Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

Miser sur la détection périmétrique pour éviter les intrusions dans les bâtiments

Câbles sensibles, barrières infrarouges, caméras thermiques et autres capteurs de détection constituent un rempart contre les rôdeurs et les cambrioleurs dès lors qu'ils sont reliés à une sirène d'alarme. Le point sur un secteur où les solutions foisonnent.

Les locaux industriels, commerciaux et financiers ne sont pas épargnés par les malfaiteurs qui opèrent majoritairement de nuit ou durant le week-end. Les dernières statistiques collectées auprès de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) montrent qu’entre janvier et mai dernier, la Police nationale et la Gendarmerie nationale ont enregistré quelques 5.000 cambriolages par mois. Ces chiffres bien que légèrement inférieurs à ceux des périodes précédentes invitent les chefs d’entreprise à optimiser la sécurité des abords des sites industriels, logistiques ou centrales énergétiques en installant des détecteurs périmétriques pour renforcer les clôtures, les grillages, les murs d’enceinte et les toits.

Une quinzaine de capteurs différents. On dénombre plus d’une quinzaine de capteurs différents pour sécuriser les abords d’un bâtiment. A commencer par les barrières infrarouges dédiées à la surveillance de façades ou du franchissement de clôtures. Citons aussi les scanners laser qui savent, en outre, détecter la présence d’individus sur les toits. De leur côté, les détecteurs micro-ondes visent la protection des zones situées entre deux clôtures alors que les câbles sensibles sont dédiés à la surveillance des clôtures et des grillages. Enfin, la vidéoprotection sera employée à couvrir les zones à ciel ouvert, les clôtures et les toits.

Tous ces détecteurs ont pour point commun de fonctionner à l’extérieur des bâtiments et dans des conditions climatiques qui sont susceptibles d’être extrêmes. Couplés à des sirènes et à de puissants éclairages, ces détecteurs contribueront à dissuader les voleurs de pénétrer dans les bâtiments ou, à défaut, de limiter leur temps de présence dans le bâtiment, comme le fait valoir Bernard Taillade, président d’Hymatom, une PME spécialisée dans la détection périmétrique.

Condensé de technologies. « La détection périmétrique est un marché de niche qui connaît une croissance à deux chiffres », rapporte ce dirigeant. Basée à Vendargues dans l’Hérault, sa PME de 25 personnes, dont 5 au service développement et tests réalise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour 2014. Hymatom se démarque de ses concurrents avec sa solution Detect4U qui concentre 4 technologies pour détecter les différents modes d’intrusion sur un site. A commencer par des capteurs piézoélectriques qui analysent les vibrations audibles lors de la découpe ou l’escalade d’un grillage. A cela s’ajoutent, des capteurs de contrainte placés en pied de poteau pour détecter l’escalade d’un mur ou d’une grille et un émetteur infrarouge qui crée un faisceau infrarouge afin de repérer les individus qui auraient l’idée de sauter par dessus un mur. « Enfin, Detect4U comporte des caméras vidéo HD pour faire de la levée de doute et suivre l’intrus », signale Bernard Taillade qui a livré en juillet dernier ses premiers clients dont les sites font plusieurs kilomètres de long.

Hymatom n’est évidemment pas le seul français à concevoir des systèmes de détection périmétrique. Il doit compter avec Sorhea, leader européen des barrières infrarouges. Implantée à Vaulx-en-Velin (Rhône), cette entreprise rassemble 48 employés pour 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 8 % sont consacrés à la recherche et au développement. La PME propose notamment des barrières infrarouges totalement autonomes et sans fil pour limiter les coûts de génie civil. Cette année, son catalogue s’étoffe avec le G-Fence 3000. Il s’agit de la dernière génération de son câble de détection de choc. Constitué de 40 capteurs, il repère les intrusions par coupure, escalade et arrachement de la clôture. Ce câble sensible fonctionne de manière autonome grâce à une alimentation par panneau solaire et batterie et supporte des températures extrêmes (-35°C à + 70°C). Avec ce système destiné aux sites sensibles, le responsable sécurité peut sécuriser un périmètre de 3.200 mètres tout en ayant un temps de réponse de l’alarme d’une seconde et une localisation précise de l’intrusion à 3 mètres près. Les informations sont acheminées à la centrale d’alarme via un concentrateur baptisé Maxibus 3000. Ce dernier peut gérer 4 boucles de 3.200 m soit 12,8 km de détection périmétrique. En 2016, il sera possible de paramétrer à distance la sensibilité de chaque capteur, indique l’entreprise qui se prépare à enrichir son offre avec l’arrivée récente de Til Technologies, société spécialisée du contrôle d’accès au sein du groupe ST (Sorhea, Til et Protech). Ce dernier rassemble 138 employés pour un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros. « Nous créons des passerelles qui permettront à nos clients de gérer avec la même interface le contrôle d’accès, la centrale d’alarme et la détection périmétrique par systèmes électroniques », annonçait en juillet dernier Yves Monneret, président du conseil de surveillance et fondateur de Sorhea en 1987.

Optex-Security partenaire d’Axis Communications. Sur le marché de la détection infrarouge, Optex-Security compte aussi parmi les acteurs historiques. Ce groupe basé au Japon conçoit et fabrique des détecteurs infrarouges depuis 1977. Parmi lesquels, son faisceau laser Redscan RLS 3060 qui opère sur un rayon de 30 mètres. Points forts, « il sait détecter un objet en déplacement, mesurer sa vitesse ainsi que sa distance et transmettre ces informations à une caméra qui se chargera alors de zoomer sur l’individu afin que l’opérateur puisse faire la levée de doute, indique Jacques Vaarre-Lamoureux, directeur général adjoint d’Optex-Security France. « Notre faisceau laser communique en standard avec certaines caméras du marché », poursuit le porte-parole de l’entreprise qui a noué notamment un partenariat avec Axis Communications, le fabricant de caméras mais aussi avec des éditeurs de superviseurs de sécurité comme Milestones ou Genetec afin que son laser communique en standard avec leurs logiciels.

On l’aura compris, en matière de détection périmétrique, les caméra sont indispensables pour faire de la levée de doute. Bon nombre de fabricants embarquent d’ailleurs des applications de détection d’intrusion. En cas de problème, la caméra transmet uniquement un message d’alerte et une vignette vidéo pour signaler l’incident et faire une levée de doute simultanément. Grâce à quoi, il n’est plus nécessaire de déployer un serveur d’analyse vidéo et un réseau haut débit, comme le souligne Axis Communication qui fournit des caméras thermiques avec une application de détection embarquée développée par des partenaires. « Par rapport aux caméras conventionnelles fonctionnant dans le visible, ces appareils offrent plusieurs avantages », souligne Philippe Debaye, responsable commercial des comptes stratégiques chez Axis Communications. D’abord, ils fonctionnent de nuit sans apport de lumière et en situation de pluie ou de brouillard. Ensuite leur portée est de l’ordre de 100 à 250 m contre une cinquantaine de mètres pour des caméras conventionnelles. Du coup, l’utilisation du thermique réduit le nombre de caméras nécessaires et donc les coûts de génie civil. « Bien-sûr, les performances dépendent de la définition de la caméra thermique et de sa position, selon qu’elle est fixée à un mât, une clôture ou une façade », prévient Philippe Debaye.

Nouvel arrivant. La détection périmétrique n’est pas l’affaire des seuls fabricants de capteurs. Comme en témoigne le groupe Atalian (5ème opérateur de sécurité en France) qui débarque sur le marché avec un système destiné à assurer la sécurité et la sûreté périphériques des sites sensibles. Bénéficiant d’une quinzaine d’années de développement, il contrôle, analyse, sécurise les sites et déclenche les alertes vers les personnes désignées. Déjà déployé sur plusieurs sites sensibles à l’étranger, le système se connecte à n’importe quel équipement (caméras, radars, clôtures intelligentes, capteurs volumétriques ou sismiques, etc) via une liaison câblée ou sans fil hautement sécurisée.
Siemens Building Technologies (SBT) n’est évidemment pas en reste. Cet opérateur délivre des services dédiés à la détection et extinction d’incendie, le confort du bâtiment et la sûreté du bâtiment. « Nous sommes intégrateurs et travaillons en partenariat avec des fabricants du marché », indique Pascal Loiseau, directeur national de l’activité Sûreté chez ‎SBT qui vient de lancer une nouvelle plate-forme logicielle. Baptisée Desigo CC, celle-ci pilote trois applications métiers. A savoir, la détection d’incendie, la vidéosurveillance et le contrôle d’accès. Résultat, les coûts de maintenance, de mise à jour et de formation sont réduits puisque les exploitants ne sont formés que sur un seul logiciel. Surtout, la surveillance du site s’effectue à l’aide d’un seul écran ou de plusieurs qui peuvent d’ailleurs être déportés sur une tablette.

Jouer la convivialité. Apporter plus de convivialité aux opérateurs en charge de la sécurité des sites et notamment des télésurveilleurs distants constitue une tendance forte dans le secteur. Hymatom y répond d’ailleurs avec son logiciel de supervision. Baptisé Visio Space, celui-ci gère plus de 140 protocoles de vidéosurveillance et de sécurité de très nombreux fabricants, mais aussi des protocoles standardisés comme ONVIF, IP-SIA, SIP. Sa version 7 intègre une fonction de réalité augmentée qui ajoute dans les images des boutons virtuels. Par exemple, les téléopérateurs qui ne sont pas familiers des sites peuvent passer par un simple clic d’une caméra motorisée à une autre afin de pouvoir suivre un événement. Autre avantage, ils peuvent allumer ou éteindre simplement une lumière en cliquant sur le bouton virtuel incrusté sur l’image de l’interrupteur. Ce qui promet de leur simplifier la vie !

Eliane Kan

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