Gérer les risques
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Risques industriels et environnementaux

Risques environnementaux : le classement des menaces qui pèsent sur le monde

Chaque année, l’assureur Axa dresse un classement des risques que le monde va devoir affronter. Sans surprise, fin 2020, c’est la pandémie qui s’est imposée devant le climat et les cyberattaques. Mais ce qui préoccupe le plus les experts du rapport reste « l’interconnexion des risques »...

Quelle bombe à retardement va exploser la première ? En 2019, n’importe qui aurait parié sans hésitation sur le réchauffement climatique. Or c’était sans compter sur l’apparition d’un mystérieux virus dans un marché à Wuhan en Chine. Déclenchant une crise mondiale sans précédent à laquelle personne n’était préparé. Ainsi le classement des risques oscille-t-il dangereusement. En un an, c’est le risque pandémique qui s’est imposé, devant le climat, les cyberattaques et le terrorisme. Comme le révèle le « Future Risk Report 2020 » d’Axa sur les risques majeurs à anticiper dans les 5 à 10 années à venir. Pour y répondre, l’assureur a mené une vaste enquête, interrogeant 2 700 experts et 20 000 personnes dans 54 pays. 

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San Francisco ravagé, après les incendies du Labor Day en 2020. © Patrick Perkins / Unsplash

Le risque pandémique trop longtemps « sous-évalué »

En tout état de cause, le risque de pandémies et de maladies infectieuses passe de la huitième place en 2019 à la première aujourd’hui. Viennent ensuite les cyberattaques, les tensions géopolitiques (y compris une guerre numérique entre États) ainsi que les conflits sociaux. Ce qui témoigne du « sentiment de vulnérabilité du grand public face aux problèmes de santé », peut-on lire dans le rapport. Il faut dire que « la santé était sous-évaluée dans les rapports précédents», reconnaît Thomas Burbel, PDG d’Axa.

Une entrée tardive dans le classement des risques mondiaux 

Ce n’est qu’en 2018 que l’Organisation mondiale de la santé s’interroge sur l’émergence d’un pathogène se transmettant rapidement. L’organisme ajoute cette « maladie X » à sa liste des sept fléaux. Et ce, dans le cadre de son plan d’action prioritaire contre un « danger mondial ». Dans ce contexte, fin 2019, l’université américaine Johns-Hopkins ont imaginé un scénario catastrophe. Ses chercheurs modélisèrent une pandémie due à un coronavirus parti du Brésil, faisant 65 millions de morts. Quant à la Banque mondiale, cela fait plusieurs années qu’elle alerte sur les pandémies représentant « l’une des plus grandes menaces pour les économies ». 

Le climat, un risque majeur

Seconde urgence, le risque climatique reste une préoccupation majeure. Or, face à l’urgence sanitaire en 2020, son combat a faibli en 2020. Comme en témoigne le report de plusieurs grands rendez-vous internationaux. Toujours est-il que le rapport d’Axa met à jour un paradoxe : « Les experts européens considèrent toujours le changement climatique comme le plus grand risque émergent pour la société, et le classent même au-dessus du risque lié aux pandémies. Mais une proportion d’experts nord-américains qui considèrent le changement climatique comme un risque émergent majeur a chuté à 46 %, contre 71 % l’année dernière. »

La cybermenace favorisée par la pandémie

Enfin, sur la scène des menaces mondiale se tient le cyber-risque. Il faut savoir que depuis la crise du Covid-19, la plupart des organisations ont dû placer leurs salariés en télétravail pour maintenir à flot leurs activités. Privés de l’infrastructure de sécurité informatique de leur entreprise, nombreux sont les employés qui se contentent de leur laptop pour travailler de chez eux. Or leurs boucliers restent insuffisants face à une cyberattaque. Le rapport souligne ainsi que neuf organisations sur dix en France souffrent d’une attaque à plus ou moins grande échelle. 

Le forum économique mondial déplacé à Singapour

Face à des risques d’une telle ampleur, Thomas Burbel estime que « les assureurs ne peuvent pas couvrir seuls des risques si systémiques, globaux et complexes. L’intervention des États et de solutions technologiques sont nécessaires ». En mai prochain, se tiendra le forum économique mondial non plus à Davos mais à Singapour. A cette occasion, sera dévoilé le rapport des risques globaux (Global Risks) vus par le monde économique. L’année dernière, l’inaction climatique occupait la première place. Et ce, devant les armes de destruction massive et la perte de biodiversité. Quant aux cyber-attaques, elles se contentaient de la huitième place et les maladies infectieuses de la dixième.

Une interconnexion de tous les risques

Quoi qu’il en soit, une tendance préoccupante se démarque. À savoir « l’interconnexion croissante des risques », déplore le patron d’Axa. Ainsi le télétravail dû à la pandémie constitue-t-il, par exemple, un terreau fertile pour les cyberattaques. La crise sanitaire, paralyse tout un plan de l’économie. Allant de la restauration au tourisme en passant par la musique et la culture, elle plonge de nombreux nombreux pays dans la récession et ses habitants dans la misère. Et c’est sans compter sur le réchauffement climatique lorsque les températures dépasseront les seuils acceptables pour l’Homme.

Ségolène Kahn

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