Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Un robot de surveillance et d’inspection as a Service

Plutôt que de vendre son drone roulant GR100, Génération Robot le commercialise en mode locatif comme une application. Point fort, il réalise des patrouilles automatiques aussi bien pour la détection périmétrique que pour l’inspection d’installation.

Rompu à la fabrication en sous-traitance de robots pour l’industrie et le nucléaire sur cahier des charges de ses clients depuis 2008, Jérôme Laplace, PDG de Génération Robots (CA : 5,5 millions d’euros en 2021 ; 25 salariés), a décidé de rouler pour lui-même. Ou plutôt de faire rouler son propre robot d’inspection et de surveillance sous sa propre marque, Running Brains. « En 2018, j’ai eu des demandes de la part d’industriels pour un robot extérieur de détection périmétrique et d’inspection des installations, explique le PDG de Génération Robots, basée à Mérignac, près de Bordeaux (33). J’ai étudié les marchés de la sécurité et de l’inspection. Après trois ans de R&D, notre drone roulant, le GR100, fait les deux et c’est ce qu’il le rend intéressant. »

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Doté de six caméras et d’un Lidar, le GR100 transmet via 4G, 5G ou Wifi les images vidéo en temps réel à un opérateur. © Generation Robot

Un drone éclaireur

Il est vrai qu’automatiser la sécurité périmétrique et, en même temps, la surveillance préventive des installations d’un site est complexe. En effet, les patrouilles automatiques réclament de percevoir l’environnement, s’adapter aux conditions climatiques changeantes, évoluer sur un sol irrégulier, détecter des obstacles statiques, réagir face à un obstacle en mouvement… « L’usage d’un robot autonome donne accès, en continu, à un contrôle fiable sur un périmètre de sécurité étendu », reprend Jérôme Laplace. Départ de feu, explosion, fuite d’agents toxiques, intrusion, vol d’équipements, dégât des eaux, panne technique, température anormalement élevée… le GR100 agit comme un « éclaireur » afin de garantir la sécurité des agents de sécurité. L’équipe sur place dispose ainsi des moyens pour évaluer le degré de dangerosité de l’incident. Entièrement autonome, le robot de surveillance procède à la levée de doute et apporte en temps réel des informations précises sur la zone identifiée.

Six caméras et un Lidar embarqués

De fait, le GR100 dispose de quatre roues motrices afin de circuler en tout-terrain et par tous les temps. Il embarque pas moins de six caméras. À savoir quatre caméras grand angle pour une surveillance à 360°, une caméra thermique et une caméra infrarouge avec zoom optique. Ces différentes caméras assurent une utilisation de jour comme de nuit. « Pour le faire fonctionner, une prise électrique de recharge suffit. Et, grâce à une télécommande, on lui fait faire tour du site. Équipé de son Lidar 3D (laser), il reconstruit alors la cartographie des lieux dans laquelle il saura ensuite évoluer de manière autonome pendant 4h30 d’affilée (pour 1h30 de charge), décrit Jérôme Laplace. En une seule journée, le robot est opérationnel. » En cas d’accident ou de danger, le GR100 transmet via 4G, 5G ou Wifi les images vidéo en temps réel à un opérateur. Le cas échéant, l’agent de sécurité utilisera le drone pour parler directement aux intrus. Si un accident industriel survient, le robot transportera également de petites charges dans ses coffres (trousse de secours, défibrillateur, extincteur…) qui faciliteront les premiers secours sur site.

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Le GR100 sert aussi bien à la détection périmétrique qu’à l’inspection d’installations industrielles. © Generation Robot

Une formule locative

Assemblé en Nouvelle-Aquitaine à Mérignac, le GR100 intègre des caméras et des moteurs allemands. « Pour notre part, nous avons élaboré le système de cartographie, de navigation, de localisation. Sans oublier les algorithmes d’intelligence artificielle que nous avons développés pour la détection de personnes, de véhicules, la lecture automatique de plaques d’immatriculation (LAPI) qui ont pour originalité d’être conçus non pas pour des caméras statiques mais des caméras en mouvement, confie le PDG de Génération Robot. Nous avons testé pendant un an deux robots chez Enedis et Axa, par tous les temps aussi bien de jour que de nuit. Ils ont ainsi parcouru 18 000 km et réalisé 100 000 mesures d’inspection en thermographie. Nous n’avons eu qu’à changer les pneus. » Quant aux données acquises, elles sont stockées par défaut en France dans le cloud souverain de Génération Robot, validé par l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). « Mais les données appartiennent à nos clients. Nous pouvons aussi installer notre superviseur dans le cloud du client, reprend Jérôme Laplace. Par ailleurs, le robot n’est pas vendu mais loué (3 500 euros HT par mois). » Intérêt de cette formule Robot as a Service (RaaS) : le client bénéficie d’un drone opérationnel, du cloud, des applications, de la maintenance, les évolutions régulières du logiciel.

Erick Haehnsen

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