Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Un ‘’hackathon’’ contre le terrorisme

En réaction aux attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, la mairie de Paris organise un événement marathon pour codeurs informatiques qui consistera à rassembler les grands acteurs ainsi que les start-up du numérique afin de développer des outils de gestion de crise pour contrer le terrorisme. Cet événement se déroulera du 15 au 17 janvier dans l’école informatique 42 de Xavier Niel, patron de Free.

Au lendemain des attentats les plus meurtriers qu’ait jamais connu la France, les réactions massives de solidarité et de patriotisme sont d’une ampleur sans précédent. Pour bien des jeunes, c’est la goutte de trop qui les motive à ne plus vouloir rester sans rien faire. Ainsi nombreux sont ceux qui ont fait le choix d’abandonner leurs études pour aller servir sous le drapeau tricolore. De fait, l’Armée de Terre connaît un afflux considérable de candidats. « En période normale, nous comptons environ 300 candidatures par jour. Depuis samedi [14 novembre], il y en a plus de 1 500 par jour, confiait à notre confrère La Croix le colonel Eric de la Presle, responsable de la communication du recrutement de l’Armée de Terre. Depuis les attentats de vendredi dernier, l’engouement est encore plus marqué. »
Pour d’autres, il est d’avantage question de combattre avec les méninges plutôt qu’avec les muscles. Voire même avec les doigts, en tapant sur un clavier et tenant une souris. En effet, l’économie numérique n’est pas en reste face à cette situation. Et de montrer qu’elle est aussi fort capable de déployer ses propres moyens afin de lutter contre le terrorisme. Rappelons la fonction Safety Check que Facebook a activée le soir des attentats afin de permettre aux personnes localisées dans les zones où se sont déroulés les attentats, a permis de signaler à leurs proches qu’elles étaient en sécurité. De même, grâce au hashtag #PorteOuverte sur Twitter, les internautes ont pu venir en aide aux personnes qui ne pouvaient rentrer chez elles, en leur offrant l’hospitalité pour la nuit.
Dans ce contexte, la mairie de Paris a décidé d’organiser en janvier prochain un ‘’hackathon’’. Réduction des termes hacking (bidouillage, bricolage informatique) et de marathon, cet événement sera une sorte de concours au cours duquel les participants plancheront sur les moyens technologiques capables de prévenir ou alerter en cas de crise. L’objectif étant de rassembler des participants de différents horizons afin de collaborer dans un cours laps de temps. Baptisée ‘’Nec Mergitur’’ en référence à la devise de Paris « Fluctuat nec mergitur » (subit l’assaut des flots mais ne coule pas) qui a été amplement relayée sur les réseaux sociaux et lors de manifestations, cet événement se déroulera à Paris du 15 au 17 janvier dans l’école d’informatique 42, créée par Xavier Niel, le fondateur d’Iliad-Free. Lequel a pour ambition de former les Bill Gates de demain.
On s’attend déjà à la présence de plusieurs centaines d’acteurs de l’innovation qui joueront de concert avec les autorités publiques, les associations mais aussi les ténors du numérique. Amazon, Facebook, Google ou encore Twitter auraient même déjà répondu présent « pour trouver des idées nouvelles sur la prévention, le signalement et la gestion de crise », avait précisé sur BFM TV Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris, chargé du développement économique et de l’attractivité. Les idées fusent déjà. Parmi les plus envisageables, certains imaginent un programme capable de révéler à une famille qu’un de ses membres serait affilié à l’El ou à tout autre mouvement radical ou plus simplement informer des signes d’une radicalisation idéologique. « Une application existant à New York signalerait à la police le passage « de l’incivilité à quelque chose de plus grave » » évoque Jean-Louis Missika. Autre piste, l’analyse d’images et l’identification de personnes suspectes en temps réel sont des outils que les citoyens pourraient s’approprier via les réseaux sociaux afin de connaître la disponibilité des lignes de métro en situation de crise ou encore pour collaborer avec la police. « Il est clair qu’on a besoin de plates-formes de dialogue entre un très grand nombre de gens et cela ne peut pas passer par le téléphone », conclut l’adjoint au maire.

Ségolène Kahn

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