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Sûreté et sécurité

Transports publics : un logiciel de détection des armes à feu

La PME française Evitech innove avec un logiciel capable de repérer des armes à feu à partir d’un réseau de caméras de vidéosurveillance. En combinant des algorithmes d’intelligence artificielle à une base d’apprentissage d’armes à feu, son logiciel est capable de différencier un téléphone portable d’un pistolet.

Pour lutter contre le terrorisme et les attaques à main armée dans l’espace public, la PME française Evitech dévoile sa dernière innovation. Connue pour sa technologie capable de scruter les fan zones, elle a mis au point un logiciel qui détecte les armes à feu. Destiné à être installé sur le réseau existant de caméras de vidéosurveillance d’un espace public, ce logiciel d’intelligence artificielle repère les agressions à main armée. En cas de situation dangereuse, le PC de sécurité concerné est alors immédiatement alerté pour améliorer la réponse des forces de l’ordre. De quoi intéresser les établissements recevant du public mais aussi les aéroports, les gares ou encore les grands événements. 

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Des tests ont été menés avec l’armée en juillet 2020 pour détecter les armes. © Evitech

Des tests avec l’armée

L’aventure débute fin 2018, avec la création du projet de R&D collaboratif DRAAF. Pour mener à bien cette expérience, la start-up s’est associée à des unités de recherche publique prestigieuses comme l’INRIA (1). Ou encore l’école normale supérieure, le CNRS (2) et le centre de recherche en informatique, en image et automation GREYC. Ensuite durant deux ans, Evitech a réalisé des tests pour garantir la fiabilité de son logiciel. Comme par exemple en juillet dernier où l’armée a pu éprouver la solution sur son site de Versailles. 

Une solution pour sécuriser les transports en commun

Il faut savoir que l’entreprise vise en premier lieu les espaces publics comme les gares et les stations de métro. Lesquels ne possèdent pas de portiques de sécurité pour détecter un individu armé. 

Des caméras réseaux sans IR

Il faut aussi compter sur le fait que « des réseaux tels que ceux de la SNCF et la RATP ne bénéficient pas de caméras de vidéosurveillance thermiques ou infrarouges. Et se contentent de simples caméras couleurs », précise Laurent Assouly, directeur marketing d’Evitech. De fait, toute la difficulté d’une telle application réside dans le fait que les images qui en résultent s’avèrent de très faible résolution. Et donc difficiles à exploiter pour détecter des armes à feu. 

Des algorithmes combinés

Pour parvenir à ce résultat, la start-up a donc combiné plusieurs technologies. « Pour reconnaître une personne portant une arme, nous utilisons des algorithmes de traitement de l’image comme la recherche de personne, l’identification des membres, la recherche de la posture et la détection d’objets », développe Laurent Assouly.

Le risque de confusion avec un simple objet

Autre difficulté, le risque de fausse alarme : « Il est vite arrivé de confondre un objet de petite taille comme un téléphone portable qui dépasse d’une poche avec une arme à feu », remarque le directeur marketing. Surtout dans une image à faible résolution, il est souvent peu aisé de différencier les objets. 

Une gigantesque base de données d’armes

Pour y remédier, l’entreprise a donc construit une vaste base de données d’images d’armes. « Nous travaillons avec la plateforme de Crowdsourcing Isahit. Basée à Madagascar, celle-ci emploie des femmes qui analysent des dizaines de milliers d’images. De sorte à identifier les armes et les objets qui n’en sont pas. Ce qui constitue une base d’apprentissage qui nous permet de diminuer le risque de confusion et donc de fausse alarme », indique Laurent Assouly. 

Des tests à venir cette année dans les transports

Pour l’heure, la solution fait partie du logiciel de surveillance intelligente Lynx. Cette année, il fera l’objet de tests de longue durée sur des sites publics comme les transports en commun. 

Ségolène Kahn

(1) Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique

(2) Centre national de la recherche scientifique

 

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