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Risques industriels et environnementaux

Projet de loi Detox : en finir avec les produits chimiques dangereux pour la santé et l'environnement

Porté par le député Jean-Louis Roumégas, le projet de loi Detox devrait être présenté à l'Assemblée nationale jeudi prochain. Cette loi voudrait répondre aux attentes des associations de consommateurs et de protection de l’environnement.

Composés organiques volatiles (COV), pesticides, métaux lourds, nanomatériaux, additifs alimentaires…. ces substances font parties des cancérogènes, reprotoxiques, mutagènes (CMR) et autres perturbateurs endocriniens d’origine chimique que l’on retrouve dans l’air, l’eau, les aliments, les produits de beauté et d’entretien, les vêtements, les meubles et les jouets pour enfants. « Pour lutter contre l’épidémie de maladies chroniques, protégeons nos populations ! », lance Jean-Louis Roumégas, député du groupe Écologiste de l’Hérault, qui propose la loi  »Detox ». Dont il est prévu qu’elle soit débattue le 14 janvier dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. « Le XXIème siècle doit être celui de l’hygiène chimique », avait déclaré, pour part, François Hollande, lors de la Conférence environnementale de novembre 2014.
Une chose est sûre : « Le monde fait face à une épidémie de maladies chroniques. La France n’est pas épargnée : cancers, diabète, obésité, maladies respiratoires ou cardio-vasculaires fragilisent nos populations et notre système de santé, ajoute le député. La communauté scientifique a accumulé les preuves du lien entre les maladies chroniques et la pollution de l’environnement. L’Organisation mondiale de la santé évalue à 8% de la mortalité mondiale les décès liés aux substances toxiques. » En France, le coût sanitaire de la pollution de notre air intérieur (logements, lieux de travail, écoles…) est estimé à 19 milliards d’euros par an. Selon Jean-Louis Roumégas, « nous faisons barrage à un tsunami avec des châteaux de sables : 143.000 substances chimiques circulent dans l’Union européenne, or le règlement européen REACH, censé nous protéger des substances toxiques, n’en a, à ce jour, soumis à autorisation que 31. »
Au XIXe siècle, la France avait répondu à l’épidémie de maladies infectieuses par une action sur l’environnement et une éducation à l’hygiène. « La révolution hygiéniste nous a sauvés. Combien d’années faudra-t-il avant de répondre à nos concitoyens qui, étude après étude, découvrent qu’ils sont exposés aux toxiques dans leur alimentation, leurs vêtements, leurs meubles, leurs produits de beauté, leurs poches de perfusion à l’hôpital ou les jouets de leurs enfants ? », ajoute Jean-Louis Roumégas.
Sa proposition de loi consiste à imposer aux entreprises un audit chimique des substances toxiques qui ne sont encadrées par aucun règlement. En contrepartie, l’Etat incite les entreprises à substituer leurs substances toxiques par des substances sans danger pour la santé et l’environnement. Une mesure d’étiquetage des produits de consommation courante qui sont déconseillés aux femmes enceintes est aussi prévue : « Une femme enceinte doit-elle se promener avec les rapports d’avertissements sanitaires sous le bras ?, poursuit Jean-Louis Roumégas. A ceux qui considèrent que la France doit attendre un battement de cils de la Commission européenne pour agir, je veux dire ceci : cette posture désespère les populations, qui l’expriment dans les urnes. » La Commission européenne a d’ailleurs été condamnée, le mercredi 16 décembre, par la Cour européenne de Justice, pour son inaction en matière de lutte contre les perturbateurs endocriniens… La loi Detox sera examinée le 14 janvier à l’Assemblée nationale.

Erick Haehnsen

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