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Sûreté et sécurité

Stéphane Ayala (HID Global) : « Les documents d’identité vont pouvoir être personnalisés à l’unité »

Interview du responsable R&D Documents de sécurité chez HID Global qui vient de créer le LAMCID (Lasers, matériaux et couleurs pour les documents d’identité des citoyens), un laboratoire commun avec le laboratoire Hubert Curien. Objectif : réduire la contrefaçon en travaillant sur les matériaux, le processus laser et le développement d’algorithmes.

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Stéphane Ayala est responsable R&D Documents de sécurité chez HID Global. © HID Global

En quoi le Laboratoire Hubert Curien a-t-il intéressé HID Global ?

En 2015, HID Global a racheté la société la société Arjo Systems qui avait déjà pris contact avec le laboratoire Hubert Curien qui est un laboratoire commun à l’Université de Saint-Etienne, au Centre national de la recherche (CNRS) et de l’Institut d’optique pour étudier les possibilités du laser dans la sécurisation des documents d’identité. Contrairement à l’impression où l’on dépose de l’encre, le laser personnalise le document d’identité en brûlant de la matière – des couches spéciales de polycarbonate enrichi en carbone – dans son épaisseur afin de créer une photo ou d’écrire en noir et blanc. Ce procédé sécurise donc davantage les documents d’identité que les simples technologies d’impression. En effet, il est impossible de gratter le document pour le falsifier. En 2018, j’ai récupéré la partie R&D de HID Gobal et j’ai intensifié les relations avec le Laboratoire Hubert Curien

Dans quel objectif ?

Dans celui de développer de nouveaux traitements d’image, de générer des éléments de sécurité novateurs et difficiles à contrefaire. Nous explorons de nouveaux concepts de feuilles de polycarbonates multicouches avec des encres et des solutions innovantes. Habituellement, la personnalisation laser fournit une impression d’une très haute résolution qui peut produire des images détaillées en niveaux de gris. Mais pour générer des couleurs avec le laser toujours dans l’épaisseur du document, le polycarbonate ne suffit pas.

A quel stade technique en êtes-vous ?

Nous avons déposé trois brevets portant sur la possibilité de créer plusieurs images dans le document qui varient selon l’angle de vue. Par exemple, on obtient un visage qui se transforme en un pays ou une date de naissance si l’on incline le document de 30°. Un peu comme un hologramme. La différence, c’est que les images pourront être personnalisées document par document. Ce qui rajoute de la complexité à la contrefaçon.

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Vue du laboratoire LAMCID. © HID Global

Comment se développe le laboratoire LAMCID ?

Nous avons embauché à plein temps deux thésards du Laboratoire Hubert Curien de l’université de Saint-Etienne qui poursuivent les travaux démarrés dans le cadre de Conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE). Comme les projets s’enchaînaient, nous avons inauguré en juin dernier le LAMCID, un laboratoire commun avec le Laboratoire Hubert Curien et l’Institut d’optique, inauguré en juin 2022. Dans ce cadre, nous avons rapatrié des équipements de laboratoire à l’université de Saint-Etienne. Aujourd’hui, ce laboratoire donne accès à la réalisation complète, à petite échelle, d’une carte en suivant des processus de fabrication similaires à ce qui se fait dans l’industrie. Nous donnons la possibilité aux étudiants de réaliser une Smart Card directement sur place. Pour eux, c’est plus rapide et plus concret. Par ailleurs, nous devrions embaucher très prochainement un autre thésard en CIFRE.

Quels sont vos projets ?

Nous poursuivons nos recherches sur l’exploration de nouveaux matériaux et leurs techniques de déposition afin d’améliorer la qualité des images encodées tout en facilitant le mode d’observation. L’inscription laser doit également être optimisée, notamment par la recherche des paramètres laser les plus performants, donnant les meilleures couleurs et la meilleure répétabilité. A cause des procédés complexes à l’œuvre dans la création de ces couleurs, et leur apparence inhabituelles, les techniques classiques visant à améliorer la qualité des images produites ne sont plus applicables, et nécessitent l’invention de nouvelles méthodes.

Propos recueillis par Erick Haehnsen

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