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Sûreté et sécurité

Les installateurs de la sécurité électronique s’inquiètent pour leur avenir

Chute du chiffre d’affaires, reprise incertaine des chantiers, recours au prêt garanti par l’État… Les installateurs de systèmes de sécurité électronique ont été très gravement impactés par la crise du Covid-19. Le point avec le GPMSE.

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Selon le GPMSE, 65% des installateurs de sécurité électronique ne pourront reprendre leurs chantiers tout de suite. © GPMSE

Touchés de plein fouet par la crise du Covid-19, les installateurs de systèmes de sécurité électronique remontent la pente. Alors que leur principale activité repose sur les chantiers d’installation de ces systèmes, ils ont vu leurs commandes chuter. Or, avec la reprise progressive, ils vont pouvoir enfin sortir la tête de l’eau. Leurs méthodes de travail vont-elles changer ? Pourront-ils survivre à l’impact de cette crise sur leur CA ? Pour y répondre, le Groupement professionnel des métiers de la sécurité électronique (GPMSE Installation) a réalisé une enquête auprès de ses adhérents. Détails…

Une perte du chiffre d’affaires jusqu’à 30 %

Premier constat, les entreprises du GPMSE ont subi une véritable déflagration financière due au confinement. Ainsi, elles sont 70 % à estimer la baisse de leur chiffre d’affaires annuel entre 10 et 30 % par rapport au prévisionnel. À plus long terme, 40 % d’entre elles pensent que cette baisse impactera leurs recettes en 2021.

Une reprise des chantiers impossible pour 65 %

Parmi les principales contraintes d’un retour à la normale, l’activité des installateurs repose sur le redémarrage des chantiers chez leurs clients. Or, vues les mesures sanitaires actuelles, ces chantiers ne peuvent reprendre qu’avec précaution. Ainsi plus de 65 % des sondés déclarent ne pas pouvoir reprendre l’ensemble des chantiers. Du coup, le secteur ne peut s’attendre qu’à un redémarrage très modéré. Ainsi 60 % des entreprises du GPMSE n’ont pas pu reprendre leurs salariés à temps plein. Ces derniers demeurant en travail partiel depuis le confinement.

L’importance du chômage partiel

« Néanmoins, ce dispositif de chômage partiel, institué dans le cadre de la crise sanitaire du coronavirus, est modifié dès le 1er juin, comme l’avait annoncé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, lundi 25 mai. Cette prise en charge du chômage partiel par l’État et l’Unédic passera de 100 % à 85 % de l’indemnité versée au salarié, estime Luc Jouve, président du GPMSE Installation. Nous espérons que ce changement s’accompagnera, assez rapidement, d’un redémarrage plus conséquent de l’activité dans notre secteur via la reprise possible de chantiers et l’engagement de nouvelles commandes. »

80 % des salariés maintenus en télétravail

Bien sûr, un retour au bureau ou chez les clients ne semble pas envisageable pour le moment. Les rendez-vous et les déplacements s’avérant pour l’heure limités. Le télétravail reste donc la principale marge de manœuvre pour 80 % des collaborateurs. Si tant est que leur fonction le leur permette. Quant aux équipes commerciales qui font du porte à porte, elles devront attendre encore un peu.

La moitié des sondés ont contracté un prêt garanti par l’Etat

Face à cela, l’État a dû mettre en place un dispositif de prêt garanti. Sachant que le montant a souvent atteint jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires. Une solution d’urgence à laquelle ont recouru plus de la moitié des adhérents du groupement pour renflouer leurs caisses.

Donner plus d’autonomie aux collaborateurs

Quoi qu’il en soit, cette crise sanitaire a provoqué un véritable changement dans le fonctionnement des entreprises. Tant sur le plan organisationnel que managérial. Parmi les évolutions les plus notables, 60 % des adhérents citent le télétravail. Viennent ensuite l’organisation des services travaux (30 % des adhérents). Ainsi que le consentement a une plus grande autonomie à l’égard de certains collaborateurs (30%).

Vers un avenir incertain

Reste que, malgré ces évolutions, de nombreuses inquiétudes demeurent. En particulier en ce qui concerne la durée de la récession économique. En toile de fond, près de la moitié des adhérents craignent un désintérêt général pour les dispositifs de sécurité électronique. En d’autres termes, ils redoutent que les utilisateurs ne considèrent plus ces dispositifs comme un investissement prioritaire. Ce qui impacterait surtout les petites entreprises du secteur…

Ségolène Kahn

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