Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

Une étiquette sans puce ni code-barre pour sécuriser les biens

Un laboratoire de l'Institut national polytechnique de Grenoble prépare l'arrivée d'une nouvelle étiquette en partenariat avec une entreprise spécialisée dans la sécurité et la traçabilité des produits.

En matière d’authentification et d’identification des produits, les nouvelles générations d’étiquettes radiofréquence sont désormais en embuscade. Et c’est dans le secteur de la sécurité qu’elles pourraient bien sortir au grand jour afin de tracer et authentifier les produits sous surveillance. Combinant les avantages économiques d’un code-barres, ces étiquettes papier peuvent être lues à l’aide d’un lecteur radio même si elles sont enfermées dans un emballage ou un objet opaque. Ce qui les rapproche du Tag RFID. Seule différence avec ce dernier, ces étiquettes ne renferment ni puce ni antenne. D’où un coût particulièrement bas. « A condition d’atteindre un certain volume de production, leur coût sera de l’ordre de 0,4 centime l’unité », estime Etienne Perret, chercheur au laboratoire de conception et d’intégration des systèmes (LCIS) de l’Institut national polytechnique de Grenoble (INPG). 

40 à 50 Bits. A l’origine de cette invention brevetée, cet enseignant a travaillé quatre ans à l’élaboration de ces étiquettes radiofréquence qui se différencient les unes des autres grâce à une signature électromagnétique distincte. Leur impression est effectuée à l’aide d’une encre conductrice qui sert à coder les informations présentées sous la forme d’un dessin géométrique. Ce dernier est fabriqué par flexographie, une technique d’impression courante dans les imprimeries. Ce qui évite d’avoir à investir dans des outils de production supplémentaires. Les étiquettes ont une capacité de stockage d’information de l’ordre de 40 à 50 Bit. Ce qui correspond à un code-barres EAN13. Elles sont lues à l’aide d’un lecteur radio dédié (au stade de prototype) sur une distance de 50 centimètres maximum, voire jusqu’à 1 mètre dans les conditions optimales. Par ailleurs, pour s’assurer de leur robustesse à la température ou aux contraintes mécaniques, elles peuvent être imprimées sur un support plastique résistant.

Sur le marché en 2017. A la différence de la puce RFID, cette étiquette papier n’est pas réinscriptible. Cet écueil n’a pas empêché le LCIS de nouer un partenariat avec une grande entreprise spécialisée dans la sécurité et la traçabiblité des biens – laquelle souhaite encore garder l’anonymat. Cette dernière a acquis une licence d’utilisation du brevet pour son propre domaine. « Après une longue phase de tests qui vont garantir leur efficacité, les premières étiquettes devraient arriver sur le marché en 2017, indique Etienne Perret. L’utilisation des étiquettes n’est pas réservée au secteur de la sécurité, elle intéresse aussi les produits de luxe et toutes les applications où l’on a besoin d’authentifier ou d’identifier des produits ou des documents », fait valoir le chercheur qui fait partie des 10 jeunes innovateurs de moins de 35 ans distingués l’an dernier par l’Institut de Technologie du Massachusetts dans le cadre du magazine MIT Technology Review. Etienne Perret a démontré que les étiquettes pourraient faire office de capteurs de déformation ou de positions. Il est aussi possible de réaliser des mesures d’humidité ou encore de température mais cela nécessite de recourir à de matériaux sensibles supplémentaires. Ces deux derniers points sont toutefois plus compliqués à mettre en oeuvre.

Eliane Kan

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