Gérer les risques
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Santé et qualité de vie au travail

Xavier Bonduelle (IMDRH) : « Attentats du vendredi 13 novembre : comment en parler à vos équipes ? »

Interview du PDG de l'Institut du management des ressources humaines (IMDRH), dédié à la formation au leadership des décideurs, qui revient sur les événements tragiques du vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Il s'interroge sur la manière de gérer le dialogue avec les salariés et leur ressenti de sorte à assurer, malgré tout, la qualité de vie au travail.

Quelle est la première erreur à ne pas commettre ?
Faire comme si de rien n’était en disant que l’entreprise n’a rien à avoir avec tout cela. C’est une tentation naturelle. En revanche, cette position risque d’être interprétée comme un manque d’humanité. Dans la foulée, le dirigeant ou le manager n’a pas à étaler ses convictions politiques en disant, par exemple, « il n’y a qu’une seule chose à faire… ». Personne ne le déjugera mais chacun pensera qu’il abuse de son autorité.
D’autres erreurs ?
Oui. Transformer l’entreprise en forum en estimant que « chacun doit pouvoir s’exprimer ! ». Certes, c’est vrai mais, en même temps, chacun a aussi besoin que le quotidien reprenne ses droits. J’évoquerai une autre erreur à ne pas commettre : alerter la hiérarchie en demandant que l’entreprise s’engage clairement. En effet, il faut prendre en compte le fait que votre sensibilité et votre manière d’exprimer votre colère ou votre tristesse ne sont pas forcément celles de votre hiérarchie…
Quelles sont vos principales recommandations ?
Soyez humain et humble. N’hésitez pas à exposer vos doutes, vos craintes et vos colères dès lors que vous acceptez qu’on puisse penser différemment de vous !
Y a-t-il aussi une attitude à développer ?
Je conseillerais au dirigeant ou au manager d’être exemplaire. C’est-à-dire que, en d’autres termes, après avoir respecté la minute de silence, ils auront intérêt à recadrer les blagues de mauvais goût ou les jugements discriminants qui peuvent heurter l’ensemble de l’équipe.
Faut-il s’inquiéter du sort des collaborateurs ?
Il convient d’être attentif et à l’écoute de ses collaborateurs. Le dirigeant de l’entreprise ou le chef d’équipe peut demander à chacun si directement ou indirectement il a été touché par les attentats. Il ne faut pas hésiter à prendre le temps nécessaire et à montrer de la compassion.
Ce dialogue ne risque-t-il pas de perturber le fonctionnement d’un service ou d’une entreprise ?
Je conseillerais d’être souple. Après les événements, acceptez l’idée que beaucoup de collègues vont avoir besoin de parler ou de s’épancher. Faites confiance à vos collaborateurs : le travail sera quand même fait !

Propos recueillis par Erick Haehnsen

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