Gérer les risques
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Santé et qualité de vie au travail

Accidents routiers : quelles solutions pour protéger les salariés ?

Adapter les horaires de travail, former les collaborateurs aux risques, équiper les véhicules de détecteurs d’obstacles… pour Guillaume Amigues, expert en sécurité des véhicules chez Brigade Electronics, de nombreux incidents pourraient être évités avec une bonne organisation en amont.

Un camion transporte des rondins de bois sur une autoroute.

Parmi les facteurs d’accidents les plus répandus, les angles morts sur les flancs et à l’arrière des poids lourds font des ravages. © Krzysztof Kowalik /  Unsplash

Si les accidents de la route sont considérés comme la huitième cause de décès au monde, pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les inquiétudes doivent surtout se tourner vers les travailleurs au volant. Plus précisément, dans son rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde en 2018 qui vient d’être publié, l’OMS considère les secteurs de la construction, de l’agriculture et l’exploitation minière comme les catégories les plus à risque. L’occasion de revenir sur les fondamentaux de la sécurité en entreprise pour éviter ces accidents. 

Gare aux angles morts !

Et pour cause, de la manœuvre à basse vitesse jusqu’aux angles morts des véhicules en passant par les sites bruyants ou encore les conditions de faible luminosité, les facteurs susceptibles de déclencher un accident sont nombreux dans certains secteurs. Notamment dans celui des plateformes logistiques où les opérateurs « courent un risque extrêmement élevé d’être heurtés par des véhicules et des machines en mouvement », estime Guillaume Amigues, expert en sécurité des véhicules chez Brigade Electronics.

Des principes de précaution indispensables

Organisation, management, qualité des équipements… nombre d’accidents de la route pourraient être évités si des mesures de sécurité étaient prises en amont : « Si l’importance de la mise en place de précautions raisonnables ne fait aucun doute, pour garantir leur efficacité à long terme, il est essentiel que celles-ci soient intégrées à la politique de sécurité de l’entreprise et communiquées aux conducteurs, opérateurs et autres employés », reprend Guillaume Amigues.

Former aux risques

A commencer par la formation des collaborateurs aux principes de sécurité les plus essentiels. Il s’agit de les familiariser aux dangers qu’ils pourraient rencontrer durant la manœuvre d’un véhicule mais surtout de les aider à adopter les bons réflexes en cas de danger. Une formation pourrait également contribuer à « effectuer une évaluation approfondie des risques, avant de s’embarquer dans des projets potentiellement dangereux ou de travailler dans des conditions difficiles », rappelle expert en sécurité des véhicules.

Des visions panoramiques

Bien sûr, de nombreuses solutions technologiques ont également été mises au point pour éviter les accidents les plus répandus. En ce qui concerne les angles morts qui occasionnent des risques de collision entre piétons et véhicules, il existe des caméras dont la vision à 360° donne la possibilité au conducteur de voir ce qu’il se passe autour du véhicule, via un moniteur embarqué au sein de la cabine. «Les objectifs grand angle des caméras offrent une vue complète de la zone alentour que même les grands rétroviseurs ne peuvent égaler, éliminant ainsi complètement les angles morts. »

Détecter les obstacles

Autre solution, les radars de détection d’obstacles, qui exploitent une technologie à ondes continues, sont désormais utilisés dans la détection d’obstacles autour d’un véhicule. En cas de risque de collision, ils émettent une alerte sonore et visuelle pour prévenir l’opérateur.

Le management au service de la sécurité

Enfin, l’expert estime qu’une meilleure organisation des tâches contribue également à réduire les risques. « Il est possible d’adapter les heures de travail durant lesquelles sont effectuées les tâches particulièrement dangereuses pour permettre aux véhicules de travailler à la lumière du jour », rappelle l’expert. Les entreprises peuvent également prévenir les collisions en limitant le nombre de piétons durant le fonctionnement d’un véhicule. 

Ségolène Kahn

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