Feu : les fournisseurs se mettent au vert et peaufinent leurs valeurs sûres

Les industriels qui ne produisent pas de détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) destinés aux parties privatives de l’habitat sont à la peine. Aucune réglementation industrielle ne vient soutenir leur activité dans cette période où, désargentées, les collectivités territoriales limitent leurs investissements en matériels pour leurs unités de sapeurs-pompiers. Tandis que les DAAF se vendront avant avril 2015 par millions aux particuliers aiguillonnés par la loi, les producteurs d’autres matériels devront valoriser leurs nouveautés 2013 ou s’engager sur la voie de l’environnement.

Eco-extinction. Très inspiré par l’écologie, le groupe Eurofeu a fait du vert sa bannière dès 2012, en lançant un extincteur 100% naturel à base de produits végétaux. Primé au dernier salon Expo-Protection, celui-ci trouve une clientèle idéale dans le secteur agro-alimentaire, en particulier chez les agriculteurs et dans les cuisines de restauration. Dans la foulée, le groupe a entamé les démarches pour obtenir sa certification Iso 14000 pour l’ensemble de ses activités. Un projet plébiscité par sa clientèle et dont il vient de réussir la première étape. Surfant sur le souhait des entreprises françaises de protéger leur outil de travail, le groupe a aussi développé ses systèmes automatiques de déclenchement anti-incendie avec le Firetrex. Autonome, celui-ci est adaptable à un grand nombre d’applications comme les salles blanches, les ateliers, les bus, les camions ou les véhicules de chantier. Les produits d’extinction utilisés sont également écologiques. Une tendance générale, précise Romain Canler, délégué général de la Fédération française des métiers de l’incendie : « Les industriels fabriquent des produits sécuritaires plus respectueux de l’environnement. Les systèmes automatiques d’extinction consomment moins d’eau ou utilisent des produits non polluants. Les exutoires de fumée s’appuient sur une ventilation naturelle. La profession s’intéresse aussi au recyclage, encouragée en cela par la fédération qui a créé, avec la société Recylum [un éco-organisme qui se charge de collecter et recycler les équipements lumineux, NDLR], une filiale baptisée DEEE Pro dédiée au recyclage des produits électriques et électroniques ».

Export : merci l’Europe. Si le groupe Desautel suit également cette tendance, il s’intéresse plus à l’exportation qui représente près de 15% de son chiffre d’affaires. Une activité que la progressive harmonisation européenne au niveau des réglementations contribue à faciliter. En plus des extincteurs, le groupe vend des véhicules d’intervention contre l’incendie aux pays francophones et producteurs de pétrole, utilisant sa capacité à intégrer l’informatique embarquée dans les véhicules comme argument de vente. En 2013, Desautel a gagné des parts de marché et l’avènement de la norme Euro 6 sur les poids lourds devrait susciter de nouvelles ventes. Ailleurs, les industriels se concentrent sur l’équipement. Avec le nouveau casque de pompier F1XS conçu en collaboration la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris et commercialisé en 2013, MSA Gallet dispose d’un nouveau cheval de bataille. Riche de ses performances et de ses options, le casque sera proposé à toutes les unités publiques et privées d’intervention. Il sera aussi adapté aux professionnels du BTP ou de la maintenance. L’objectif est de dépasser le nombre de 1,7 million d’exemplaires vendus atteint par son prédécesseur, le casque F1. De même, Dräger Safety mettra en avant en 2014 son nouveau détecteur portable de gaz sorti en 2013 : le X-am 2500. Destiné aux pompiers et aux industriels, il détecte les vapeurs et gaz explosifs et les taux d’oxygène, d’oxyde de carbone et d’hydrogène sulfuré. Indispensable pour les personnels isolés travaillant sur des sites classés.

Michel Grinand


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