Ektos veut aider les soldats du feu à mieux voir au travers de la fumée durant leurs interventions

Durant un incendie, bien voir à travers la fumée peut s’avérer salutaire pour les pompiers. « Il existe des caméras thermiques mais elles réclament qu’on les tiennent à la main et elles fonctionnent mal lorsque la source de chaleur est trop proche », soulève Alice Froissac, co-fondatrice avec Corentin Huard de la société Ektos. Cette startup s’apprête à tester avec les pompiers du Centre d’incendie et de secours de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) une caméra dotée d’un capteur du proche infrarouge et qui sera accrochée sur le casque des pompiers, à l’instar d’une lampe torche de mineur. L’image sera alors projetée à l’intérieur du masque respiratoire porté par les soldats du feu. Ce système innovant vient de se voir accordé le prix  »Fibre de l’innovation », dans la catégorie Industrie. Cette distinction est décernée chaque année par l’association francilienne Opticsvalley qui réunit des entreprises spécialisées dans la fibre optique. Parmi ses adhérents, Thales Optronique fournit le fameux capteur proche infrarouge.
Les fondateurs d’Ektos ont en effet rencontré l’industriel lorsqu’ils étaient étudiants à la Paris-Est d.school at Ecole des Ponts. « C’est dans ce cadre que nous avons commencé à travailler avec Thales Optronique qui cherchait à appliquer son capteur au domaine des pompiers », poursuit Alice Froissac. Durant un an, la jeune femme également diplômée de l’université technologique de Compiègne, a travaillé avec six autres étudiants en France et en Finlande sur le sujet. Au terme du programme, elle a décidé avec Corentin Huard par ailleurs diplômé de l’école Polytechnique de créer Ektos afin de développer un prototype pré industriel. Ce qui leur réclame de trouver des financements.

Ils ont bon espoir car le projet intéresse non seulement les pompiers (il en existe 5 millions dans le monde dont 250.000 en France) mais aussi tous les secteurs susceptibles d’être confrontés à des incendies. Comme les plates-formes pétrolières, les exploitants de tunnels, etc. « Nous avons rencontré notamment GDF-Suez et Total qui se sont montrés intéressés par notre système, sachant que les images de l’incendie peuvent être acheminées en temps réel à des PC situés à l’extérieur du lieu sinistré », rapporte la jeune femme qui s’apprête lundi prochain à faire des essais avec les pompiers de Seine-et Marne.

Eliane Kan


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