Travailler trop augmente les risques d’AVC

Le débat sur les 35 heures suscite toujours la polémique. Particulièrement en ces jours de projet de réforme du Code du travail à l’initiative du Premier ministre, Manuel Valls, où la loi Aubry sur les 35 heures pourrait être menacée par des  »assouplissements ». Qu’on se rassure, le Premier ministre aurait rejeté la possibilité de repousser le seuil de déclenchement des heures supplémentaires qui aurait logiquement remis en cause la durée légale du temps de travail. De quoi nous laisser encore quelques heures de répit. Mais si les salariés français restent légalement protégés, la pratique des heures de travail à rallonge, des  »charrettes » ou des nuits blanches est monnaie courante dans bien milieux professionnels et notamment dans les professions libérales. Ainsi 8,7 % des Français passeraient plus de 50 heures au boulot. Dans ce contexte, l’Institut national de la recherche et de la sécurité (INRS) a relayé un rapport très inquiétant au sujet de l’impact considérable des heures de travail à rallonge sur la santé. Publiée à l’origine par le journal britannique The Lancet, le mois dernier, cette étude a été effectuée par le Département d’épidémiologie à l’University College de Londres et combine les analyses d’une vingtaine de chercheurs du monde entier.
Ce consortium de chercheurs baptisé Individual-Participant-Data Meta-analysis in Working Populations (IPD-Work) a pu, grâce à de très nombreux centres de recherche, analyser des données portant sur plus de 603.000 personnes. Ces hommes et femmes originaires d’Europe, des Etats-Unis ou encore d’Australie, ne présentant à l’origine aucun signe de faiblesse cardiovasculaire connue ont été suivis pendant plus de 7 ans. A l’issue de ce travail titanesque, le rapport est alarmant : travailler plus de 55 heures par semaine augmenterait les risques d’AVC de 33 % ! Quant aux maladies cardiovasculaires ou coronaires, qui concernent les artères du cœur, elles présentent des risques allant jusqu’à 13 % pour un travail hebdomadaire de 35 à 40 heures. Cette étude a bien évidemment été modulée par la prise en compte des facteurs connus pour les maladies cardiovasculaires à savoir principalement le tabagisme, l’alcool et la sédentarité. Qu’on le sache, ces facteurs de risques n’arrivent pas subitement lorsque l’on passe dépasse le seuil de 50 heures de travail. Mais ils augmentent proportionnellement à la durée du travail. Soit de 10 % en plus pour les personnes qui travaillent entre 41 et 48 heures,et 27 % en plus chez celles qui  »bossent’ entre 49 et 54 heures.

Ségolène Kahn


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