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Risques industriels et environnementaux

L'Afnor en appelle aux professionnels de la microbiologie pour traquer des menaces le long de la chaîne alimentaire

Dans le cadre de travaux de normalisation entrepris avec la Commission européenne, l'Association française de normalisation (Afnor) vient de publier 3 normes portant sur la sécurité alimentaire. L'organisation invite notamment les laboratoires d’analyses et d’essais spécialisés en microbiologie de la chaîne alimentaire à apporter leurs contributions, en ligne et gratuitement.

L’Afnor, qui dispose d’un mandat de la Commission européenne, planche actuellement sur une série de 15 normes volontaires portant sur la sécurité alimentaire et l’hygiène des procédés. Pour rappel, une norme volontaire est une méthode de référence, à vocation internationale ou nationale, élaborée avec le concours des parties prenantes (industriels, consommateurs, associations, syndicats, collectivités locales…) fédérées autour d’instances représentatives. L’Association de normalisation hexagonale s’inscrit ainsi en soutien de la politique de l’Union européenne (UE) en matière d’hygiène alimentaire.

Les normes en cours d’élaboration visent à détecter la présence de micro-organismes pathogènes (c’est-à-dire capables de provoquer une maladie chez un organisme hôte) au cours du cycle de fabrication et de délivrance des aliments. Sur un total de 15 normes volontaires qui devront avoir vu le jour d’ici à 2 ans, 3 viennent d’être d’ores et déjà publiées sur le site internet de l’Afnor. Celles-ci ciblent d’une part les bactéries du genre Listeria, susceptibles de provoquer la listériose, à savoir une infection qui se transmet notamment par l’ingestion d’aliments crus contaminés (fruits et légumes mal lavés, produits laitiers non pasteurisés, fromages au lait cru, viandes peu cuites…). D’autre part, l’Afnor traque la toxine dite  »Céreulide », qui génère des nausées et des vomissements et qui peut même, lorsqu’elle est ingérée (mais dans de très rares cas), entraîner la mort.

Ainsi publiées, ces 3 normes attendent désormais le commentaire des membres de la commission de normalisation  »Microbiologie des aliments ». Laquelle regroupe plus de 60 organisations, dont des laboratoires de recherches publics et privés, des administrations ou encore des universités. Concernant la Céreulide, le projet de norme (NF EN ISO 18465) est ouvert aux commentaires jusqu’au 8 janvier 2015. Du côté de la Listeria, le projet (NF EN ISO 11290-1 et 11290-2) devra être commenté avant le 6 janvier 2015. À terme, en octobre 2016, ces normes décriront, avec précision, les modes opératoires des analyses à effectuer. En ce sens, elles viendront appuyer le règlement européen CE 2073/2005 (modifié par le règlement CE 1441/2007) dont l’objectif est de fournir, au sein de l’UE, un ensemble de critères microbiologiques communs. Soit, selon la définition donnée par le Règlement CE n°2073/2005, des critères définissant l’acceptabilité d’un produit, d’un lot d’aliments ou d’un procédé sur la base de l’absence, de la présence ou du nombre de micro-organismes ou de la quantité de leur toxine/métabolites, par unité(s) de masse, volume, surface ou lot.

Guillaume Pierre

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