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Santé et qualité de vie au travail

Bien-être au travail : des visions différentes selon les générations

Après les Baby Boomers, la génération X pèse 47 % de la population active. Avec le numérique, la génération Y, à la fois individualiste et collaborative, considère les collaborateurs comme une vraie valeur ajoutée. Quant à la génération Z, elle prépare, pour les 15 années à venir, la révolution de « l’harmocratie » à savoir le pouvoir de l’harmonie.

Jeune femme DJ mixe de la musique dans une ambiance électronique.

La génération Y est la première à vouloir commander tout de suite. Paradoxalement, elle a souvent besoin de validations quotidiennes pour être rassurée. © Pixabay

Baby Boomers, X, Y et Z… chacune de ces quatre générations apporte aux autres ce qu’elles n’ont pas. Sachant que l’an prochain, les Y et Z représenteront 50 % des actifs, soit autant que les Baby Boomers et les X, il est crucial de bien cerner les attentes des uns et des autres.

Génération X : la panne de l’ascenseur social

Dirigeants, hauts fonctionnaires, experts, investisseurs, Business Angels… les 20 % des 2,5 millions de Baby Boomers (nés entre 1945 et 1960) encore au travail, soit 7 % de la population active, selon l’Insee, sont aux manettes. Croissance économique, plein emploi, liberté (après la Seconde guerre mondiale)… cette génération, à la mentalité plutôt directive, a bâti la société de consommation. Mais, avec 16,2 millions de personnes, la génération X (de 1961 à 1980), à 100 % au travail (ou en recherche d’emploi) a pris de plein fouet la panne de l’ascenseur social, le sida et Tchernobyl. Marquée par les chocs pétroliers(1973 et 1979), le chômage de masse, l’effondrement des valeurs et la désillusion du progrès, la génération X affiche un certain scepticisme vis à vis de l’avenir. « Elle affirme son individualisme et sa méfiance à l’égard des organisations ainsi qu’un puissant désir d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle », décortique Christine Marchal, consultante en RH au cabinet parisien Manability. De l’employé au PDG, 47% de la population active sont des X pour les quatre à six ans à venir.

Génération Y : enquête de développement personnel

Mais la rupture comportementale est arrivée grâce à la génération Y (10,2 millions de personnes) née entre 1980 et 1995 « avec un ordinateur dans les mains ». Reste qu’il convient de relativiser cette expérience. « Le startupper aura une vision positive du digital. Tandis que, dans son oreillette, le préparateur de commandes en logistique se verra dicter des ordres par le logiciel de gestion d’entrepôt qui réduit à néant sa capacité d’initiative », souligne Marc Loriol, sociologue et chercheur au CNRS. Pleinement en âge de travailler, les Y occupent 29 % des emplois. « Forte d’une grande confiance en elle, optimiste, en quête de développement personnel, animée d’une volonté de travailler moins et mieux, cette génération a l’impression de pouvoir se passer de l’expertise de ses aînés. Elle exige le respect de ses droits. Elle a aussi essuyé les plâtres d’Internet, reprend Christine Marchal. C’est la génération de « l’enfant roi » qui a tout eu tout de suite. Et, avec le principe d’immédiateté issu de la culture Internet, c’est surtout la première à vouloir commander tout de suite. Paradoxalement, elle a souvent besoin de validations quotidiennes pour être rassurée. » C’est également la première génération de « djeunes » qui n’arrivent pas à l’heure ! « Un choc qui a conduit les managers à être ouverts et bien organisés, enchaîne Christine Marchal. Nativement collaborative, la génération Y considère ses collaborateurs comme une valeur ajoutée. »

Génération Z : un comportement collaboratif mûr

Un idée partagée par la génération Z (55 % au travail, soit 17 % de la population active), née entre 1995 et 2010 avec Internet, la chute de l’URSS mais aussi le terrorisme, la crise économique de 2008 et le dérèglement climatique. Ses 5,9 millions de membres de surfent sur la seconde vague Internet, celle du rapport décomplexé à l’erreur. « Naturellement dans la médiation, les Z ont un comportement collaboratif mûr : ils entrent de plain-pied dans « l’harmocratie » où le manager se met au service de ses équipes et les valorise, expérimente la confiance, promeut l’harmonisation continue, construit une organisation intuitive qui facilite la créativité et libère les pensées parasites, analyse Christine Marchal. Bien sûr, très peu de Z y parviennent complètement. Mais cette tendance s’installe pour les 15 années à venir. » D’ici là, l’accueil des jeunes dans l’entreprise est primordial. « Le type de management et les conditions de travail qu’ils vont rencontrer vont les influencer durablement, avertit Marc Loriol. Avec leurs premières expériences, ils vont construire leur vision du monde du travail : l’engagement offre-t-il un retour positif ou vaut-il mieux ne pas se faire remarquer pour éviter les sanctions ? » Une question existentielle ou générationnelle ?

Erick Haehnsen

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