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Risques industriels et environnementaux

Risques naturels et industriels : le russe CyberTech Labs lance un kit pour créer et piloter des essaims de drones

A l'origine, cette société basée à Saint-Pétersbourg (Russie), a conçu un boîtier électronique pour le contrôle et la commande de petits robots destinés à l'enseignement scolaire et universitaire. Ayant remporté la médaille d'or d'un concours fédéral d'écoles d'ingénieurs, elle a développé un atelier logiciel Open Source à la fois ergonomique et d'une grande puissance.

Vous ne faites pas encore de robots ? Vos gamins vont s’en charger ! « Jouer est certainement l’un des meilleurs moyens d’apprendre la robotique », explique Roman Luchin, PDG de CyberTech Labs, une start-up de Saint-Pétersbourg (Russie) créée en 2012 qui a conçu et lancé Trik, une suite robotique intelligente comprenant un boîtier électronique de contrôle-commande, un kit de développement logiciel et des valises étanches de composants permettant de fabriquer des robots. « Notre plate-forme cybernétique est destinée à la fois à l’éducation dès le collège, à la recherche scientifique et aux projets industriels. L’idée étant d’offrir des composants totalement ouverts et Open Source », reprend Roman Luchin qui a commencé en tant que chercheur au Laboratoire de cybernétique théorique à l’Université Saint-Pétersbourg où il a développé des systèmes de contrôle multi-agents. Nous l’avons rencontré en juillet dernier à Lyon au salon innorobo.
En effet la plate-forme unifiée Trik est particulièrement ouverte et interopérable. Côté matériel, la start-up s’approvisionne sur le marché international des composants robotiques (engrenages, moteurs, courroies, mâts, poulies, longerons…) et propose des kits optimisés (de 350 à 2.000 euros) dont elle a vendu plusieurs milliers d’exemplaires. « Mais vous pouvez vous en passer ! Il vous suffit de vous procurer vous-mêmes les composants que vous souhaitez utiliser », reprend de patron de la start-up qui compte une trentaine de salariés. Quant au boîtier de contrôle-commande, il est a la fois très complet et particulièrement interopérable.
De fait, le contrôleur Trik est motorisé par un contrôleur ARM sous Linux. Il embarque non seulement un écran LCD, un GPS, un module de communication (GSM, WiFi, Bluetooth LE…), des modules de traitement audio, vidéo, synthèse de la parole et navigation, sans oublier les actionneurs, les modules d’acquisition et traitement du signal pour les capteurs analogiques et numériques, mais aussi des slots pour connecter les cartes de contrôle-commande Arduino et Raspberry Pi, les deux cartes électroniques les plus vendues au monde dans la robotique libre ain si que des caméras vidéo de style GoPro. Résultat : « Écoles, laboratoires de prototypage, les équipes créatives… chacun a la possibilité de créer des robots intelligents modernes capables de voir, entendre et collaborer entre eux », poursuit Roman Luchin. De même, côté programmation, Trik accepte tous les langages : C, C ++ / Qt, JavaScript, C # / F # (.NET), Python et Java. Pour les débutants, Trik studio propose un environnement à la fois intuitif et graphique qui permet de programmer des robots en utilisant une séquence d’images. La programmation robotique devient alors aussi facile qu’amusante. A signaler : ce studio est gratuit et Open Source. Il bénéficie ainsi des apports de nombre d’écoles d’ingénieurs de Russie.
« L’an dernier, nous avons gagné la médaille d’or d’un concours lancé par le gouvernement auprès des écoles d’ingénieurs du pays pour concevoir un robot prototype capable de collecter des déchets toxiques. Pilotable avec un smartphone, notre robot était le seul à comprendre ce qu’il voyait et à travailler en mode autonome, ajoute Roman Lichin. A présent, nous réfléchissons à la conception d’essaims de drones qui collaborent entre eux afin d’alerter les autorités sur les démarrages de feux de forêts. Chez nous, c’est un véritable fléau car nous disposons de forêts absolument gigantesques en terrain plat. Il est alors très difficile pour très coûteux de les surveiller. »

Erick Haehnsen

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