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Sûreté et sécurité

Terrorisme et sécurité quotidienne : les Français perdent confiance en leur gouvernement

Après l’assassinat cruel de Samuel Patty en octobre dernier, le sentiment d’insécurité a atteint son paroxysme en France. Outre les attentats, les Français se plaignent des nombreuses agressions verbales et physiques dont ils sont victimes. C’est ce que révèle le « Baromètre Fiducial de la sécurité des Français » qu’Odoxa vient de publier.

Attentats à Nice, Lyon, Viennes, Conflant-Saint-Honorine… À la seconde vague de l’épidémie s’ajoute un climat d’insécurité grandissant. Selon Odoxa, la confiance atteint ce trimestre le niveau le plus bas jamais enregistré en France. En témoignent les chiffres de sa 17ème édition du « Baromètre Fiducial de la sécurité des Français » sondant 1 004 personnes. Outre les attentats, les citoyens se plaignent d’une augmentation des faits de délinquance et des incivilités. Déménagements, demande de présence renforcée des forces de l’ordre, aggravation des pénalités… Beaucoup plébiscitent des mesures plus sévères pour le maintien de l’ordre. Détails

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Confiance des Français dans la capacité du gouvernement à assurer leur sécurité en matière de terrorisme.
© Odoxa

Une perte de confiance face à la menace terroriste

Premier constat, entre la sécurité du quotidien et la menace terroriste, le gouvernement ne parvient plus à convaincre les Français de sa capacité à les protéger. Quant à l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, le 16 octobre dernier, ce meurtre sauvage n’a fait qu’aggraver cette défiance : seuls 26 % des Français ont encore confiance dans le gouvernement pour les protéger de la menace terroriste. Ce qui représente une baisse de 7 points en une semaine et de 18 points en trois mois.

Un sentiment d’insécurité record

Quant à la sécurité du quotidien, ici encore les chiffres parlent d’eux-mêmes : seuls 21 % des sondés lui accordent encore leur confiance pour assurer leur sécurité. Et ce, en matière de délinquance, cambriolage et agression. De même, 67 % d’entre eux se sentent vulnérables, un niveau équivalent au record enregistré en juillet dernier (68 %).

 Une hausse des incivilités

Pour justifier ce sentiment, trois Français sur quatre estiment l’insécurité en hausse, soit 17 points de plus en à peine deux ans. Plus précisément, les sondés pointent du doigt une aggravation des faits criminels et de délinquance. Ils citent les incivilités, en augmentation de 84 %. Ainsi que les agressions des forces de l’ordre (79 %), les agressions physiques et verbales (chacune 77 %).

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Basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice où a eu lieu un attentat meurtrier en octobre dernier. CC Mister No

Les citadins, premières victimes

Il faut dire que les sondés parlent en connaissance de cause : 62 % ont été victimes ou témoins de délinquance. 25 % d’entre eux de harcèlement ou d’agression verbale. Pire encore, 16 % d’entre eux ont subi une agression physique. À ce titre et sans surprise, les habitants des grandes agglomérations en souffrent plus que les autres (51 % contre 43 % en moyenne). En conséquence, de nombreux Français décident de déménager pour un quartier ou une ville plus rassurante. Ainsi 31 % d’entre eux y ont pensé. 13 % l’ont fait. 

Un manque de policiers dans les zones mal fréquentées

Parmi les lieux où règne l’insécurité, les sondés citent les transports (62 %), la rue (56 %), les gares et aéroports (48 %) ou encore les centres commerciaux (39 %). En ce sens, ils regrettent une présence insuffisante des forces de l’ordre dans les quartiers difficiles (83 %) et la nuit (80 %), à proximité des écoles (61 %). Ou encore proche de chez eux (60 %) et autour des lieux de cultes (57 %). 

Des amendes forfaitaires de 200 euros

Conséquence,  85 % s’estiment favorables à un durcissement des pénalisations. Comme par exemple la création d’un mécanisme de peines planchers spécifiques pour les agressions commises contre les forces de l’ordre. De même, 62 % des interrogés approuvent la création d’amendes forfaitaires de 200€ pour sanctionner les consommateurs de cannabis. À cet égard, 71 % acceptent que les policiers municipaux puissent délivrer eux-mêmes ces amendes forfaitaires. De quoi désengorger les commissariats et les tribunaux…

Ségolène Kahn

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