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Sûreté et sécurité

Territoires de confiance : une architecture à bâtir sur le numérique

Intelligents et sécurisés, les territoires de confiance font partie des projets du Comité stratégique Industries de sécurité. Deux exemples pionniers font rimer sécurité avec transition énergétique et Smart City.

Illustration représentant les programmes THD42 et ROC42.

Cloud, hyperviseurs locaux, réseau de fibre optique, réseaux LoRA pour les objets connectés… la Loire est pionnière des territoires de confiance. © D.R.

Faisant partie des cinq projets du Comité stratégique de filière (CSF) Industries de sécurité, les territoires de confiance vont se développer autour de cinq axes : – Faire émerger les besoins et les usages soutenant la transformation des territoires intelligents et sécurisés
– Développer les architectures et modèles de plateformes de services en mode agile avec des collectivités ou des territoires
– Accélérer l’émergence et l’expérimentation de nouveaux usages grâce aux ruptures technologiques
– Protéger les infrastructures à l’ère du numérique et faciliter le déploiement des territoires intelligents et sûrs.
expliquait à Lyon Dominique Legrand lors des Universités de l’AN2V les 30 et 31 janvier derniers.

Une chose est sûre : tout n’est pas défini mais la feuille de route se déroulera sur les trois prochaines années avec le ministère de l’Intérieur.
En attendant, certains territoires ont ouvert la voie. En témoignent le Syndicat intercommunal d’énergies de la Loire (SIEL42) et Conseil départemental des Yvelines (CD78).

Déployer la fibre optique en territoire rural

351 collectivités adhérentes pour une population de 757 305 habitants, le SIEL42 œuvre dans la mutualisation des services. Comme bien d’autres, ce syndicat créé en 1950, gère à l’échelon du département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes:

  • La transition énergétique en tant qu’autorité organisatrice de la distribution d’électricité et de gaz,
  • Les travaux de maîtrise de l’énergie des bâtiments publics,
  • Les travaux d’électrification et de modernisation des réseaux,
  • Les énergies renouvelables,
  • L’éclairage public,
  • Le réseau de bornes de recharge (Mobiloire) pour les véhicules électriques.

« L’échelon départemental est tout à fait adapté au déploiement de l’infrastructure nécessaire pour les nouveaux services numériques comme la vidéo, l’IoT », précise Bernard Laget, maire de Châteauneuf et président du SIEL42.
De fait, c’est le SIEL42 qui a été chargé de mener à bien THD42, le programme d’équipement en fibre optique de la Loire qui s’achève cette année. Lequel consiste, moyennant un investissement de 280 millions d’euros sur cinq ans cofinancé par l’intercommunalité, à tirer 10 000 km de fibre optique pour raccorder 160 000 foyers.

Illustration montrant comment sont expérimentées la vidéoprotection et la transition énergétique.

Dans la Loire, les expérimentations en vidéoprotection se marient avec la transition énergétique. © D.R.

Combiner sécurité et transition énergétique

C’est sur cette infrastructure que s’architecture la politique de territoire de confiance.
« Il a fallu organiser 150 réunions. 50 000 personnes ont ainsi été touchées », reprend Bernard Laget. Résultat, ce territoire rural bénéficie à présent d’une nouvelle attractivité : l’internet à très haut débit comme dans une métropole régionale.

Fort du réseau de fibre optique, le SIEL42 déploie ROC42 (dont le financement est 100 fois moins élevé que THD42), une infrastructure de réseau LoRA dédiée aux objets connectés.
Celle-ci va servir d’épine dorsale pour les projets « Smart » : sécurité des écoles, des bâtiments publics, des gymnases,… « Les caméras de vidéosurveillance, dont les images sont transmises au Centre de supervision urbaine, utilisent le réseau de fibre optique. Mais au lieu de rajouter des caméras, nous allons recourir aux objets connectés. Cela nous oblige à développer une approche holistique [systémique, globale, NDLR] », poursuit Bernard Laget.

Dans la foulée, ROC42 véhiculera les données des capteurs installés sur les poubelles d’ordures ménagères, sur les citernes de fioul, les réseaux d’eau… Bref, cette double infrastructure sert aussi bien à la transition énergétique qu’à la sécurité. Par ailleurs, les données numériques de tous les objets vont converger vers de hyperviseurs locaux afin d’optimiser les usages des services que le SIEL42 propose aux collectivités.

 

Illustrant montrant comment le réseau en fibre optique d’Yvelines Numérique relie le CDSI aux autres entités à surveiller.

« Syn’Optique », le réseau en fibre optique d’Yvelines Numérique relie au CDSI 45 collèges, dix bâtiments départementaux et six SDIS. © D.R.

Repenser la sécurité de façon globale

« Nous avons une démarche similaire à celle du SIEL42 », enchaîne Laurent Rochette, DGA Innovation au CD78 et directeur général délégué d’Yvelines Numérique. Initiée par les collectivités des Yvelines, cette structure vise à développer et piloter des plateformes de services innovants et mutualisés  avec le Centre départemental de supervision des images (CDSI). Elle joue également le rôle d’opérateur de réseau IP dédié aux usages publics (« Syn’Optique »). En 2019, cette plateforme a été rejointe en 2019 par les collectivités du département des Hauts-de-Seine pour devenir Seine-et-Yvelines Numérique. La nouvelle entité fusionne le syndicat mixte ouvert, qui commercialise des accès à la fibre optique très haut débit (réseau THD).

Pour l’heure, le réseau Syn’Optique relie au CDSI 45 collèges, dix bâtiments départementaux et six services département aux d’incendie et de secours (SDIS). Soit 3 000 caméras avec filtres d’analyse pour pré-qualifier les événements. « En matière de vidéoprotection, le département a un pouvoir limité aux routes départementales, les autres voies relevant du pouvoir du maire. Le pouvoir du département porte également sur des bâtiments départementaux, dont des collèges et des casernes de pompiers, souligne Laurent Rochette. Difficile, dans ces conditions de construire un continuum de sécurité. Or la sécurité est un besoin qui doit s’appréhender de façon globale. » En construisant le dialogue entre parties prenantes au sein du CSF Industries de sécurité, les territoires de confiance devraient développer des arguments pour faire évoluer la réglementation.

Erick Haehnsen

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