Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Risques industriels et environnementaux

« Les EPI de hauteur vont s'adapter aux autres risques »

Interview de François Bouvier : Guide de haute montagne l'été, et responsable du département conseil - formation qui regroupe six personnes chez Altius, une entreprise de travail en hauteur située à Annecy.

Info.expoprotection.com – Quelles sont les principales innovations technologiques que vous avez pu constater ?
François Bouvier – « Les harnais-vestes sont de plus en plus présent sur le marché et offrent plus de confort pour l’utilisateur. Nous trouvons également intéressant l’antichute à rappel automatique. Un enrouleur qui contient un câble dans un boîtier et qui fonctionne comme une ceinture de sécurité. Nous avons aussi un nouveau système, inventé par le fabricant français Néofeu, qui fonctionne sur des arrêtes vives. C’est-à-dire qu’on peut les utiliser à plat, et si l’on tombe en bordure de toiture, l’appareil est prévu pour supporter ce choc. Ce que nous voyons de plus en plus actuellement, c’est du matériel classé Atex, pouvant donc être utilisé dans des zones à caractère explosif. Dans les choses très pointues également, on voit apparaître des harnais qui ont des avantages supplémentaires. Il y a, par exemple, un prototype de harnais développé chez MSA Gallet, qui supportent la bouteille d’air pour travailler en atmosphère confinée (pompiers par exemple), ou en cas de secours, qui est conçu pour bien équilibrer l’ensemble. Mais, globalement, on peut dire que les EPI vont progressivement s’adapter aux autres risques (risques chimiques, explosifs, visibilité…). Nous avons aussi des connecteurs, qui sont désormais à fermeture automatique, ce qui limite beaucoup les bêtises que nous faisions auparavant, à savoir de ne pas fermer la vis du mousqueton. »

Info.expoprotection.com – L’organisation du travail en hauteur a-t-elle évolué, en lien avec ces nouveaux EPI ?
François Bouvier – « Je dirais qu’il y a une meilleure interaction qui est faite entre les équipements de protection individuelle et les matériels de protection collective. L’idée est de ne pas vouloir régler tous les problèmes avec le seul harnais, mais faire une composante entre des interventions sur échafaudages, échafaudages avec harnais, et sur certaines zones avec la nacelle. Une bonne réflexion par chantier sur une solution globale qui intègre les EPI est essentielle pour que le travail soit bien fait. A la fois pour une question de sécurité, mais aussi d’ergonomie et de rentabilité des chantiers. »
Info.expoprotection.com – Quels sont les liens entre le sport et l’industrie dans ce domaine ?
François Bouvier – « Historiquement, ce sont les équipementiers du sport, qui sont venus vers l’industrie. Les différences au niveau des équipements se tassent depuis ces dernières années, parce que les industriels se sont entourés de gens qui ont pu travailler sur l’ergonomie et le confort de leurs appareils. Mais attention, les normes sont totalement dissociées. Après ce sont surtout les modes de tests qui font la différence. A titre d’exemple, les produits industriels sont testés avec des charges de 100 kg contre 80 kg pour les produits de montagne. Mais dans la réalité, les différences ne sont pas si fondamentales sur les produits. Une chose est sûre, et qu’il faut bien comprendre, c’est que dans le monde de la montagne, il y a une prise de risque qui est acceptée, avec les conséquences que cela peut avoir. Cela fait même partie du jeu. Par contre, dans le monde du travail, c’est totalement proscrit. »
Propos recueillis par Gaël Grilhot/Agence TCA/Innov24

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