Gérer les risques
Aujourd'hui et demain

Sûreté et sécurité

La détection d'intrusion entre dans l’ère de la sécurité 3.0

A l’heure de l'Internet des objets, centrales d’alarme, caméras vidéo et détecteurs se pilotent et se contrôlent du bout des doigts en local ou à distance grâce à des applications téléchargeables sur smartphone ou tablette tactile.

Après des années de hausse continue, le nombre de cambriolages enregistrés par les forces de police et de gendarmerie a légèrement baissé en France entre avril 2014 et mars 2015. En données cumulées, ces faits se sont élevés à 361.763 contre 371.425 pour la période avril 2013 et mars 2014. Pas de quoi pourtant se réjouir car cette baisse n’est pas sans lien avec le Plan Vigipirate. Du coup, les particuliers et les entreprises devraient maintenir leurs achats en matière de centrales d’alarme et de systèmes de détection d’intrusion (détecteurs de mouvement ou d’ouverture, caméras, etc).

Pilotage de la centrale à distance. A l’ère des objets connectés, tous ces équipements de sécurité surfent sur la vague High-Tech. Apparue en France depuis peu, les premières centrales connectées sont en train conquérir le marché. « Aujourd’hui, les fabricants, pour la plupart, proposent une prise en main à distance de la centrale depuis des applications déployées sur tablette ou smartphone, constate Maeyke Gielen, responsable Channel Marketing France chez Honeywell Security Group. Une autre tendance lourde est l’enregistrement et stockage d’images de levée de doute sur un serveur distant ». Parmi les grands fournisseurs de systèmes de sécurité pour les particuliers et les entreprises, Honeywell Security Group offre d’ailleurs une nouvelle version de son application « GX Remote control ». Disponible sur l’Applestore et Google Play, elle s’adresse aux propriétaires ou dirigeants d’entreprise qui veulent piloter et configurer à distance leur centrale anti-intrusion Galaxy Flex ou Galaxy Dimension. Rappelons que les premières gèrent de 12 à 100 points de détection contre 16 à 520 pour les secondes. « Avec notre application gratuite, l’utilisateur peut sécuriser son système en 10 secondes, visualiser l’historique des alarmes en un clic ou encore gérer la sécurité de sites multiples en gérant jusqu’à 5 centrales depuis un smartphone ou une tablette, en toute sécurité », indique Maeyke Gielen.

Autre exemple de centrale d’alarme connectée, la « Secvest », de la société allemande Abus, est programmable par les artisans installateurs aussi bien en mode local qu’à distance, via Internet. Côté client, ce dernier peut se connecter à sa centrale depuis un ordinateur distant ou tout simplement avec son smartphone ou sa tablette via l’application mobile (Android ou iOS) dédiée. Dès lors, il pourra armer ou désarmer le système, télécommander le portail, les lumières ou encore la mise en route du chauffage. « Il est aussi possible d’y raccorder 3 caméras WiFi ou câblées », explique Guillaume Gutierrez, chef des ventes d’Abus France, filiale créée en 2010 à Villeneuve-Le-Roi (94).

Détection mécatronique. Ces caméras disposent d’un capteur infrarouge passif en face avant qui, en cas de détection d’intrus, va déclencher l’enregistrement photo de la scène. « Ce qui offre une fonction de levée de doute », souligne Guillaume Gutierrez. Une alerte sera posée en temps réel sur le smartphone du client qui pourra identifier la zone où a été commis le méfait. Secvest offre une détection mécatronique des ouvrants. Si un détecteur d’ouverture perçoit une tentative d’intrusion, le système déclenche l’alarme ainsi que la transmission au télésurveilleur. Surtout, des renforts métalliques vont automatiquement, de façon mécanique, rentrer dans le bâti métallique de la fenêtre ou de la porte afin d’en renforcer la structure. « Il faut 1 tonne de pression pour en venir à bout », précise Guillaume Gutierrez.

Accéléromètre intégré dans le détecteur. L’allemand Abus n’est pas le seul à coupler des fonctions de domotique à sa centrale d’alarme. Comme en témoigne My Fox, une PME d’une cinquantaine de personnes. Sa centrale multifonction et anti-intrusion « My Fox Home Control Pro » intègre un détecteur infrarouge de mouvements et de la levée de doute vidéo grâce à des caméras vidéo haute définition intégrant un détecteur de mouvement. « Notre offre s’adresse aux particuliers, professions libérales et TPE », déclare Cyrille Matusz, directeur commercial de l’entreprise. My Fox a d’ailleurs été la première en France à proposer dès 2009 une centrale d’alarme et de vidéosurveillance connectée à Internet. Un produit commercialisé au travers de grossistes présents dans le monde de l’alarme et de l’électricité. Ce produit sera déployé par les installateurs qui pourront superviser à distance la centrale grâce à un back office installateur sur l’Extranet My Fox Pro.
Basée à Labège (Haute-Garonne), My Fox a été créée en 2003 dans le cadre d’un programme de recherche et développement mené en partenariat avec le LAAS-CNRS. Les recherches ont abouti au développement d’un détecteur d’ouverture de porte intégrant un accéléromètre. Baptisé Intellitag, ce capteur sait différencier une intrusion d’un simple choc sur la porte. Autre point fort, sa Box embarque des fonctions domotiques. Les clients peuvent alors piloter et faire interagir entre eux des volets roulants, luminaires ou tout autre équipement. Si le détecteur de choc détecte une intrusion, il peut déclencher automatiquement l’allumage des lumières et la fermeture des volets. De quoi faire fuir les intrus. Ensuite, les alarmes sont acheminées par IP et GPRS jusqu’au client de My Fox. D’ici fin mai, les alarmes pourront être acheminées jusqu’à son partenaire, un télésurveilleur d’envergure.

Les télésurveilleurs toujours en lice. La télésurveillance devrait d’ailleurs se développer car son taux de pénétration n’est que de 4% en France contre 20% aux USA, selon Frédéric Serre, directeur des opérations chez Securitas Direct. En France, cette entreprise compte plus de 1.300 collaborateurs et 220.000 clients dont 15% d’entreprises et 85% de particuliers. « Nous vendons et installons nos propres systèmes d’alarme que nous maintenons et nous opérons nos propres centres d’appels certifiés APSAD l31 par le CNPP », fait savoir le directeur des opérations chez Securitas Direct. Son offre commercialisée sous l’appellation « Verisure » est constituée d’une centrale d’alarme sans fil et pilotable par smartphone. Elle intègre un système audio bidirectionnel et communique avec deux détecteurs infrarouges de photo-images avec flash pour effectuer des photos en rafale. Enfin, le télésurveilleur propose un détecteur de contact intégrant un capteur de vibration qui peut déclencher des sirènes d’alarme. Toutes ces alertes peuvent être acheminées par le réseau GSM ou via l’ADSL.

Les startups montent au créneau. Les télésurveilleurs voient poindre une nouvelle concurrence du côté des startups. A commencer par Kiwatch, une entreprise nantaise de 20 personnes dont une dizaine d’ingénieurs. Créée en 2011, cette PME propose différentes caméras vidéo (pour l’intérieur et l’extérieur) qui intègrent le son, la détection de mouvement et la vision nocturne. Autre particularité de ces équipements vidéo, ils transmettent leurs informations sans passer par une centrale car ils sont directement connectés en WIFI à la Box ADSL. En cas d’intrusion, l’enregistrement de la scène est automatique ainsi que la transmission de la vidéo sur les serveurs de Kiwatch où elle sera analysée par un logiciel capable de différencier un homme d’un animal. Si l’alerte est avérée, des messages seront envoyés en réseau aux différentes personnes déjà enregistrées, des voisins par exemple, qui sont susceptibles de se déplacer rapidement. Les messages peuvent être reçus sur smartphone ou tablette. « L’abonnement pour les professionnels s’élève à 12 euros et 5,90 euros pour les particuliers », indique Cédric Williamson, le fondateur de Kiwatch qui compte plusieurs milliers de personnes déjà connectées. Ce dirigeant prépare une nouvelle architecture technique qui permettra à ses clients de faire de multiples enregistrements de qualité et de rajouter des caméras sachant que pour l’heure les professionnels peuvent déjà déployer entre 3 et 8 caméras.

Eliane Kan et Erick Haehnsen

Un superviseur pour les sites sensibles

Pour les sites les plus sensibles, Gunnebo propose une suite logicielle baptisée SMI Server qui permet de séparer les différentes fonctions (contrôle d’accès, vidéosurveillance et centrale anti-intrusion).

L’augmentation des attaques terroristes dans le monde a pour effet de renforcer les moyens de protection des installations à haut risque. Un marché sur lequel se positionne notamment Gunnebo France, filiale du groupe suédois éponyme qui rassemble sur 33 pays 5.700 personnes pour un chiffre d’affaires de 610 millions d’euros en 2014.
« Nous concevons et fabriquons des équipements et des systèmes de sûreté pour les banques, le tertiaire, l’industrie et les administrations », indique Jean-Charles Proskuryn, responsable commercial en charge des marchés Administration et Industrie Tertiaire de l’entité française qui fournit également un superviseur baptisé « SMI Server ». Cette suite logicielle gère en temps réel des modules de contrôle d’accès, de détection d’intrusion et de vidéosurveillance afin d’offrir aux opérateurs de sûreté une vision globale. Les informations remontent en temps réel jusqu’à leur écran afin de les aider à détecter, de manière précoce, une intrusion et à faire une levée de doute grâce aux images délivrées par les caméras de vidéosurveillance. Il s’agit d’un système ouvert qui peut être installé par tous les intégrateurs. Il peut être couplé avec les équipements de vidéoprotection et la centrale de sécurité de Gunnebo mais aussi avec les produits concurrents. « Notre superviseur existe depuis plusieurs années, les derniers efforts ont porté sur le couplage plus fin entre la vidéoprotection et le contrôle d’accès ainsi que la lutte contre l’intrusion par usurpation d’identité pour répondre aux exigences de nos clients à haut risque, explique le responsable commercial qui annonce, pour la fin d’année, une nouvelle version du système SMI Server. Cette nouvelle édition bénéficiera d’une interface graphique plus élaborée de manière à être plus ergonomique et à renforcer l’efficacité du système. »

Sécuriser l’acheminement des messages. Pour être pleinement efficaces, les messages d’alerte doivent arriver à bon port. Un besoin bien compris par RSI Video Technologies qui présentait en novembre dernier la première centrale d’alarme hybride. Conçue pour piloter jusqu’à 24 périphériques sans fil, elle se distingue par sa capacité à s’adapter à la disponibilité des réseaux de transmission. En effet, lors d’une intrusion, la centrale W envoie les alarmes ou les images soit le réseau Ethernet soir par WLAN soit par GSM. Un module Wifi est même disponible en option. Les alertes peuvent être transmises sur un smartphone via l’application MyCitadel AS ou à un téléopérateur. De quoi intéresser les particuliers, les petits commerces ou les PME sachant que cette centrale supporte jusqu’à 50 codes ou badges utilisateurs.

Eliane Kan

De nouveaux détecteurs chez Honeywell Security Group

Honeywell Security Group vient de lancer une nouvelle gamme de détecteurs filaires « Intellisense » fonctionnant avec toutes les centrales filaires ou hybrides du marché. Plus performants que leurs prédécesseurs, ces détecteurs sont dotés par exemple d’algorithmes auto-adaptatifs qui permettent d’éviter des déclenchements intempestifs en toute circonstance. En outre, ils ont été conçus pour faciliter la vie à l’installateur et sont disponibles en version infrarouge et double technologie. Les détecteurs infrarouge proposent l’option la fonction ‘immunité aux petits animaux’ intégrée pour éviter de déclencher quand un animal domestique est présent sur les lieux. Les détecteurs double technologie ont quant à eux une version avec fonction anti-masquage, ce qui permet de détecter une tentative de masquage avec un spray par exemple et de donner automatiquement l’alerte.

 

Canon enrichit son offre de caméras réseau

Canon vient d’étoffer sa gamme de caméras réseau avec neuf nouveaux équipements dédiés aux installations en intérieur ou en extérieur, selon les modèles. « Leur point commun est d’intégrer des systèmes d’analyse d’image qui vont détecter un mouvement, un franchissement de ligne, un objet abandonné, et même des cris de détresse », indique Eric Nasse, Business Manager Professional Imaging Group chez Canon France. Parmi ces nouveaux produits, les modèles haut de gamme des caméras PTZ continues 360 degrés ou les dômes fixes intègrent un déclencheur d’alarme en cas de cris et d’intrusion, tandis que le dernier modèle de ses caméras fixes est équipé d’un système d’éclairage infrarouge intégré qui permet de filmer en l’absence totale de luminosité.Ces nouvelles caméras donnent un avant-goût des avancées technologiques proposées par Canon afin de mieux qualifier les alarmes en détectant par exemple un mouvement erratique d’un mouvement fluide, de manière à limiter encore les fausses alertes.

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