Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

La protection périmétrique à l'assaut de la simplicité d'installation

Pour faciliter la vie des installateurs, les acteurs de ce secteur s'efforcent de proposer des équipements communicants, faciles à déployer et à maintenir.

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Cette borne arbore un design breveté en nid d’abeille. © Prodatec

Avec un marché en pleine progression avant la crise du Covid, les acteurs de la protection périmétrique s’efforcent d’anticiper et de coller aux besoins de leurs installateurs. Et ce, avec des systèmes faciles à déployer et à maintenir. Une tendance qui concerne aussi bien la protection des sites que la détection intrusion. Dans ce domaine, le français Prodatec s’apprête à lancer son offre Connect. Visant la protection de l’habitat, commerces, sites industriels et tertiaires, elle recouvre trois gammes de barrières et colonnes infrarouges. Ces détecteurs communiquent tous en mode radio avec n’importe quelle centrale du marché. De quoi éviter de creuser des tranchées de raccordement au réseau électrique. « Et ce, d’autant qu’ils fonctionnent avec des piles lithium leur conférant une autonomie de 3 ans », souligne Fabien Jimenez, responsable commercial France de Prodatec. Cette PME basée à Fleurieu-sur-Saône (Rhône) emploie dix personnes dont deux ingénieurs.

Design breveté

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Le modèle Connect Evolution protège les clôtures. © Prodatec

Fabriqués en France par des partenaires et paramétrables en Wifi, ses détecteurs se distinguent par leur revêtement en nid d’abeille. Ce design breveté les rend insensibles : givre, neige, rosée ou tout autre dépôt d’humidité. Nul besoin donc d’y intégrer du chauffage. Disponibles dès septembre prochain, ces détecteurs embarqueront des faisceaux infrarouges dont le nombre dépend de leur hauteur. Le produit d’entrée de gamme se présente sous la forme d’une barrière de 43 cm de hauteur. Baptisée Connect Smart, elle comporte 4 faisceaux d’une portée de 150 mètres en extérieur et de 250 mètres en intérieur. Idem pour la colonne Connect Evolution qui embarque en revanche de 4 à 16 faisceaux par direction et mesure de 1 à 3 mètres.

Discrimination environnementale

Une fois en marche, ces produits connectés rapportent différents types d’information. Tels que l’intrusion, le masquage ou le niveau de batterie. Par ailleurs, pour améliorer la performance de leur détection, ils disposent d’un discriminateur environnemental. « Ce système repère si l’atténuation des faisceaux relève des intempéries (brouillard, forte pluie, neige épaisse), de la végétation ou d’une intrusion  », indique le responsable commercial de Prodatec. Avec son offre Connect, l’entreprise compte d’ici un à deux ans doubler son chiffre d’affaires et se renforcer en France et à l’étranger.

Différents modèles

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Christian Valette, directeur général de Sorhea. © DR

Les colonnes et barrières autonomes sans fil promettent de se développer car elles ne nécessitent ni travaux de génie civil ni câblage. Sorhea contribue à cette évolution avec sa nouvelle offre de barrières infrarouges So-Beam. Laquelle recouvre plusieurs modèles allant d’une hauteur de 40 cm pour le plus petit jusqu’à 2,5 mètres pour le plus grand. La portée de leur faisceau infrarouge s’élève à 80 mètres et celle de la radio pousse jusqu’à 300 mètres à vue.

Pack commercial clé en main

L’offre se décline en colonne simple ou double direction équipée de deux à cinq cellules infrarouges par direction. Quatre colonnes double direction permettent de sécuriser un périmètre de 80 mètres de coté. L’offre commerciale de Sorhea consiste en un pack comprenant 4 colonnes double direction équipées de 4 cellules par direction , 4 embases, un boîtier So-bus ainsi qu’un coordinateur. Lors de l’installation, le professionnel dispose d’une aide à l’alignement des cellules. « En outre, il peut visualiser l’état des alarmes avec son smartphone », ajoute Christian Valette, directeur général de Sorhea.

8 % du CA consacré à la R&D

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La barrière So-Beam est interrogeable à distance. © Sorhea

Basée à Vaulx-en-Velin (Rhône), ce spécialiste de l’anti-intrusion dispose d’un portefeuille huit technologies. « En plus de l’infrarouge, nous proposons notamment des barrières hyperfréquence ou encore du câble sensible pour la détection sur clôture », ajoute le directeur général de l’entreprise, filiale groupe Vitaprotech. Lequel réalise avec 300 personnes un chiffre d’affaires en 2019 de 53 millions d’euros. L’export en représente 22 %. Notons par ailleurs que 60 % de son activité provient du contrôle d’accès et 40 % de la détection anti-intrusion. Enfin, Vitaprotech consacre 8 % de son chiffre d’affaires à la R&D.

Nouveaux services à valeur ajoutée pour les installateurs

En matière d’évolution technologique, le groupe se dit convaincu de l’intérêt du réseau Ethernet/IP pour sécuriser les installations. Mais il enrichit aussi son offre en matière de nouveaux services à valeur ajoutée à destination des installateurs. Ces professionnels apprécient de disposer de remontées d’information de leurs installations pour proposer de la télémaintenance. « Dans cette perspective, le groupe vient d’ailleurs d’acquérir l’entreprise Recas, spécialisée dans la communication Ethernet/IP», rapporte le directeur général de Sorhea. Actuellement, le groupe phosphore sur un câble détecteur de choc qui intégrera la technologie IP. Une première dans le domaine. Ce détecteur sera disponible dans le courant du dernier trimestre 2020.

Cube pour la surveillance temporaire de sites ou de chantiers

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Ce cube mobile intègre une tour de surveillance équipée de radars et de dômes. © Matech Sécurité

Avec le développement des vols d’engins sur chantier, de plus en plus de maître d’ouvrage déploient une protection périmétrique de leur chantier. c’est d’ailleurs ce qu’observe le distributeur Matech Sécurité. Cette filiale du groupe AA, qui compte trois autres entités, exerce deux activités. La première concerne les composants et systèmes hyperfréquences. Et la seconde, la détection extérieure. « Nous proposons aux installateurs et aux intégrateurs des solutions et des technologies pour équiper tous types de sites », indique Franck Darde, directeur commercial et marketing du groupe AA basé à Orsay (Essonne).

Tour de surveillance mobile

L’entreprise commercialise depuis quelques mois un système de détection d’intrusion. Autonome et modulable, il embarque, entre autres, un mât de 4,5 mètres de hauteur et un modem 3G durci. Destiné à la surveillance temporaire de chantiers et de sites, ce cube mobile joue le rôle de tour de supervision. Dans cette perspective, il intègre un système de vidéosurveillance multi-détecteurs configurables en fonction des besoins. Depuis le lancement de sa tour, Matech Sécurité l’a enrichie de radars civils Magos. Leur portée va de 600 mètres à 1 000 mètres sur un angle de 90° ou 120° selon les versions. Le cube peut accueillir aussi des radars Vigitracking. Lancés fin 2019, ces dispositifs détectent les intrusions et déclenchent immédiatement les procédures définies. Il opère un suivi vidéo de l’intrusion avec un dôme, transfert les images au centre de traitement, puis déclenche des systèmes de dissuasion sonore et visuelle.

Bornes escamotables communicantes

La protection périmétrique ne se résume pas aux seuls systèmes de détection d’intrusion. Elle intègre aussi les dispositifs qui interdisent l’accès aux sites publics ou privés. Tels que les barrières et bornes urbaines. Un marché sur lequel opère le groupe français LBA (La Barrière Automatique-Amco Les Escamotables-Security by Design). Ce groupe compte 130 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2019. Il résulte du rapprochement de La Barrière Automatique et d’Amco les Escamotables, spécialiste de la fourniture de bornes. À l’heure de la piétonnisation des rues, ce groupe se prépare à démocratiser l’installation dans les villes de nouvelles bornes escamotables communicantes. Bien sûr, ces produits intéressent également la protection périmétrique des grands sites industriels ou logistiques.

… et faciles à déployer

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Cette borne escamotable résiste à l’assaut d’une voiture-bélier. © Groupe LBA

À l’instar de ce modèle de 60 centimètres de hauteur appelé « ALE A25-60 ». En cours d’industrialisation, l’entreprise prévoit de le commercialiser dès septembre prochain. En acier brossé, cette borne résiste à une voiture bélier de 1,5 tonne roulant à 50 km/h. « Pour favoriser son adoption, cette borne escamotable s’installe, se raccorde et se pilote aussi facilement que nos barrières », fait savoir Jean-Marc Sanchis, directeur commercial et marketing du groupe LBA.

Démocratisation des bornes escamotables

Tout comme ses barrières, sa nouvelle borne communique en mode filaire avec la même centrale de pilotage ONE-C. Un équipement consultable et programmable à distance. Même schéma d’installation pour les barrières LBA. Autre atout de cette borne escamotable, son paramétrage en usine. « En outre, son prix est quasiment  divisé deux par rapport aux autres modèles du marché », indique Jérôme Murolo, en charge des produits de sécurité chez Amco Les Escamotables. De quoi intéresser son réseau d’installateurs. Lequel compte un millier de professionnels spécialisés jusqu’à présent essentiellement dans la pose de barrières. Avec cette nouvelle borne qui en reprend le même schéma d’installation, les installateurs vont donc étoffer leur catalogue et répondre aux besoins des villes qui veulent sécuriser les rues piétonnes. Même intérêt pour les sites industriels et logistiques.

Borne amovible manuellement

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Ces bornes amovibles sont manutentionnables par deux sapeurs-pompiers. © Groupe LBA

Par ailleurs, le groupe LBA se prépare à déployer pour la ville de Paris de nouveaux modèles de bornes amovibles en acier ALE R22-100-C50. Capables de résister à un camion de 7,5 tonnes roulant à 50 km/h, celles-ci sont faciles à installer et réclament une profondeur de fouille de 33 cm seulement. Ces caractéristiques répondent au cahier des charges rédigé par la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Surtout, cette borne amovible dispose d’un système de préhension qui permet à deux pompiers de l’enlever manuellement, sans recourir à un engin de levage.

Eliane Kan

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