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Santé et qualité de vie au travail

PE et TPE : la question des risques professionnels cherche encore son rythme de croisière

Une récente étude réalisée par l'institut Viavoice pour le compte de l’INRS montre que le stress lié aux questions financières de l’entreprise a progressé de 6 points depuis 2010, tandis que celui qui est lié aux questions de santé et de sécurité au travail a reculé de 2 à 5 points, chez les patrons de petites et de très petites entreprises (PME et TPE).

Pour la troisième fois depuis 2007, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a commandé une étude à destination des dirigeants d’entreprises françaises de moins de 50 salariés dans le but de mesurer leur connaissance, perception et sensibilité aux questions de risques professionnels ainsi qu’à la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles. Plus de 1.000 chefs d’entreprise ont été interrogés, dont 652 dans des petites entreprises (de 10 à 49 salariés) et 350 dans de très petites entreprises (de 0 à 9 salariés). La dernière étude en date avait été réalisée en 2010.

Recul relatif des risques. En parcourant les conclusions du document, il est indéniable que la situation s’est améliorée. Ainsi, l’enquête montre que 46 % des TPE (Très petites entreprises) et 90 % des PE (Petites entreprises) ont établi leur document unique, contre (respectivement) 32% et 83% en 2010. Il faut également souligner que les chefs d’entreprise sont aussi plus nombreux à avoir mis en oeuvre des mesures de prévention (61% pour les TPE, 93% chez les PE). Résultat : la probabilité de survenance de certains risques se réduit. Du coté des PE, exactement 4 risques ont perdu de leur intensité : celui lié à la méconnaissance des règles, celui lié à la manipulation des outils de production, celui lié aux brûlures et celui lié à l’absence d’Équipements de protection (EPI). À chaque fois, le danger a diminué de 2%. Du coté des TPE, seuls 2 risques ont fait un bond significatif en arrière : celui lié à l’inattention des salariés (-3%) et celui lié à la consommation de stupéfiants, d’alcool et de tabac sur le lieu professionnel (-2%). Du coup, la pression retombe un peu chez les dirigeants de ces entreprises dont l’anxiété trouve essentiellement son origine dans les problématiques financiers.

Regain d’accidents de la route, de chutes et de stress. Il n’est pourtant pas encore temps de se reposer sur ses lauriers. Particulièrement au sein des PE qui souffrent d’une vive augmentation du risque lié aux déplacement. Tous secteurs confondus, le score atteint 21% (contre 16% en 2010), sachant que la situation se révèle particulièrement inquiétante dans les domaines spécifiques du transport (qui passe de 24% à 38%). Par ailleurs, le risque de stress au travail évolue de 6% à 9% et celui lié à l’activité physique passe de 6% à 11% au sein de ces petites structures. Le constat s’avère moins dramatique du coté des TPE de 1 à 9 personnes, sauf – là encore – en matière d’accident de la route, dont le probabilité d’apparition a bondit de 14% à 21%. Autre problème, au sein des TPE : la tendance générale des dirigeants à remettre en cause l’intérêt du document unique (53% ne l’ont pas établit contre 9% seulement en ce qui concerne les PE), au motif principal que leur activité leur semble dénuée de risque. Par ailleurs, pour des raisons différentes, la majorité des PE et TPE n’ont pas encore désigné un salarié compétent en santé et sécurité au travail (62% au sein des TPE et 52% au sein des PE).

Guillaume Pierre

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