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Le coronavirus plus meurtrier que le SRAS

Selon le dernier bilan officiel, le virus 2019-nCoV a fait 362 morts en Chine. Soit davantage que le SRAS au début des années 2000. Plus de 17 500 personnes infectées. Tandis que les pays étrangers poursuivent le rapatriement de leurs ressortissants, voire ferment leurs frontières avec la République populaire de Chine (ROC), Pékin étend les mesures de confinement, vient d’achever la construction d’un hôpital en 10 jours et confie à l’armée l'approvisionnement de Wuhan en vivres.

Suivi en temps réel de la construction du second hôpital à Wuhan.

Suivi en temps réel de la construction du second hôpital à Wuhan qui accueillera 1 500 places supplémentaires. © China Daily

Alors que la Chine sort de la période des fêtes du nouvel an lunaire, le coronavirus apporte en ce début de semaine son lot de mauvaises nouvelles : les Bourses dévissent de 8 à 10% et selon le dernier bilan officiel, le 2019-nCoV est responsable de 362 décès en Chine continentale, dépassant le titre record du SRAS, au début des années 2000, qui avait fait 349 morts (774 dans le monde) à Hongkong et Macau. Rappelons que, jeudi dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait qualifié l’épidémie du 2019-nCov « d’urgence de santé publique de portée internationale ».

De nouveaux hôpitaux

Pour faire face au nombre croissant de personnes infectées, la République populaire de Chine (ROC) vient d’achever à Wuhan la construction en à peine 10 jours d’un hôpital qui va accepter dès aujourd’hui 2 500 patients.
4 000 ouvriers y ont travaillé jour et nuit. Un second hôpital à Wuhan devrait accroître cette capacité de 1 500 places supplémentaires dès jeudi. Par ailleurs, dans la banlieue de Pékin, la ROC devrait avoir fini de rénover l’hôpital qui avait été construit en six jours lors de l’épidémie de SRAS.

L’armée à la rescousse

Autre mesure, les autorités durcissent le confinement des populations qui vient de s’étendre à la ville portuaire de Wenzhou qui compte 9 millions d’habitants. Dans cette ville située à 800 km à l’est de Wuhan, seule une personne par foyer a le droit de sortir une fois tous les deux jours pour faire les courses. Par ailleurs, selon la chaîne chinoise de télévision CCTV, l’armée, prend en charge l’approvisionnement quotidien de la région de Wuhan. Dès ce lundi, une cinquantaine de camions militaires auraient ainsi livré 200 tonnes de vivres aux supermarchés de la ville. Cette équipe vient en renfort des 1 400 médecins et infirmiers militaires envoyés sur place qui sont sous les ordres directs du président Xi Jingping.

 

Vue de la mer à la station balnéaire de Carry-le-Roue, située près de Marseille.

La station balnéaire de Carry-le-Roue, située près de Marseille, a accueilli dès vendredi 179 rapatriés. © D.R.

Poursuite des rapatriements

Alors que les pays du G7 s’apprêtent à se concerter pour fournir une réponse uniforme face à l’épidémie, comme l’indique Hermann Gröhe, ministre fédéral allemand de la Santé, de nombreux pays ont multiplié les mesures de protection. A commencer par les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irak, Israël et les Philippines qui ont annoncé l’interdiction aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine d’entrer sur leur territoire. De son côté, la Mongolie, la Russie et le Népal ont carrément fermé leurs frontières terrestres avec la Chine.

Par ailleurs, les opérations de rapatriement se sont poursuivies. Arrivé vendredi à Istres (Bouches-du-Rhône), le premier avion, transportait 179 rapatriés qui vont passer leur quarantaine au centre de vacances Vacanciel à Carry-le-Rouet, une station balnéaire située près de Marseille. Tous sont français. Le second avion, un A380, a ramené 64 Français sur 258 passagers. 29 autres nationalités sont ainsi représentées. Parmi ces rapatriés, 84 personnes ont été accueillies à l’École des officiers sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Une vingtaine de rapatriés présentaient des symptômes du coronavirus. Cependant, les tests effectués à Istres se sont révélés négatifs et les personnes ont pu regagner leur centre de quarantaine. Les Philippines n'(ont pas autant de chance. Le pays déclare le premier mort en dehors de la Chine.

Erick Haehnsen

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