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Sûreté et sécurité

CSF Industries de sécurité : c’est parti !

En marge du FIC 2020, le contrat stratégique de filière « Industries de sécurité » a été signé en deux temps mercredi 29 janvier par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, et Marc Darmon, président du CSF Industries de sécurité et DGA de Thales. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a apposé sa signature le lendemain matin.

Photo d’une photo illustrant l’acte de naissance du CSF-IS

Pré-naissance mercredi 29 janvier du CSF-IS grâce à la signature du contrat par Marc Darmon (gauche), Agnès Pannier-Runacher et Philippe Goti (CFE-CGC). Le contrat sera effectif le lendemain avec la signature de Christophe Castaner. © Agence TCA

Il y a comme un vent nouveau qui souffle dans le monde des Industries de sécurité depuis la fin janvier. En effet, mercredi 29, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et Marc Darmon, président du CSF Industries de sécurité, DGA de Thales et président du Conseil des industries de la confiance et de sécurité (CICS) ont signé en marge du Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille le contrat qui a amorcé la naissance du Comité stratégique de filière (CSF) des Industries de sécurité (CSF-IS). Naissance confirmée le lendemain matin par Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Une bonne nouvelle : avec 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 151 000 salariés, selon le ministère de l’Économie et des Finances, les industries de sécurité constituent un secteur qui pèse lourd dans l’économie française. « Lorsque l’on parle de filières industrielles, tout le monde s’attend à ce qu’on parle de l’Automobile, de l’aéronautique ou de l’énergie mais pas des Industries de sécurité », reconnaissait Dominique Legrand, président de l’Association nationale pour la vidéoprotection durant les Universités de l’AN2V le 30 janvier dernier..

 

Photo de Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust eu FIC 2020.

« Il faut faire rêver nos industriels », estime Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust. © Agence TCA

L’esprit « équipe de France »

« Il faut faire rêver nos industriels en faisant émerger des leaders de la cybersécurité en France et en Europe et faire de la France une cybernation, exhorte Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust, le groupe des entreprises innovantes du cloud de confiance et PDG de Wallix (logiciels de cybersécurité, gouvernance des comptes à privilèges). De tous temps, les grandes entreprises ont créé des écosystèmes. Et la cybersécurité fait pleinement partie de la filière des Industries de sécurité. » Bref, l’heure n’est plus au « chacun pour soi ». En charge du projet « cybersécurité et sécurité de l’IoT » du CSF-IS, Jean-Noël de Galzain a annoncé, en plénière du FIC, le lancement d’une initiative commune entre Hexatrust, l’Alliance pour la confiance numérique (ACN) : la mise en place d’un groupe de travail composé de personnalités représentatives de l’écosystème en vue de créer le réseau Gallia, future plateforme numérique destinée à fédérer la communauté de la cybersécurité française.

Photo de Guillaume Poupard, DG de l’ANSSI.

Guillaume Poupard (ANSSI) : « Notre avenir passe par l’Europe et par l’esprit « équipe de France ». » © Agence TCA

Message reçu 5/5 par Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) : pour que le coq gaulois ne soit pas inféodé à des super-puissances étrangères, « notre avenir passe par l’Europe et par l’esprit « équipe de France ». Nous construisons cette Europe souveraine. Il y a trois ans, on n’osait même pas en parler. Aujourd’hui, cette Europe se bâtit sur ses valeurs, une éthique et une vision de la liberté qui lui sont propres. » Quant à l’esprit équipe de France, il « existe depuis longtemps […]. L’ANSSI partie du Comité stratégique de filière des industries de sécurité. » Pour Jacques Roujansky, délégué permanent CSF-IS et délégué général du Conseil des industriels de la confiance et de la sécurité (CICS) : « Il y a vraiment un nouvel état d’esprit car, désormais, c’est l’industrie qui donne les sujets de travail et mobilise l’État. » Cela change tout.

 

Photo de Jacques Roujansky (CICS, CSF-IS)

Jacques Roujansky (CICS, CSF-IS) : « Assurer assurer un leadership français éthique sur la sécurité de la ville intelligente et connectée constitue une alternative aux GAFAM. »
© D.R.

Cinq projets structurants

Le CSF-IS représente la 18ème filière labellisée. Son périmètre d’action est large : de la cybersécurité à la lutte contre le terrorisme, en passant par la sécurité des territoires ou la protection des infrastructures et des réseaux. La filière rassemble les entreprises qui développent des produits et services technologiques de sécurité, des grands groupes leaders mondiaux jusqu’aux PME, aux startups innovantes et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI). Parmi les projets, citons, le campus cyber, dont la préfiguration a été confiée à Michel Van Den Berghe, qui offrira un lieu physique pour fédérer l’écosystème de la cybersécurité. A côté de cela, le contrat du CSF-IS se décline en cinq projets structurants qui font l’objet d’engagements réciproques entre l’industrie et l’État.

A commencer par la sécurité des grands événements et des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ; la cybersécurité et sécurité de l’Internet des objets (IoT) ; l’identité numérique : clef de voûte de l’économie numérique afin de répondre aux enjeux de la lutte contre la fraude, de la protection des données personnelles et de la souveraineté numérique ; les territoires de confiance pour assurer un leadership français éthique sur la sécurité de la ville intelligente et connectée, au travers de solutions globales pour les collectivités et les sites ; enfin, le numérique de confiance pour structurer des offres industrielles compétitives capables de répondre aux besoins des entreprises et de l’État dans le numérique.

« Il y a un changement de ton quand on parle de cybersécurité : désormais, les messages sont positifs, estime Eric Hazane, chargé de la mission Territoires à l’ANSSI. On n’est plus dans la transition numérique, ni même dans la transformation numérique mais bien dans la métamorphose numérique. Car tous les systèmes numériques de la Smart City, s’ils ne sont pas maîtrisés, constituent de très grandes menaces pour notre économie et notre société. Entreprises, organismes d’importance vitale, opérateurs de services essentiels, collectivités locales… il existe un écosystème qui se métamorphose avec le numérique et cherche à se fédérer eu niveau européen. »

Erick Haehnsen

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