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Sûreté et sécurité

Comment le craquement des os pourrait s’imposer dans la biométrie

Des chercheurs sud-coréens ont inventé un dispositif d’authentification basé sur la bioacoustique. Cette technologie qui exploite la musicalité des corps cible l’écho sonore des os pour reconnaître une personne. Un système déjà fiable à 97%...

Radio d’une clavicule.

La signature sonore des os, par exemple leur craquement, pourraient bien un jour nous servir à déverrouiller un smartphone. © Unsplash

Une simple photo pour déjouer un système de reconnaissance faciale, copier une empreinte avec de la colle pour berner un lecteur digital… clairement, certains dispositifs biométriques installés pour déverrouiller les smartphones ont trouvé leurs limites. Or, depuis peu, des chercheurs sud-coréens de l’Institut de recherche en électronique et télécommunications (ETRI) à Daejeon ont développé une technologie capable d’authentifier une personne au bruit que font ses os. Plus complexe, basée sur un plus grand nombre de critères biométriques comme la taille des os, leur poids, leur structure ou encore la rigidité des articulations, cette solution pourrait atteindre selon ses créateurs, un taux de précision de 97%, rapporte le magazine IEEE Spectrum.

Toute la particularité de cette nouvelle méthode réside dans le fait qu’elle se base sur la bioacoustique, c’est-à-dire l’analyse de l’écho sonore de certaines parties de notre corps. En l’occurrence nos os. « Nous pouvons voir notre corps comme un instrument de musique qui a une forme et une composition de matériaux uniques, évoque Joo Yong Sim, l’un des chercheurs de l’équipe de l’ETRI dans une étude parue dans IEEE Transactions on Cybernetics. Notre technologie évalue ces traits de notre corps en faisant vibrer une certaine partie du corps – par exemple une main – et en entendant le son qui se propage lorsque nous modifions la fréquence. »

La biométrie faciale trop facile à usurper

Outre l’élégance de cette idée, il s’agit d’ajouter un niveau de sécurité supérieur aux systèmes d’authentification classiques qui, selon les scientifiques coréens, sont lacunaires. « Dans la biométrie actuelle – comme la reconnaissance des empreintes digitales, de l’iris et du visage – on peut faire de fausses copies à des fins d’usurpation d’identité parce qu’elles reposent sur les caractéristiques structurelles de l’image acquise. Une fois un modèle volé, il peut donc constituer une menace permanente d’usurpation d’identité », estime Joo Yong Sim.

L’écho sonore des os considéré comme le plus stable

D’où l’intérêt d’une analyse de l’écho sonore du corps, difficile à répliquer : « Nous avons été très surpris de constater que le spectre bioacoustique des individus se maintient bien dans le temps […]. Nos résultats suggèrent que les signatures bioacoustiques reflètent davantage des caractéristiques anatomiques que des changements dans la concentration d’eau, température du corps ou concentration de biomolécules dans le sang qui changent d’un jour à l’autre. » Comprenons que les chercheurs ont choisi de travailler avec l’écho sonore des os car leur signature bioacoustique s’avère plus stable que d’autres parties.

Vers une implémentation dans les smartphones ? 

Pour l’heure, les chercheurs ont déjà mis au point un prototype capable de reconnaître une personne avec une fiabilité à 97%. Pour obtenir une technologie industrialisable, qui pourrait s’imposer comme une réelle alternative à la reconnaissance faciale 3D ou au lecteur d’empreintes, les chercheurs devront ajouter des capteurs supplémentaires qui en amélioreraient la précision.  

Ségolène Kahn

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