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Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Olea Innovation innove sur le marché de la sécurité et de l’armement

Cette startup, deux fois lauréate du concours mondial de l’innovation 2030 devrait commercialiser l’an prochain une mousse capable d’atténuer les ondes de choc lors d’une explosion et phosphore parallèlement sur des matériaux qui rendront les protections balistiques comme les gilets pare-balles haute performance plus souples et légers.

Ecran d'ordinateur annonçant un colis piégé

Lorsqu’un colis est abandonné dans le métro, il est parfois nécessaire de le faire exploser, ce qui nécessite de créer un périmètre de sécurité. © CC

Ce mercredi 13 novembre, la France commémore la mémoire des 130 victimes du Bataclan tombées en 2015. Cet attentat terroriste a d’ailleurs fait une victime supplémentaire avec le suicide en juin dernier d’un rescapé souffrant d’un stress post-traumatique. Depuis 2014, les attaques terroristes ont fait 250 morts et 2000 blessés. Quatre attentats ont été déjoués depuis le commencement de l’année. La France n’est évidemment pas seule à subir ces attaques. Ces dernières ont augmenté de 75 % entre 2007 et 2017 en Europe où on dénombre 2 millions d’agents de sécurité privée (source : livre blanc du 6ème sommet de la sécurité européenne).

Lors des attentats dans les centres commerciaux, salles de concert, stades et autres lieux publics, ces professionnels de la sécurité en charge de la surveillance sont en première ligne. Or, en cas d’attaque terroriste, ils n’ont ni la formation ni les équipements nécessaires. A commencer par les gilets pare-balles sensés protéger le dos, l’abdomen et le thorax. En cas d’attaque au fusil automatique, une arme souvent utilisée par les terroristes, les EPI en Kevlar sont insuffisants pour absorber la puissance cinétique déployée par les projectiles. A la différence des gilets pare-balles portés par les forces spéciales d’intervention policières telles que le GIGN, la BRI ou encore le Raid français. Équipés de plaques de céramiques ou de métal, ces gilets sont en revanche rigides et lourds. Leur poids est de plusieurs kilogrammes. D’où l’intérêt des développements menés par Olea Innovation. Créée en 2013, cette PME a gagné deux fois le concours mondial de l’innovation 2030 en figurant parmi les lauréats des phases 1 et 2 pour ses recherches sur des mousses dédiées à la protection contre les effets de souffle et à la protection balistique. Depuis près de deux ans, elle travaille sur de nouveaux concepts de protection qui intègrent différents matériaux  dont par exemple certaines résines. Leur positionnement est conçu de sorte à garantir d’une part l’arrêt des projectiles et d’autre part l’amortissement de l’énergie due au choc.

Les futurs gilets haute-performance seront plus légers et moins rigides

Ces nouveaux matériaux pourront rentrer dans la composition d’un gilet de protection pour protéger les agents contre les tirs d’arme automatique tout en étant bien moins lourds que les gilets haute performance. « Ces matériaux intéressent d’autres applications comme le blindage de véhicules, la protection de sites sensibles, etc. », indique Yves Bertrand, le directeur général de l’entreprise. Laquelle compte sept docteurs et ingénieurs spécialisés notamment en pyrotechnie, détonique (étude des explosifs), mécanique des fluides et sciences des matériaux. « Nous travaillons avec des laboratoires de recherches comme par exemple le CNRS ou de l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) Bretagne et l’Institut Saint Louis (ISL) », reprend Yves Bertrand. Dédiée à l’innovation dans le secteur Défense, Sécurité et Industrie, Olea Innovation phosphore sur d’autres sujets. A commencer par les produits destinés au maintien de l’ordre avec une mousse aux effets incapacitants mais inoffensifs pour la santé et l’environnement. Ces produits devraient être commercialisés en 2020.

Mousse anti-explosive

Autre technologie de rupture développée par les PME, des mousses anti-explosives pour limiter l’effet de souffle créé par des explosions. « Nous sommes capables d’atténuer de 98 % les effets des ondes de choc provoquées par l’explosion d’un colis piégé », fait valoir Yves Bertrand. Si ce colis contient des fragments, la mousse atténue également de plus de 30 % leur vitesse de propagation.  Concrètement, le colis piégé est placé sous un dispositif qui contient la fameuse mousse sur laquelle travaille Olea Innovation associée à des produits de protection balistiques. « Nous réduisons ainsi le périmètre de sécurité mis en place lorsqu’il faut faire exploser un colis abandonné. La solution repose sur un générateur capable de produire la mousse sous pression. Cette dernière est récupérée par un dôme ou tout autre contenant que l’on place au-dessus du colis », précise Yves Bertrand qui prévoit sa commercialisation l’an prochain. En revanche, il faudra attendre plus longtemps pour la protection balistique notamment contre les armes automatiques.

Eliane Kan

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