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Risques industriels et environnementaux

Philippe Bénard (Axis) : « Les prix baissent sur la détection thermique »

Les systèmes basés sur des caméras thermiques pourraient remplacer, à moindre coût, les équipements traditionnels de détection périmétrique. Tel est l'avis de Philippe Bénard, ingénieur avant-vente chez Axis, un fabricant de caméra thermique.

Quel est votre constat ?

Pour protéger une zone ou un bâtiment de nuit, certaines entreprises installent des fils sensitifs et des barrières infrarouges afin de détecter d’éventuels intrus. Mais elles oublient la plupart du temps de prévoir, en parallèle, des caméras de vidéosurveillance. Or celles-ci sont indispensables pour vérifier visuellement la nature des alertes envoyées par le système. C’est ce que l’on appelle la  »levée de doute ». Résultat, pour rattraper leur erreur, elles doivent multiplier les dispositifs… et finissent par exploser leur budget ! Plutôt que d’en arriver là, elles auraient dû se tourner, dès le départ, vers des caméras thermiques.

En quoi la détection thermique peut-elle aider les entreprises ?

C’est un système tout-en-un. Non seulement il se montre capable de détecter n’importe quel corps grâce à son capteur infrarouge mais en plus il est adapté à la levée de doute. Car, sur le thermogramme, c’est-à-dire l’image finale restituée par la caméra, les formes apparaissent clairement. Il est aisé, au premier regard, de différencier un animal, d’un humain ou d’un véhicule. En revanche, il n’est pas possible de reconnaître quelqu’un en particulier, car les caméras thermiques ne font pas d’identification. C’est leur limite.

Sur quels critères faut-il se baser pour choisir une caméra thermique ?

D’abord et avant tout, il faut que la caméra soit équipée d’une carte réseau afin de pouvoir rapatrier les images vers un opérateur éloigné. En outre, une bonne caméra thermique doit disposer d’un objectif de bonne qualité et d’un capteur de grande taille. Ces deux facteurs augmentent la quantité de chaleur reçue par l’appareil ce qui donne, au final, une image nette aussi bien de près que de loin. Cela a pour effet de faciliter l’identification des formes par le logiciel de détection. Et donc de limiter les faux-positifs.

Quel budget prévoir pour s’équiper ?

Le budget total dépend de la zone à couvrir et du nombre de caméras qui doivent être installées. Pour les petites installations, une seule caméra suffit. Pour les plus grosses infrastructures, il faut optimiser en fonction du terrain à surveiller. Plus ce dernier est accidenté, plus il faut de caméras. Bonne nouvelle, les prix ne cessent de baisser. Une caméra qui valait 15.000 euros il y a deux ans se négocie désormais autour de 5.000 euros. Il faut encore prendre en compte, bien sûr, le coût des infrastructures informatiques et du logiciel de détection.

Quel est le rôle du logiciel de détection ?

Il s’agit du cerveau de la caméra. Il peut être directement implémenté dans la caméra ou tourner sur un ordinateur distant. Dans le premier cas, on dit que la caméra est intelligente. Cela signifie qu’elle est capable d’analyser les données enregistrées avant de les transmettre. Ce mode de fonctionnement est très intéressant pour une entreprise qui opère de nombreuses caméras thermiques de vidéo-surveillance. Car elle n’a pas besoin de s’équiper d’une grosse infrastructure informatique pour analyser toutes les images d’un coup. Il ne lui arrive que les images dignes d’intérêt, en fonction de ce que l’entreprise veut faire de ses caméras thermiques.

Y a-t-il beaucoup d’usages possibles ?

Il y a autant d’usages que de logiciels installés. De la détection d’incident à l’analyse de mouvement en passant par le comptage de personnes… Parmi les applications les plus innovantes, il y a par exemple le Heat Mapping, une technique qui consiste à détecter et mémoriser les flux récurrents. Plus il y a de passage dans une zone, plus elle devient rouge. Dans le cas contraire, elle apparaît bleue.

Où trouver de nouveaux logiciels ?

Chez son fournisseur de caméra, lorsqu’il en développe, ou auprès de ses partenaires. Chez Axis, dans le cadre du programme Acap (Applications compatibles pour caméras), nous distribuons un kit de développement aux éditeurs de logiciel. L’objectif, c’est de les inciter à développer de nouvelles applications pour nos caméras. Sur notre site internet, une rubrique liste les applications existantes. Leur prix varient de 50 à 1.000 euros environ et ils doivent être installés par des professionnels.

Propos recueillis par Guillaume Pierre

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