Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risque incendie

Un extincteur contre les explosions de batteries au lithium

Les dispositifs d’extinction classiques agissent souvent par étouffement du feu. Mais les batteries lithium, en s’embrasant, génèrent de l’oxygène, ce qui accélère le départ de feu. A ce titre, l'américain Johnson Controls a conçu un extincteur qui refroidit les cellules de batterie en surchauffe.

Explosion de smartphones, trottinettes électriques, cigarettes électroniques, ordinateurs portables, équipements électroménagers… On ne compte plus le nombre d’incidents causés par l’embrasement des batteries lithium-ion qui prolifèrent dans la plupart des appareils électroniques de notre quotidien. A tel point que les autorités américaines viennent d’interdire officiellement le transport en soute dans les avions de tout appareil équipé de ces piles tant redoutées. Et pour cause : leur explosion génère une véritable flambée de la température des cellules voisines, pouvant dépasser 1 000°C ! Les extincteurs classiques n’étant pas adaptés à ce type d’incendie, le groupe technologique et industriel américain Johnson Controls a msi au point un extincteur portatif spécialement dédié aux feux de batteries au lithium.

Un feu qui se nourrit de lui-même
Il faut savoir que les extincteurs d’incendie traditionnels agissent par étouffement des flammes : le feu étant friand d’oxygène, l’astuce consiste à lui couper les vivres. Or, les batteries lithium sont elles-mêmes susceptibles d’exhaler de l’oxygène en brûlant. Ce qui compromet l’étouffement du feu. Et c’est sans compter la puissance de la déflagration due à l’explosion des cellules et au déchargement des gaz comprimés, risquant de faire éclater le boîtier de la pile. Le risque étant que le feu se propage aux éventuels appareils mécaniques voisins et déclenche un incendie dont le comportement diffère des situations habituelles.

Un agent chimique refroidissant
Il est donc impératif d’adopter un dispositif d’extinction adapté. Petit dernier de la gamme Isogard de Johnson Controls, l’extincteur F-500 fonctionne par refroidissement des surfaces surchauffées, et non pas par étouffement. Pour ce faire, le fabricant a développé un agent extincteur pénétrant dans les matériaux inflammables pour encapsuler les combustibles liquides et les gaz de fumées potentiellement toxiques. Afin de parvenir à ce résultat, le chimiste américain a bénéficié de l’aide du Centre de recherche énergétique de Basse-Saxe (EFZN) Goslar, au sein duquel les chercheurs ont réalisé durant plusieurs mois des expérimentations pour mieux comprendre le comportement d’un feu issu d’une batterie lithium. Les scientifiques se sont plus particulièrement penchés sur la propagation des flammes, la mesure de la température et les émissions des gaz dans l’air.

Une invention certifiée
Enfin, pour s’assurer de la fiabilité de son concept, Johnson Controls a soumis son additif d’extinction (ajouté à hauteur de 2% à de l’eau) à une batterie de tests. En charge de ces examens, l’organisme de certification indépendant néerlandais Kiwa a évalué l’efficacité du F-500 comparé aux agents extincteurs courants comme la poudre et la mousse.

Ségolène Kahn

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