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Vidéosurveillance | Les Etats-Unis de plus en plus présents sur le marché chinois

Plusieurs milliards de dollars ! C’est le marché représenté par la vidéosurveillance en Chine où les autorités veulent installer des caméras partout dans le pays...

Plusieurs milliards de dollars ! C’est le marché représenté par la vidéosurveillance en Chine où les autorités veulent installer des caméras partout dans le pays.
Et une partie importante de ce marché, selon The New York Times, devrait profiter au moins à une entreprise américaine : Bain Capital, société de capital-risque de Mitt Romney, un des candidats des primaires républicaines aux EU.
En effet, comme le rappelle le quotidien de NY, en décembre 2011, « un fonds géré par Bain et dans lequel un fidéicommis (1) de la famille Romney détient des participations, a acquis la branche vidéosurveillance d’Uniview Technologies (2), société chinoise qui se présente comme le principal fournisseur de programme gouvernemental de sécurisation des villes : Safe Cities ». Programme qui devrait permettre aux autorités chinoises de surveiller hôpitaux, campus, mosquées ou cinémas, en temps réel et via IP, depuis des postes de commande centralisés.
Le rôle des sociétés américaines dans le déploiement de la surveillance en Chine pose une question importante : des entreprises américaines apportent à la Chine, gouvernement autoritaire, des moyens et technologies susceptibles de faciliter la répression de mouvements sociaux ou politiques et d’identifier des opposants. Pour les détracteurs de « cette collaboration technique », cela viole l’esprit des sanctions américaines imposées à la Chine après Tiananmen, en 1989, qui interdisent de vendre à la Chine « des produits de lutte contre la criminalité » permettant d’analyser des empreintes digitales, fabriquer des cartes d’identité ou fournir des systèmes de vision nocturne. Les équipements de vidéosurveillance, dans leur plus grande partie, ne sont pas couverts par ces sanctions, mais les systèmes infrarouges pourraient l’être.
Bain n’est pas la première société à être critiquée pour sa collaboration avec la Chine : Honeywell, IBM, General Electric ou United Technology ont déjà fait l’objet de critiques après avoir vendu aux autorités chinoises des systèmes de surveillance de pointe.
Ces « accommodements » avec la règle s’expliquent par l’importance du marché chinois en matière de vidéosurveillance. Les villes de l’Empire du Milieu consomment de plus en plus de systèmes de ce type. Ainsi, la ville de Chongqing (province du Sichuan) aurait investi 4,2 milliards de dollars pour un réseau de 500 000 caméras. De même, près de Hongkong, la province de Guangdong installerait 1 000 000 d’appareils pour la vidéosurveillance. Enfin, Pékin veut installer des caméras dans « toutes les salles de spectacles en plus des 300 000 déjà en place suite aux JO de 2008 ».

(1) Fonds dirigé indépendamment par un tiers. A noter que Mitt Romney n’intervient plus dans le fonctionnement de Bain depuis 1999 et n’a pas joué de rôle dans l’opération de rachat.
(2) Uniview Technologies produit des caméras « IR anti-émeutes »
.

Des voix contre
Pour les défenseurs des droits de l’homme, le programme Safe Cities permettra aussi aux autorités chinoises de surveiller et intimider les opposants au régime.

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