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Santé et qualité de vie au travail

Le robot qui pourrait remplacer l'homme sur les sites industriels

Baptisé Pyrene, ce robot humanoïde est le fruit de dix ans de recherche au Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes (LAAS-CNRS). Capable d'exécuter des tâches qui demandent une grande puissance physique, ce robot à la force titanesque pourrait bien réduire la pénibilité au travail sur les sites industriels ainsi que sur les sites sinistrés et dangereux pour l'homme.

Il aura fallu une décennie aux chercheurs du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS) du CNRS pour donner naissance à Pyrène, son robot humanoïde. Lequel présenterait des capacités de calcul, d’actionnement et de perception sans comparaison avec ses prédécesseurs. Objectif : effectuer des actions qui demandent une force physique considérable telles que la manipulation de charges lourdes sur les sites de manutention afin de réduire la pénibilité au travail des opérateurs industriels.

Un partenariat avec un fabricant de robotique
Au commencement, l’équipe du LAAS-CNRS qui a pris à juste titre le nom de Gepetto, a développé une algorithmique qui a permis de démontrer les capacités locomotrices des robots humanoïdes. « Pyrène est avant tout une plate-forme de recherche pour la robotique humanoïde. La puissance de ses moteurs et de ses capteurs, notamment sa capacité à mesurer les efforts produits, lui confèrent la capacité d’exécuter des tâches de manipulation intensives ainsi que des mouvements complexes au contact avec son environnement », précise Philippe Souère, spécialiste du mouvement moteur et directeur de recherche de l’équipe. De son côté, la fabrication de ce robot est revenue à la société espagnole PAL Robotics qui lui a conféré une électronique et des capteurs au niveau de ses articulations suffisamment puissants pour effectuer ces tâches.

En marche vers l’usine du futur
Si pour l’heure, le robot se cantonne à la reproduction de mouvements de base tels que la marche, dans les mois à venir, lorsque la programmation sera plus avancée, il devrait être capable de réaliser des tâches bien plus complexes telles que la locomotion sur des terrains accidentés, l’interaction avec les êtres humains (cobotique) ou encore le port de charges lourdes à bout de bras. « Cette machine a donc un potentiel intéressant afin de travailler dans des environnements conçus pour l’homme, de réaliser des tâches usuellement exécutées par l’homme dans un site industriel ou chez une personne. Elle pourrait également être utile pour intervenir dans des sites sinistrés dangereux pour l’homme, poursuit le chercheur. Les domaines d’application possibles sont donc l’usine du futur, la robotique de service ou la robotique d’intervention. »

Un projet rondement financé
Inspirés par la mythologie mais aussi par la chaîne de montagne qui sépare les pays respectifs des deux partenaires, les chercheurs ont attribué à leur création le nom de Pyrène. Grâce à cette étude poussée qui a pris pour terreau les mouvements des corps anthropomorphes, le projet a pu décrocher plusieurs financements prestigieux tels que le projet Européen « FP7 Koroibot », l’ERC Advanced Grant « Actanthrope » et le projet ANR « Entracte ». A l’avenir, les chercheurs ambitionnent de générer des mouvements plus dynamiques et plus puissants afin de pouvoir mieux interagir avec l’environnement.

Ségolène Kahn

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