F. Baffou (Cesa Drones) : « L’avenir des drones réside dans leur déploiement pour l’industrie »

Depuis quand le projet Cesa Drones existe-il ?
Depuis 2009. Il s’est développé dans le sillage du Centre d’essais et de services dédié aux essais en vol et au développement des systèmes autonomes. Il a été financé sur fonds publics grâce à une étroite collaboration entre la technopole Bordeaux Technowest, la DGAC-SO (Direction générale de l’aviation civile – sud-ouest), le Conseil régional d’Aquitaine et le ministère de la Défense.
Quelle est sa mission ?
Avec le développement des technologies du drone dans le domaine civil (engins de moins de 150 kg), il est devenu nécessaire de trouver des terrains d’essais tant pour les drones eux-mêmes que pour les technologies embarquées (caméras vidéo, appareils photos, capteurs…). Un espace de 25 km² a été mis a été mis à notre disposition dans le camp militaire de Souge (33), l’héliport de Dax (40) et, encore en discussion à Montalivet (33). A Souge, se trouve une piste de 800 m de long. Pour notre part, nous disposons aussi d’un camion mobile qui comporte toutes les fonctionnalités nécessaires à la préparation et au contrôle des drones. Nous pouvons donc tester les drones eux-mêmes ainsi que le matériel qu’ils embarquent.
Quels développements envisagez-vous pour cette nouvelle société ?
Je tiens à ce que l’entreprise conserve l’esprit de mission d’intérêt général de ses fondateurs. A ce titre, la technopole Bordeaux Technowest est – et restera – majoritaire dans la SAS. En revanche, la jeune société devra avoir sa propre autonomie financière. Une nouvelle mission nous attend : former des télépilotes. , Dans ce cadre, nous participerons à l’élaboration d’un diplôme qui attestera de cette nouvelle qualification.

Quel marché la SAS cible-t-elle ?
Dans un premier temps les assureurs. A cet égard, nous avons signé hier un accord-cadre avec Gan Assurances qui compte prescrire Cesa Drone pour tester les appareils et les télépilotes. Il faut savoir qu’il n’existe pas, pour l’heure, de certification concernant la fiabilité technique des drones. Nous avons l’ambition d’apporter une solution à ce manque. D’ici deux ans, nous espérons ainsi devenir un centre officiel d’homologation de la DGAC pour les drones. Pour les clients, l’avantage de cette démarche, c’est de réduire les coûts de la prime d’assurance. D’ailleurs, d’autres assureurs nous ont déjà contactés pour bénéficier du même type d’accord.
Comment envisagez-vous l’avenir ?
Aujourd’hui, la technologie des drones est employée à 90% dans l’audiovisuel et à 10% dans l’industrie. A l’avenir, cette tendance sera inversée. Notamment pour surveiller et contrôler de très grands équipements industriels comme les lignes de chemin de fer ou les lignes hautes tensions pour EDF, GDF, la SNCF, Veolia ou Bouygues. Dans cette perspective, nous sommes en discussion pour disposer d’un nouveau terrain d’essai à Montalivet (dans le Médoc) avec un accès à la mer. Cela nous aidera à tester les appareils sur de très longues distances.

Propos recueillis par Marlène Bourderon


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