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Santé et qualité de vie au travail

Tera mesure la qualité de l’air sur smartphone

A l’aide d’un capteur fixe ou portatif pour les déplacements, Breathe up, l’application sur smartphone, est chargée d’analyser la qualité de l’air que l’on respire au quotidien. Le groupe Tera, qui l'a développée, la présente actuellement sur le CES de Las Vegas. De quoi découvrir quel est le taux d’exposition aux polluants auxquels nous sommes livrés et de modifier nos comportements.

Tabagisme, moquette et revêtements de sol, produits de bricolage, produits ménagers, humidité, appareils à combustion, poils d’animaux, parfums d’intérieur… nos lieux de travail et nos espaces domestiques sont les repères favoris des composés organiques volatiles (COV) tels que le benzène, l’acétone ou encore le perchloroéthylène. Issus des colles, des vernis et des solvants, ils donnent lieu à des irritations, des allergies et des affections respiratoires. Par ailleurs, ces composants sont issus de produits chimiques qui sont particulièrement utilisés dans les professions manuelles : artisans du bâtiment, coiffeurs, manucures, agriculteurs mais aussi ouvriers qui travaillent dans des activités industrielles et chimiques. Lesquels sont les premières victimes des COV et gagneraient plus que jamais à obtenir une surveillance du taux de polluants auquels ils sont soumis.
A cet égard, et dans la lignée de la tendance du DIY ( Do It Yourself) qui s’est largement démocratisée ces dernières années, le groupe français Tera, spécialiste de la mesure de la qualité de l’air, se prépare à lancer une application nommée Breathe up, chargée d’indiquer le taux de polluants dans l’air qui nous entoure. A partir d’une analyse précise de la quantité et de la qualité d’air respiré, l’application pour smartphone livre à son utilisateur des informations sur son exposition aux polluants ainsi qu’un ensemble de conseils personnalisés pour respirer au quotidien un air plus sain.
«Saviez-vous que nous pouvions ventiler de 5 litres à 200 litres d’air par minute en fonction de notre activité ? A ce jour, aucun outil ne permet d’évaluer les impacts de la pollution sur la santé humaine au quotidien. Nous avons donc décidé de mettre au point un outil afin de sensibiliser l’opinion publique, en parlant personnellement à l’utilisateur et en lui proposant des solutions pour respirer plus intelligemment. L’air que nous respirons a nettement changé. Même si de gros efforts sont réalisés pour améliorer la qualité de l’air dans nos villes, apprenons aujourd’hui à vivre pleinement en limitant notre exposition à la pollution », explique Pascal Kaluzny, fondateur du groupe Tera.
Fruit d’un partenariat avec des spécialistes de la physiologie humaine, l’application est connectée à des capteurs fixes pour l’analyse de l’air intérieur ou nomades afin de suivre l’utilisateur dans ses déplacements via le Cloud. Et d’indiquer en temps réel quels sont les polluants contenus dans l’air respiré. Ensuite, ces données sont recoupées avec des informations relatives à l’utilisateur et à ses habitudes, par exemple s’il se déplace plutôt en voiture ou à pied, s’il pratique une activité sportive… afin de déterminer plus précisément l’impact des polluants sur son organisme. Dans cette démarche de personnalisation, l’application prend en compte d’autres données physiologiques à savoir l’âge, l’état de santé, les motivations de la personne… mais aussi les lieux où elle évolue. Le but étant d’orienter l’utilisateur vers un comportement plus averti. Voire de lui indiquer quels sont les moments et les lieux à éviter dans la journée afin de se promener ou de pratiquer son activité sportive.
A plus grande échelle, le groupe ambitionne d’intéresser les collectivités territoriales afin d’implanter ses capteurs sur la voie publique et d’obtenir un quadrillage précis d’une zone géographique. Objectif : suivre les modulations de la pollution dans la journée. « A terme, nous imaginons que les capteurs pour collectivités pourront aider à administrer les villes et leurs activités (crèches, écoles, sites industriels, chantiers…). Ce sera une manière de les transformer en véritable Smart Cities », développe Pascal Kaluzny. L’application est en train de faire sa première apparition à l’occasion du Consumer Electronic Show (CES) qui se tient à Las Vegas au Nevada (Etats-Unis) du 6 au 9 janvier.

Ségolène Kahn

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