. » (Nathalie Lachambre) Cependant, malgré des conséquences manifestes pour les entreprises, « on ne change pas une culture et une mentalité du jour au lendemain, poursuit Nathalie Lachambre. Pourtant, la performance sociale est primordiale pour l’entreprise, et l’opérateur est sa meilleure ressource. Les entreprises doivent faire des compromis pour parvenir à recentrer les enjeux. Avec à la clé, des gains de productivité. »
« L’actualité autour des TMS et des risques psychosociaux change les perceptions »
Au cœur des débats actuels sur la santé au travail, les TMS et les risques psychosociaux sont des manifestations croissantes des dysfonctionnements au cœur de l’entreprise. Comme l’analyse Thierry Morlet, « l’actualité permanente autour du stress et de la souffrance au travail joue un rôle en faveur du développement de l’ergonomie. Le ministère du Travail, notre ministère de tutelle, a engagé des actions à ce sujet. Les choses bougent et les entreprises évoluent peu à peu. » Ergonome et gérante de la société Metroergo, Cécile Bisch confirme : « Il y a une prise de conscience progressive des bienfaits de l’ergonomie dans l’entreprise, notamment grâce à la sensibilisation organisée autour des TMS. En effet, le coût engendré par ces troubles joue le rôle d’un levier en notre faveur. Malgré tout, l’ouverture des entreprises est encore timide. »
« La culture de la prévention n’est pas suffisamment développée »
L’amélioration des conditions de travail ressemble donc à un combat permanent, sur un terrain où les réflexes ne sont pas acquis. Comme en témoigne, par exemple, le marché du mobilier ergonomique. Benoît Rebufa, responsable commercial chez Design +, distributeur de mobilier ergonomique, reconnaît qu’« en France, l’usage de produits comme les sièges ergonomiques prend une dimension complexe. Tout d’abord, pour des questions de coût, car ce sont des produits plus chers. Ensuite, parce que notre culture de la prévention n’est pas suffisamment développée. Ce n’est pas un hasard si les produits que nous distribuons sont fabriqués dans les pays scandinaves ou en Allemagne, pays bien plus avancés que nous en matière de prévention. » Pour Benoît Conthe, gérant de la société de distribution Equilibre, « en France, le marché du mobilier ergonomique est encore une niche. C’est un marché curatif, très peu préventif. Par ailleurs, et c’est un problème bien français, les normes de notre mobilier n’ont pas vraiment été actualisées depuis les années 1960. Depuis, les morphologies ont évolué et ces changements ne sont pas toujours pris en compte. Aujourd’hui, 20 % de la population active mesure 1 m 90 et plus… Malgré ce constat, issu d’une étude récente, les postes de travail sont encore normalisés pour des personnes de 1 m 65 ou 1 m 70… Il ne faut pas se cacher que la France est en retard. »

Le titre Eur.Erg, une reconnaissance au niveau européen

Témoignage d’une volonté d’harmonisation des pratiques de l’ergonomie, le titre d’Ergonome européen est une qualification attribuée pour 5 ans renouvelables et visant à attester d’une formation, d’une pratique professionnelle et d’une remise à niveau des connaissances. Les critères permettant de délivrer cette qualification sont européens. Un ergonome français accède ainsi à la possibilité d’exercer ses compétences dans les autres pays de l’Union. 400 ergonomes détiennent actuellement ce titre, 80 d’entre eux exercent en France.

Un métier, plusieurs pratiques

L’ergonomie s’est développée autour de plusieurs formes d’exercices : consultant, ergonome interne et ergonomes rattachés aux institutions. Si une majorité d’ergonomes exerce à titre de consultant, les postes d’ergonomes internes se sont considérablement développés depuis une vingtaine d’années. Salarié de collectivités, de grandes entreprises publiques et privées, l’ergonome interne travaille en lien avec les services d’études, de recherche et développement, de gestion des ressources humaines, ou encore les services marketing. Les ergonomes rattachés aux institutions travaillent, quant à eux, en lien avec les services de santé au travail, les Aract, les Cram, les MSA, les Sameth (Structure de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés).

LE POINT DE VUE D’UN ERGONOME CONSULTANT : METROERGO

Jeune société basée dans la Somme, Metroergo associe démarche ergonomique et outils métrologiques. Une approche qui, analyse Cécile Bisch, favorise le dialogue avec les entreprises.

PROTECTION INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE : Quels sont vos domaines d’intervention ?
Cécile BISCH :
« Nous intervenons principalement dans deux domaines. Premièrement, dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail, le champ des ambiances physiques de travail (bruit, vibrations, éclairage, conditions thermiques…) et le champ des troubles physiques, comme la prévention des TMS. Dans ce domaine, nous avons développé un outil innovant de mesure du coût musculaire et articulaire qui nous permet d’illustrer le risque biomécanique par des données chiffrées. Deuxièmement, nous intervenons auprès de fabricants et de designers au niveau de la conception de produits ergonomiques. Notre intervention prend la forme d’un accompagnement ou d’une validation, selon les cas. »

PIC : De quelle manière les entreprises sollicitent les compétences d’un ergonome ?
Cécile BISCH :
« Dans la plupart des cas, nous rentrons en contact avec l’entreprise par l’intermédiaire d’un prescripteur ayant établi un diagnostic court, préconisant une intervention ergonomique : la médecine du travail, la Cram, l’Anact, la Mutuelle sociale agricole (MSA)… De nouveaux interlocuteurs, comme les assurances, concrétisent la mise en contact. C’est une démarche nouvelle et positive pour nous. Précisons, par ailleurs, qu’une entreprise fait souvent appel à un ergonome parce qu’elle dispose d’une subvention. La MSA peut prendre en charge une partie des études que nous effectuons. Cette attitude est symptomatique de la vision que les entreprises ont de notre métier, considéré comme une charge financière, sans retour sur investissement… Hors subventions, une entreprise a vraisemblablement des réticences à faire appel à un ergonome. Le contexte réglementaire joue également en notre faveur. Dans certains domaines comme le bruit ou, de plus en plus, les vibrations, il y a obligation de mesurer les niveaux d’exposition. Mais, dans le domaine de l’aménagement des postes de travail, l’obligation n’est pas aussi développée. »

PIC : Comment se déroule une intervention ergonomique ?
Cécile BISCH :
« Nous partons toujours de l’analyse de l’activité du travail, puis nous identifions tous les facteurs de variabilité, à la suite de quoi nous mettons en place notre plan de mesurage. Lorsque c’est possible, nous organisons un groupe de travail, impliqué dans notre démarche de quantification. Enfin, nous élaborons des pistes d’améliorations avec le groupe de travail. Ajoutons que notre positionnement est un peu différent des autres cabinets d’ergonomes, car nous utilisons des outils de métrologie dans notre démarche de quantification. Cette compétence nous permet de mesurer l’écart entre une situation initiale et une situation améliorée. Il est très important de pouvoir montrer à nos clients les résultats obtenus. Tout simplement parce que l’apport de données chiffrées permet de parler le même langage. C’est pour cela qu’au niveau de la prévention des TMS, nous avons développé notre plateforme de mesure d’activité musculaire, de la même façon qu’il existe des techniques de mesures des facteurs d’ambiances physiques. A l’issue de ces démarches, nous remettons un cahier des charges enrichi de préconisations concrètes. Au total, une intervention de notre part dure 10 jours. »

PIC : Intervenez-vous au niveau du suivi des améliorations ?
Cécile BISCH : « En général, l’entreprise conclut la collaboration au niveau du cahier des charges. Nous proposons néanmoins un accompagnement dans la réalisation des recommandations, malgré les réticences que nous rencontrons. Nous constatons souvent que, six mois plus tard, l’entreprise n’a toujours pas appliqué les recommandations… L’expérience montre qu’il faut souvent un an à l’entreprise pour intégrer les conseils d’une intervention ergonomique. »

PIC : Quels sont les facteurs sur lesquels vous intervenez le plus ? Dans quels domaines d’activité ?
Cécile BISCH :
« En ce moment, nous agissons dans les domaines de la prévention des TMS, au niveau des vibrations et de la préparation physique. Nous intervenons principalement dans de grosses structures, imposées au taux réel en termes de cotisations Sécurité sociale. Les besoins d’une intervention ergonomique sont donc ressentis de manière beaucoup plus concrète que dans les petites structures où les coûts sont « mutualisés ». »

PIC : Quelles sont les mesures engagées pour développer la reconnaissance de l’ergonomie auprès des entreprises ?
Cécile BISCH :
« Les associations comme Ergo Picard, à laquelle nous appartenons, contribuent à faire connaître notre métier. Toutes les entreprises n’ont pas encore bien assimilé l’utilité de l’ergonomie, à nous de nous regrouper pour développer l’information et casser l’image un peu réductrice que les entreprises ont de notre métier. »

LE POINT DE VUE D’UN ERGONOME INTERNE : PSA Peugeot Citroën

Depuis le lancement d’une vaste démarche ergonomie en 1999, le groupe PSA Peugeot Citroën a multiplié les actions en faveur de la santé des opérateurs. Thomas Debu, ergonome interne, nous livre quelques détails de ce dispositif d’amélioration des conditions de travail.

PROTECTION INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE : Combien de postes de travail le groupe PSA compte-t-il dans ses différents sites ?
Thomas DEBU :
« Sur l’ensemble du groupe, nous sommes chargés de traiter environ 14 000 postes de travail, répartis à l’international. Soit 1 usine en Slovaquie, 2 usines en Espagne, 1 en Argentine, 1 au Brésil, 1 au Portugal et 6 usines en France. A ces sites dédiés à la production de véhicules, il faut ajouter une demi-douzaine d’usines dédiées à la mécanique… ces chiffres illustrent l’envergure des problématiques que nous avons à résoudre en termes d’ergonomie. »

PIC : Quelles sont les principales préoccupations de PSA en matière d’ergonomie du poste de travail ?
Thomas DEBU :
« Depuis maintenant une dizaine d’années, la direction générale du groupe a décidé de mener des actions en profondeur sur l’amélioration des conditions de travail. Un accord groupe a été conclu avec les partenaires sociaux, à la suite de quoi le département ergonomie s’est engagé à suivre la pénibilité des conditions de travail sur l’ensemble des postes de travail. La situation des opérateurs sujets à des restrictions médicales a fait partie des objectifs définis. C’est une problématique qui a été intégrée à la question du vieillissement au travail. En termes concrets, les enjeux ont été énoncés de la manière suivante : comment organiser et concevoir les postes de travail pour autoriser les opérateurs à travailler en ligne d’assemblage jusqu’à 60 ans, tout en préservant leur santé ? »

PIC : Quels ont été les effets de ces engagements sur le rôle des ergonomes ?
Thomas DEBU :
« « Chaque année, nous rendons compte de l’évolution d’un indicateur groupe intégré à notre méthodologie. C’est pourquoi nous avons structuré notre équipe (une quarantaine d’ergonomes) entre la vie courante (les véhicules construits dans les sites), les projets et les métiers du process. Chaque projet implique, de notre part, des obligations de progression et de résultats. Chez PSA, les ergonomes sont complètement intégrés au processus de décision et disposent de moyens pour agir très amont. Nous avons la volonté de couvrir l’intégralité du cycle de vie des véhicules (de la conception à la dernière voiture produite). En conséquence, la majeure partie de nos interventions ergonomiques se situe au niveau de la conception. Nos actions en matière de correction consistent, en général, en des opérations de maintenance des postes de travail. »

PIC : Au niveau des postes de travail, quels aménagements ont été effectués ?
Thomas DEBU :
« Notre indicateur fait, en quelque sorte, le lien entre nos différents objectifs. Au niveau des postes de travail, nous avons défini 3 catégories : léger, moyen et lourd. Les postes lourds sont les postes dits « pathogènes » et les postes légers les plus accessibles à tout opérateur. En fonction de la catégorie du poste, le repos alloué varie en durée : plus le poste est difficile à tenir, plus le temps de repos est important. Et inversement. Sur les plans de la santé et de la productivité, nous avions donc intérêt à multiplier la création de postes légers, tout en réduisant le nombre de postes lourds *. En parallèle, nous avons établi un lien entre poste de travail et qualité, en démontrant que les pièces faciles à monter ont tendance à augmenter le niveau de qualité. C’est logique, plus le poste est facile à tenir, plus l’opérateur peut se concentrer sur sa tâche et effectuer un travail satisfaisant. Nous avons également développé un axe autour de la transmission d’un savoir technique aux techniciens responsables de la création ou de l’exploitation des postes de travail. Par la mise en œuvre d’un vaste programme de formation, nous avons fourni des notions de bases sur l’homme au travail, de façon à ce qu’ils adoptent une attitude préventive, sans systématiquement avoir recours à un expert. S’il y a dix ans, notre point d’entrée était principalement la pénibilité physique, nous nous attachons aussi aux problèmes liés aux risques psychosociaux, au stress. C’est pourquoi nos indicateurs prennent en compte ces questions. Maintenant que les questions de pénibilité physique sont complètement intégrées aux cycles de conception et de vie des véhicules, nous commençons à intégrer la question de la charge mentale et du stress dans nos référentiels de conception et dans nos animations avec la direction. »

PIC : Comment les ergonomes travaillent-ils avec les différents acteurs d’un site de production ?
Thomas DEBU :
« De la même façon que nous sommes impliqués dans la conception des projets, nous sommes aussi intégrés aux sites de construction, en lien permanent et direct avec les acteurs d’une ligne d’assemblage. C’est une volonté de ne pas couper les ergonomes des activités des techniciens et qui présente l’avantage de nous faire bénéficier du même niveau d’information que tout le monde. La réalité du terrain est une composante essentielle de notre métier, étant donné que nous consacrons beaucoup de temps à observer les postes. En parallèle, sur chaque site et sur chaque projet, les ergonomes se réunissent régulièrement avec la direction d’atelier ou le chef de projet pour faire le point sur les actions et les points durs. En définitive, nous bénéficions d’un positionnement privilégié qui nous permet de recueillir des informations comme d’en donner. »

* Le pourcentage de postes lourds a été plus que divisé par deux depuis le lancement de la démarche ergonomie. Par ailleurs, la part de postes légers est passée de 26 % en 1999 à 40 % en 2006. (Source : Rapport social PSA 2006)

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