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Santé et qualité de vie au travail

Fabien Pagniez (Mdoloris) : « Notre bracelet va suivre en temps réel le bien-être des salariés »

Interview de Fabien Pagniez, président et fondateur de Mdoloris, une entreprise d'une trentaine de personnes spécialisée dans les technologies médicales de surveillance de la douleur.

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Fabien Pagniez, président de Mdoloris. © Mdoloris

L’entreprise que vous avez fondée en 2010 vient de présenter un bracelet pour mesurer à distance l’état de bien-être, de stress ou de douleur de son porteur. En quoi cette solution intéresse-t-elle les entreprises ?

Notre bracelet intéresse les employeurs dont les salariés sont confrontés à des tâches pénibles ou travaillent dans des environnements difficiles. En les équipant de ce bracelet fabriqué par nos soins à Lille, l’employeur pourra vérifier l’état de bien-être ou de souffrance des membres de leur équipe grâce à l’analyse des données transmises, de manière anonymisée, par les smartphones des salariés. Actuellement, ce bracelet est à l’état de prototype.

Sur quel principe se fonde votre dispositif ?

Notre bracelet est une version miniaturisée d’un procédé breveté qui se base sur 23 ans de recherche au sein du laboratoire Inserm CIC-IT du CHU de Lille. Cela consiste à superviser la douleur à l’aide de capteurs qui mesurent le signal électrique de l’activité cardiaque. A partir de ces données, nous en déduisons le tonus du système parasympathique. Si son indice est élevé, cela correspond à une situation de bien-être. A contrario, si l’indice est bas, cela traduit une situation de douleur. Notre procédé intéresse initialement le secteur des hôpitaux et des cliniques. Nous y avons déployé plus 4 000 moniteurs dans le monde pour mesurer l’état de bien-être de nourrissons, de sujets atteints de troubles cognitifs graves ou de patients sous anesthésie auxquels on injecte de manière personnalisée des médicament anti-douleur afin d’éviter les surdosages ou les sous-dosages. Plus de 350 000 personnes ont déjà bénéficié de notre solution dans le monde.

Comment fonctionne votre premier bracelet destiné aux Ehpad ?

Depuis notre création nous avons levé 24 millions d’euros. Ce qui nous a permis notamment de mener deux ans de R&D. Ces travaux nous ont permis de miniaturiser la solution que nous utilisons dans les hôpitaux. Il s’agit d’un bracelet textile, lavable et réutilisable, que l’on pose simplement à l’avant-bras. Une heure de charge suffit pour une journée complète d’utilisation. L’Ani Guardian, du nom de ce bracelet, dispose de deux Leds qui analysent le flux sanguin afin de mesurer l’indice du tonus parasympathique sur une échelle de confort allant de 0 à 100. Ce bracelet connecté enverra les données sur le smartphone des médecins, soignants et autres personnes concernées qui auront préalablement téléchargé l’application dédiée. A cet égard, ces destinataires pourront définir des alarmes automatiques dès lors que l’indice du tonus tombe en dessous d’un certain niveau.

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Ce bracelet textile appelé Ani Guardian mesure en temps réel le bien-être du porteur. © Mdoloris

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Nous développons des algorithmes d’intelligence artificielle qui vont améliorer notre application grand public en simplifiant l’interprétation du signal. Ce qui nous permettra d’afficher sur l’écran du smartphone si la personne se sent bien ou si son état s’améliore. C’est cette application qui pourrait être utilisée par les entreprises. Elles disposeront alors d’un indice cumulé qui permettra de savoir si les mesures mises en place en faveur des salariés améliorent ou non leur qualité de vie au travail.

Propos recueillis par Éliane Kan

 

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