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Sûreté et sécurité

Ludovic Parisot (Engie) : « Le hacking pour prendre le contrôle d'un drone menaçant »

Interview de Ludovic Parisot, directeur de projet Innovation au sein de Engie (anciennement GDF-Suez) qui vient d'organiser, en avril dernier, un Hackathon sur les drones.

Pendant trois jours des équipes pluri-disciplinaires se sont affrontées pour développer des technologies avancées consacrées aux drones. En organisant cet événement en avril dernier, quelles étaient les attentes du groupe Engie ? 

Ce hackathon va aider nos filiales à accélérer leurs développements technologiques afin de répondre à leurs besoins métier et à développer de nouvelles activités commerciales chez nos clients. Dès l’annonce du hackathon, les participants ont su quels seraient les thèmes sur lesquels ils allaient concourir. A savoir l’anti-collision pour éviter que le drone se brise sur des obstacles, la neutralisation des drones malveillants, la prise de mesures à distance et le repérage d’anomalies (rouille, déformations, etc) sur les tuyaux et autres infrastructures. Les équipes lauréates vont désormais s’atteler pendant six mois à transformer les concepts en prototypes préindustriels.

Quelles avancées ont été accomplies durant ces journées dans le domaine de la neutralisation des drones et de l’anti-collision ? 

L’équipe gagnante en matière de neutralisation de drones a conçu une technologie de hacking pour prendre à distance le contrôle des drones. Le principe, c’est d’entourer la zone surveillée de détecteurs qui vont dépister l’utilisation des bandes passantes habituellement employées par les drones. Et ce, afin de neutraliser l’aéronef. Reste à déterminer si cette prise de commande sera faite par le biais d’un programme informatique ou d’un opérateur, sachant que la loi impose d’avoir un pilote derrière chaque drone. Ces développements ont d’ailleurs été menés en présence de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et de l’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) qui veillent au respect de la réglementation. Nous bénéficions aussi du partenariat de Centre d’expertise drones de l’Armée de l’Air qui va incuber, à Salon-de-Provence, les projets consacrés à la neutralisation des drones et à l’anti-collision. Sur ce second thème, l’équipe gagnante a développé une technologie à base de trois émetteurs à ultrasons qui créeront autour du drone une bulle protectrice. Le drone pourra ainsi détecter les obstacles et les éviter.

Combien de personnes avez-vous réunies durant ce hackaton ? 

Nous avons eu 200 participants répartis en 28 équipes, composées majoritairement d’étudiants en mathématique, ingénierie, informatique, etc … provenant de l’Epitech, l’Ecole 42, l’Ecole des Pont ParisTech, Sup Télécom, etc. Les membres des 5 équipes lauréates ont gagné des prix et seront incubés sur plusieurs sites. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement au plan technologique et logistique durant six mois. Une feuille de route a été dressée afin de prendre en compte les contraintes personnelles de chacun. Il s’agit d’un mode de développement hybride et collaboratif. Dans tous les cas, les développements resteront leur propriété et un protocole, signé par les deux parties, permettra, à la fin de l’aventure, de stabiliser des modalités d’exploitation des résultats obtenus. Nous sommes ouverts à toute proposition.

Allez-vous rééditer cet événement l’an prochain ? 

Oui mais pas sur le thème des drones, sachant que l’an dernier nous avions créé un événement sur la ville intelligente. L’an prochain nous aborderons très certainement un autre thème en cohérence avec les axes stratégiques d’innovation d’Engie.

Propos recueillis par Eliane Kan

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