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Sûreté et sécurité

Le marché de la contrefaçon coûte 8,8 milliards à l'Union européenne

L'Union européenne vient de publier deux rapports effectués par l'Ohmi, l'agence spécialisé dans la propriété intellectuelle afin de mesurer l'impact direct et indirect de la contrefaçon de sacs, bagages, montres et bijoux sur les recettes des maisons de luxe et des recettes publiques. Au total, 54.200 emplois seraient gâchés.

Qui n’a jamais été bluffé par les imitations des sac Vuitton sur les étals du marché de Vintimille à la frontière franco-italienne, le chef-lieu de la contrefaçon ? En dépit du fait qu’il est impossible de comparer la clientèle des grandes maisons de luxe avec les badauds qui se laissent tenter par une fausse montre Cartier, à défaut de pouvoir s’en acheter une vraie, il faut savoir que, en fait, le marché de la contrefaçon constitue une véritable bête noire pour les industriels du luxe. Son impact est désastreux autant pour les industriels lésés que pour les recettes publiques. L’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (Ohmi), à savoir l’agence européenne spécialisé dans la propriété intellectuelle, vient de publier deux rapports chiffrant à 7,7 milliards d’euros le manque à gagner pour les industriels au sein de l’Union européenne du fait de la contrefaçon. Avec en tête 3,5 milliards pour les bijoux et montres, et 3,2 milliards pour le secteur de la maroquinerie et articles de voyage. A cette facture, s’ajoute 1,1 milliard d’euros de recettes sociales et fiscales perdues pour les Etats-membres. Pour se donner une certaine idée de ce que pèsent ces 7,7 milliards de perte, il faut savoir qu’ils représentent un coût encore plus élevé que le chiffre mondial de la première marque de luxe au monde Louis Vuitton, victime privilégiée de la contrefaçon pour les sacs. Mais aussi près de deux fois le chiffre d’affaires mondial de Cartier, la marque la plus touchée par les contrefaçons de montres.
En ce qui concerne le secteur des montres et des bijoux de luxe, autre victime collatérale de la contrefaçon, avec 3,5 milliards d’euros de pertes, l’Ohmi a calculé que 13,5% des ventes du secteur en Europe seraient réalisées avec des objets contrefaits, soit une somme de 1,9 milliard d’euros de recettes perdue par les industriels, sans compter les 593 millions d’euros perdus pour les recettes publiques. A cela, s’ajoute une perte d’environ 15.000 emplois directs dans le secteur et 28.500 pertes d’emplois indirects.
Dans le secteur des sacs à main et des bagages, objet du second rapport, le bilan n’est pas meilleur : la perte globale est estimée à 3,2 milliards d’euros, les produits de contrefaçon rafleraient 12,7% des ventes européennes de ce secteur, soit une perte des recettes annuelles s’élevant à 1,6 milliard d’euros pour les industriels. De plus, ces ventes passées sous le nez des maisons de luxe, se traduiraient par la perte de 12.100 emplois directs et de 25.700 emplois indirects sans tenir compte ni des importations ni de l’impact sur le commerce. Mais aussi des 516 millions d’euros aux frais du contribuable.
Reste que ce sont les petites mains de l’industrie du luxe qui sont les plus touchées par cette crise car leur taille ne leur permet pas d’affronter la concurrence déloyale du marché de l’imitation. Ainsi, le président de l’Ohmi, Antonio Campinos rappelle-t-il que « dans l’Union européenne, le secteur de la bijouterie et de l’horlogerie et celui de la maroquinerie et des articles de voyage sont principalement constitués de micro-entreprises qui emploient moins de dix personnes. Dans le secteur de la bijouterie et de l’horlogerie, le nombre moyen d’employés par entreprise est de trois personnes seulement. Ces entreprises sont particulièrement vulnérables aux effets économiques de la contrefaçon. »

Ségolène Kahn

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