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Santé et qualité de vie au travail

Sexisme en entreprise : 60% des salariés concernés

Regards insistants, remarques désobligeantes, sifflements, blagues grossières voire attouchements… selon une étude de l’Observatoire des violences sexuelles et sexistes de genre au travail, le sexisme continue de sévir en entreprise.

Malgré les mouvements tels que #MeToo, il semblerait que le sexisme sévisse toujours, notamment en entreprise. En témoigne l’Observatoire des violences sexuelles et sexistes de genre au travail qui a récemment présenté un sondage aux chiffres préoccupants. Commandée par le cabinet de conseil Ekilibre et réalisé par OpinionWay, cette étude relève que 60 % des salariés sondés ont déjà subi des agissements sexistes au cours de leur carrière. 

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Selon l’étude, le sexisme se traduit généralement par des blagues à connotation sexuelle (47 %) et touche en particulier les femmes. © Delia Giandeini / Unsplash

Un contexte juridique en évolution

En toile de fond, il faut dire que la loi sur le harcèlement sexuel a été mise en application le 31 mars. Dans ce cadre, sa définition juridique intégrera le sexisme. Une évolution réglementaire qui, selon Ekilibre, favorise l’émergence de la notion d’harcèlement sexuel d’ambiance. 

16,5 millions de salariés concernés

Il faut dire que le cabinet spécialisé dans l’accompagnement des salariés constate une augmentation importante d’alertes de personnes victimes d’agissements à connotation sexuelle ou sexiste en entreprise. Ainsi, au cours des 12 derniers mois, l’enquête a comptabilisé 16,5 millions de personnes ayant été exposées à un agissement à connotation sexistes ou sexuelles dans le cadre de leur travail. 

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Les victimes de sexisme subissent un impact sur leur bien-être (37 %) et leur confiance en soi (30 %). © Daria Nepriakhin / Unsplash

Un sentiment de peur

Dans les faits, les personnes à l’origine de ces malversations sont principalement des collègues, pour 58 % des sondés. Sur le coup, 40 % des victimes interrogées avouent ne pas avoir sur comment réagir, et 42 % avoir éprouvé un sentiment de peur des conséquences, des critiques en retour, des jugements voire même de peur pour leur sécurité. 

Des regards insistants de la part des collègues

Concrètement, il s’agit de blagues à connotation sexuelle (47 %) et de blagues à connotation sexiste ou de genre (38 %). Ce qui se traduit également par des demandes d’actes de nature sexuelle et des agressions à caractère sexuel. Ainsi 14 % ont fait l’objet de regards insistants sur une partie du corps, de sifflements ou de gestes ou bruits grossiers à connotation sexuelle, soit 3,85 millions de personnes dont 3 millions de femmes.

Des attouchements non consentis

Pire encore, 6 % des personnes interrogées soit 1,65 million de personnes ont subi  des attouchements non consentis sur la bouche, la poitrine, le sexe, les fesses ou les cuisses. Dans ce cadre, 8 % des femmes ont été touchées comparé à 4% des hommes sondés. 

Un impact néfaste sur la santé mentale

Parmi les conséquences, les victimes affirment subir un impact sur leur bien être au travail (37 % soit 6 millions de personnes), sur leur motivation au travail (33 % soit 5,5 millions de personnes) ou encore sur leur confiance en soi (30 % soit 5 millions de personnes). 

Vers un engagement plus ferme des entreprises ?

Pour y remédier, 60 % des sondés plébiscitent l’organisation de campagnes de sensibilisation au sein des entreprises tandis que 39 % réclament tout simplement des sanctions plus fortes. Parmi les autres pistes possibles, l’étude cite l’exemplarité des dirigeants, la nomination de référents formés au sujet, la mise en place de procédures pour accueillir les alertes ou encore la réalisation d’enquêtes. 

Ségolène Kahn

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