Sécurité et sûreté à l’international des collaborateurs : des enjeux mal identifiés par les entreprises françaises

Les menaces d’attentat et d’enlèvement visant des Occidentaux n’ont jamais été aussi élevées. Le site diplomatie.gouv.fr édité par le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre au Mali, au Niger, en Mauritanie et les pays limitrophes de la zone sahélienne. Outil indispensable pour connaître l’évolution des risques à l’étranger, ce site gagnerait à être davantage connu des entreprises qui envoient leurs collaborateurs à l’international.

C’est du moins ce que montre le deuxième baromètre de la sécurité des collaborateurs à l’international réalisé en 2015 par le cabinet de sondages Opinionway pour le compte du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE) et de l’assureur Axa Assistance. Après un premier baromètre réalisé en octobre 2014, cette étude a été menée en décembre auprès d’un échantillon de 303 représentants de PME et grandes entreprises françaises ayant envoyé au moins un salarié à l’étranger dans les 12 derniers mois. Les résultats montrent que les décideurs ne sont que 55% à connaître la rubrique conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères. Un chiffre en baisse de 16% par rapport au précédent sondage. Signe qu’il y a des efforts à fournir du côté de l’Administration française pour gagner en visibilité.

Le sondage montre toutefois que 43% des sondés ont conscience de la menace élevée qui pèse à l’international pour les entreprises et les citoyens français. Soit une croissance de 16% par rapport à 2014. Point préoccupant, les problématiques de sécurité et de sûreté à l’étranger sont encore mal identifiées par les entreprises françaises. 19% seulement se sentent exposées à des risques à l’international. Pour 71% des répondants, l’envoi de collaborateurs à l’étranger présente autant de risques qu’auparavant. En revanche, les risques d’attentat sont jugés les plus importants par 52% des sondés contre 17% en 2014 et 45% en octobre 2015. Trois zones focalisent les attentions. A savoir, l’Afrique du nord-Moyen-Orient, l’Afrique (hors Afrique du nord) et l’Amérique centrale et du sud. Pour autant, les entreprises ne sont que 24% à avoir adopté un dispositif de gestion de crise lors de déplacements professionnels à l’étranger.

Mais la situation s’améliore. Une entreprise sur deux a contracté une assurance spécifique. Tandis que l’implication au sein de l’entreprise progresse. 50% des organisations dédient une personne à la gestion de la sécurité et sûreté des collaborateurs à l’étranger, soit une hausse de 19% par rapport à 2014. Par ailleurs, deux entreprises sur cinq dispensent des formations de sensibilisation aux enjeux de la sécurité auprès des collaborateurs concernés. La moitié des entreprises soumet ses salariés à des procédures spécifiques pour préparer leurs déplacements. Mais elles ne sont que 28% à le faire systématiquement.

Eliane Kan 

* L’étude a été menée entre le 30 novembre et le 11 décembre 2015 auprès de 303 représentants d’entreprises de plus de 50 salariés ayant envoyé au cours des 12 derniers mois au moins un salariés à l’étranger. Parmi les répondants, on dénombrait 20% de directeurs des ressources humaines, 21% de directeurs administratifs et financiers, 20% membres de la direction sécurité, sûreté, hygiène et environnement et 8% de responsables ou co-responsables de l’activité.


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