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Sûreté et sécurité

Bernard Cazeneuve veut centraliser les services luttant contre la menace djihadiste

Selon Le Monde, le ministère de l’intérieur compterait créer un état-major opérationnel de prévention du terrorisme rattaché au cabinet du ministre. Déclinée aux plans départemental et national, cette structure devrait comprendre des représentants de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de la police judiciaire, de la sécurité publique, de la préfecture de police de Paris et de la gendarmerie.

D’après les sources de Matthieu Suc, journaliste au Monde, le ministère de l’intérieur doit annoncer aujourd’hui mardi 30 juin la création d’un état-major opérationnel de prévention du terrorisme rattaché au cabinet de Bernard Cazeneuve. Les représentants des différents services devraient être pris parmi les patrons et les commissaires mais aussi parmi les officiers afin de rester en prise directe avec le terrain. Objectif : s’affranchir enfin des problèmes de concurrence entre les services afin de fluidifier la circulation de l’information.
« Sur les 4.000 individus suivis pour radicalisation ou terrorisme, il ne doit plus y avoir de loupé. Nous devons savoir, sur chaque suspect, ce qui a été fait à son sujet dans le passé et quel service travaille désormais sur lui », précise-t-on au ministère de l’Intérieur. Jusqu’ici, cette mission incombait à l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat), rattachée au cabinet du directeur général de la police nationale. L’Uclat devrait continuer à exister… Cependant, Bernard Cazeneuve devrait reprendre les choses en mains.
Il faut dire que les attentats qui ont frappé la France depuis le début de l’année ont mis en lumière la difficulté à faire collaborer les services. Un temps suivi, Saïd Kouachi, l’un des deux terroristes de l’attentat à Charlie Hebdo, était sorti des radars en déménageant de Paris à Reims, passant de la compétence de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) à celle de la DGSI qui, débordée par la vague de candidats au djihad pour la Syrie, avait négligé cet individu d’apparence très calme. De son côté, Yassin Salhi, qui a avoué l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), a été fiché entre 2006 et 2008 par les Renseignements généraux (RG) comme s’étant radicalisé dans sa ville natale de Pontarlier (Doubs). Mais en 2008, après la suppression des Renseignements généraux, Salhi n’avait pas retenu l’attention de la DCRI. Face à ces loupés, Bernard Cazeneuve chercherait à placer les différents services chargés de la lutte contre le terrorisme directement sous son autorité.

Guillaume Pierre

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