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Exposition à l’amiante : quel suivi post-professionnel proposer ?

Dans un rapport rendu public mardi 11 mai, la Haute autorité de santé (HAS) propose plusieurs recommandations devant permettre la mise en place d’un système de repérage efficace de l’exposition à l’amiante.

Dans un rapport rendu public mardi 11 mai, la Haute autorité de santé (HAS) propose plusieurs recommandations devant permettre la mise en place d’un système de repérage efficace de l’exposition à l’amiante.

 

> La problématique de santé publique concernant l’amiante est double :  

– médicale, liée au temps de latence très long entre l’exposition à l’amiante et la survenue d’une pathologie liée à cette exposition ;

– sociale, de prise en compte du risque de l’exposition à l’amiante et d’indemnisation des travailleurs ayant été exposés à l’amiante.

 

Un mécanisme de suivi post-professionnel pour les travailleurs du secteur privé exposés à l’amiante existe en France depuis 1993. Il a été étendu en 2009 aux agents de l’État mais ce dispositif fonctionne mal : moins de 10 % des hommes qui pourraient demander une prise en charge le feraient.

 

L’enjeu que représentent le suivi post-professionnel est donc majeur. Le rapport de la Commission d’Audition présenté le 11 mai devrait permettre d’y répondre, grâce à ses recommandations qui figurent parmi les premières produites sur le sujet.  Suite à la saisine du Ministère de la Santé et des Sports, la Haute Autorité de Santé a organisé, le 19 janvier dernier, une audition publique sur le suivi post-professionnel des travailleurs exposés à l’amiante. Les travaux menés par la Commission d’Audition, avec l’appui méthodologique de la HAS, ont pour objet de recommander une organisation du dépistage et du suivi post-professionnel des personnes exposées à l’amiante.  Composée de quinze membres (Société Française de Médecine du Travail, Société de Pneumologie de Langue Française, Société Française de Radiologie, Regroupement des Sociétés Scientifiques de Médecine Générale, Société Française de Santé Publique, victimes représentées par l’Association Nationale de Défense des Victimes de l’Amiante, etc.), la Commission a donc rédigé un rapport qui présente une synthèse de l’état des connaissances et formule 33 recommandations.

 

> Un repérage efficace en amont à développer

Dans son rapport, la Commission d’Audition a établi plusieurs recommandations afin de mettre en place un repérage efficace de l’exposition à l’amiante préalable au dépistage des pathologies pouvant être entrainées par cette exposition. Ce repérage devra être fait par le médecin du travail durant une visite médicale du travail de fin de carrière. En l’absence de dispositif efficace de repérage des expositions préalablement à la cessation d’activité, une information des nouveaux retraités sur les risques liés à l’amiante et sur les dispositifs de prise en charge existant devra être faite. Un questionnaire de fin de carrière sera envoyé aux nouveaux retraités afin de repérer les personnes concernées par le suivi post-professionnel.

 

> Un dépistage éclairé et accompagné

Le dépistage des pathologies liées à l’amiante n’a pas, à ce jour, de bénéfice médical démontré. Il a en revanche un bénéfice social individuel et collectif avéré. La Commission d’Audition recommande que soit proposé un dépistage des pathologies liées à l’amiante aux personnes ayant été exposées de manière active pendant plus d’un an. Il devra se faire dans un cadre éclairé, c’est-à-dire que le sujet devra avoir reçu toutes les informations nécessaires sur les risques encourus et les bénéfices attendus lui permettant de décider librement de bénéficier ou non du dépistage proposé. De plus, un accompagnement médical voire psychologique et médico-légal devra également être mis en place si besoin.

 

> Un examen de référence recommandé : le scanner thoracique

La Commission d’Audition a conclu que l’examen tomodensitométrique (TDM) thoracique est l’examen recommandé pour le dépistage des pathologies liées à l’amiante (les plus fréquentes étant les plaques pleurales).

 

> Actualisation des recommandations

Pour finir, toutes les recommandations issues de ce rapport devront être actualisées au maximum d’ici 5 ans. Et plus particulièrement, elles pourront être actualisées à la suite des résultats des recherches sur le dépistage du cancer du poumon.

 

> Pour en savoir plus : Haute autorité de santé

 

 

 

 

 

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