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Santé et qualité de vie au travail

L'Anses tire la sonnette d'alarme sur les méthylisothiazolinone

Présent dans les produits professionnels comme les fluides de coupe ainsi que nombre de produits courants, la méthylisothiazolinone (MIT) représente un danger cutané croissant. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) recommande désormais que sa concentration soit limitée à 15 parties par million (ppm) et que sa présence soit indiquée sur l'étiquetage.

L’étau se resserre autour de la méthylisothiazolinone (MIT), un conservateur utilisé dans un grand nombre de produits. En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier ses recommandations sur la présence et les dangers de la MIT. L’expertise technique de l’Anses préconise que la concentration de MIT dans n’importe quel produit soit limité à 15 ppm. De plus, l’Anses souhaite que la présence de cet agent chimique soit systématiquement indiquée sur les produits.

D’où vient le problème ? La MIT est un produit chimique extrêmement rependue et pourtant reconnue comme substance sensibilisante cutanée. Ainsi, trouve-t-on de la MIT dans des fluides de coupes, des procédés industriels, des vernis et des produits cosmétiques. 93% des peintures en contiennent ! Cette popularité s’explique par ses qualités d’agent conservateur, fongicide et désinfectant. Précisons que, selon les produits, les concentrations de MIT varient entre 15 et 600 ppm. Les symptômes d’une surexposition à la MIT impliquent des réactions allergiques à cet agent, même lorsqu’il est présent en très légère quantité (soit moins de 15 ppm, selon le rapport de l’Anses).

La MIT est un problème sanitaire croissant en Europe. En effet, une étude du réseau d’allergologues Revidal-Gerda révèle que le nombre de personnes sensibilisées à la MIT est passé de 1,5% en 2010 à 3,3% en 2011 et 5,6% en 2012, soit une hausse du simple au triple ! De plus, l’Anses note que des études européennes plus récentes indiquent que cette proportion atteint désormais 5 à 7%.

Cette hausse n’est pas le fruit du hasard. Au début des années 2000, a MIT a remplacé le mélange chlorométhylisothiazolinone CMIT, car il est devenu rentable à ce moment-là de séparer les deux éléments. En conséquence, la MIT a largement remplacé la CMIT. Or, la législation européenne encadre actuellement uniquement l’utilisation du CMIT, et la limite à 15 ppm. Soit la concentration désormais recommandée par l’Anses.

Benjamin Alcaïde

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