Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Le français Xamen Technologies passe au lancement commercial du premier drone certifié Atex

Conçu pour voler en atmosphère explosive, cet aéronef quadrimoteurs intéresse notamment les compagnies pétrolières pour l'inspection des nez de torches des sites pétroliers. De quoi diminuer les risques d'accident et limiter les coûts d'intervention.

« Avec la chute du prix du baril de pétrole, les compagnies pétrolières sont à la recherche de solutions pour réduire leurs coûts de maintenance », rapporte Philippe Barthomeuf, PDG de Xamen Technologies, un constructeur d’aéronefs télépilotés pour des applications industrielles. Installée à Pau, le bastion industriel des engins volants, cette PME d’une dizaine de personnes s’est illustrée cette année en présentant à Atlanta (Etats-Unis) le premier drone conçu pour voler en atmosphère explosive et certifié Atex zone 2. « Notre aéronef, LE 4-8X Dual, s’adresse aux pétroliers, méthaniers et industriels de la chimie ainsi qu’aux spécialistes de la maintenance de leurs sites », explique le dirigeant qui a levé cet été 1,3 million d’euros*. De quoi se développer en recrutant cinq personnes supplémentaires d’ici la fin du mois et une dizaine d’autres à la mi 2016.

Inspection des torches. A peine lancé sur le marché, le drone LE 4-8X Dual suscite déjà le vif intérêt des compagnies pétrolières qui y voient une solution de choix pour diminuer les risques d’accident du travail et mener des inspections entre deux grands arrêts de production. Lesquels ne sont prévus que tous les trois ou quatre ans seulement compte tenu des coûts qu’ils engendrent. « Le recours aux drones volants nous intéressent plus particulièrement pour contrôler le nez des torches qui servent à brûler les gaz sur les sites de production », nous indique un spécialiste du secteur. « Avec un tel drone, nous pourrons réaliser un diagnostic visuel en cas de casse et organiser plus fréquemment des opérations de maintenance afin de vérifier que le matériau de la torche n’a pas subi de déformation ni de fissure, ou qu’il n’y a pas de problème de boulons manquants, et cela, sans qu’il soit nécessaire de dresser un échafaudage. »

De quoi conforter Xamen Technologies. La PME a consacré plus de 18 mois en R&D à ce fameux drone qui a fait l’objet de plusieurs brevets jalousement conservés. Des images de l’engin existent toutefois sur Internet. Une des vidéos montre un télépilote portant à la main ce drone quadrimoteurs doté de 8 hélices en bois. Pesant environ 6 kilos pour une envergure d’1,20 m, il peut embarquer 3 à 4 kg d’instruments, comme des capteurs de gaz, des caméras (thermiques et optiques). « Nos clients pourront y embarquer leurs propres capteurs », souligne d’ailleurs Philippe Barthomeuf dont les drones sont conçus et fabriqués sur le site de production de Pau. Pour éviter le risque d’explosion dû à une étincelle ou un court-circuit, les parties électriques et électroniques sont protégées par un matériau spécifique.

A partir de 4.000 euros à la location. Au plan commercial, les clients de Xamen Technologies ont la possibilité soit d’acheter le drone (à partir de 50.000 euros) soit de le louer à la journée (à partir de 4.000 euros). Dans tous les cas de figure, l’utilisation de ce drone nécessitera la présence de deux techniciens formés à la fois au télépilotage mais aussi aux atmosphères Atex.

Eliane Kan 

* Les fonds ont été levés auprès d’Expanso Capital (Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes), Odelia Capital (Banque Pouyanne) , Aqui Invest (Conseil régional d’Aquitaine), André Labède, et le soutien de la BPI.

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